- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est une représentation de la fameuse Bataille de Valmy du 20 septembre 1792, bataille célèbre dont il est question ci-dessous.
- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.
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- Valmy : une victoire ou une énigme ?
On connait bien la bataille de Valmy du 20 septembre 1792 : victoire incensée, quasi miraculeuse et encore à ce jour franchement inexpliquée qui rendit possible, dès le lendemain - 21 septembre 1792 - la proclamation de la République. Et l'on sait que les conséquences de cette bataille furent alors l'évacuation du territoire français par l'armée coalisée austro-prussienne, dès le 22 octobre suivant. Une bataille de Valmy qui est, également, à l'origine même du mythe du ''citoyen en arme'' qui va par la suite fonder, en France, l'idée de conscription (ou de service militaire). Une victoire mystérieuse dont les causes secrètes pourraient bien être à rechercher dans le récit suivant...
Vers la mi-septembre 1792, à Paris, l'auteur dramatique Beaumarchais étant allé rendre visite au comédien Fleury (interprète apprécié de ses pièces...), s'entendit répondre par le concierge que son acteur favori était alors parti pour une huitaine de jours dans l'Est du royaume, du côté de Verdun... Etrange voyage que celui-là dans la mesure où dans cette région des ''marches frontières'' orientales de la France, le combat faisait rage (et alors même où l'on apprenait que Verdun venait de tomber aux mains des envahisseurs Prussiens...).
Or, lorsqu'il revint à Paris, le comédien ne voulut rien révéler des raisons inavouables de son mystérieux déplacement... De quoi vraiment se perdre en conjectures sur les mystérieuses ''vacances'' de l'acteur Fleury. Beaumarchais n'était plus de ce monde lorsque - un demi-siècle plus tard, en 1839 - une information parue dans la presse permis alors d'échafauder une explication à cette intrigante énigme...
En 1792, après l'entrée des troupes prussiennes dans la ville de Verdun, le roi de Prusse Frédéric-Guillaume II se rendit lui-même en inspection à Verdun. Un soir, à l'occasion d'un bal, on rapporte que le roi dut alors se retirer précipitament. Et l'on raconte que, féru d'occultisme, à l'invitation de membres de la secte théosophique des « Rose-Croix » (alors fort nombreux dans son entourage) il gagna nuitamment les souterrains de la forteresse de Verdun...
Là, dans l'obscurité, le Roi vit une forme humaine sortir d'une sorte de brume, entourée de flammes éclairant à moitiée la scène. Dans cette silhouette fantomatique portant bicorne et l'éternel gourdin de Frédéric le grand, le roi de Prusse croit alors reconnaître son aïeul. Les traits du visage devenant plus précis, il n'a plus de doutes : il est bien en présence du spectre de l'ancien roi.
Glacé de terreur, le roi Frédéric-Guillaume entendit alors la voix du défunt s'élever. Celle-ci proclame que son neveu, alors sur le trône, est bien le digne héritier de la valeur militaire prussienne, de la gloire de son oncle et de sa puissance mais qu'un grave péril et une terrible défaite menacent la Prusse si jamais ses armées poussent en France au-delà même de Verdun, une trahison dans ses rangs pouvant les conduire au désastre. Et, ayant lancé au roi ce sinistre avertissement, le spectre disparu, se fondant à nouveau dans les brumes d'où il était venu...
Le 20 septembre 1792, les troupes coalisées (prussiennes, autrchiennes, hessoises et émigrées) - commandées par le Duc de Brunswick (représentant du roi de Prusse), se retiraient - après quelques timides tirs d'artillerie - du champs de bataille de Valmy, dans des conditions complètement incompréhensibles, devant l'armée française commandée par Dumouriez. Une victoire des forces françaises (et d'une armée de citoyens peu expérimentés...) sur la meilleure armée du monde de l'époque dans laquelle un certain Napoléon Bonaparte (qu'on peut estimer quelque peu expert dans l'art militaire...) jugera par la suite quelque peu étonnante et illogique.
La première grande victoire des armées de la nouvelle République française - ô combien symbolique - venait là d'être remportée presque sans combat. L'écrivain allemand Goethe, présent dans la bataille aux côtés du Duc de Saxe-Weimar (et témoin de l'événement...), écrivant même que de ce jour-là ''commençait l'histoire d'une ère nouvelle de l'Humanité'' (sic).
En tout cas, en ce jour la coalition alliée est vaincue : 80 000 ennemis, qui avaient marché jusque là comme en triomphe, s'arrêtent, saisis de crainte. Et l'armée française qui, jusque-là, avait redouté son inexpérience - devant des soldats aguerris et disciplinés - s'aperçoit que le courage et le patriotisme peuvent la rendre redoutable (jusqu'au moment où la discipline viendra l'égaler d'abord, pour l'élever, bientôt, au-dessus de ces Prussiens et de ces Autrichiens si renommés...).
De là à imaginer que le séjour mystérieux de Fleury à Verdun au mois de septembre 1792 et sa ressemblance avec le défunt Roi de Prusse - dont il avait effectivement déjà interprété le rôle à la scène dans une pièce historique - ait été utilisée (compte tenu des superstitions du roi de Prusse et de son goût pour les pratiques magiques et ésotériques) dans quelques sombre machination, il n'y avait qu'un pas...
PS : Pour expliquer un tel prodige militaire, on aura tout de même vite fait d'évoquer bien d'autres explications, sans doute plus rationnelles. En effet, la retraite des Prussiens étonna bien des observateurs et les suppositions iront alors bon train : le Duc de Brunswick n'aurait-il pas été acheté par Georges Danton avec les diamants de la couronne royale de France, effectivement volés quatre jours plus tôt (le 16 septembre 1792) ?
Cela dit, il faut sans doute aussi tenir compte du mauvais temps et de l'état de santé médiocre des Prussiens (ravagés par une épidémie de dysenterie provoquée par la consommation de raisins verts : le ravitaillement étant coupé...). De plus, quelques jours plus tôt, l'invasion de la Pologne par la Russie et l'Autriche a commencé. Or, la Prusse a grandement besoin de son armée pour participer au partage...
Ronan Blaise
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- Sources : On retrouvera toutes ces informations dans « La Fayette, la stature de la Liberté », une biographie de La Fayette par Gonzague Saint-Bris, ouvrage de 1988 récemment republié aux éditions « Filipacchi » (410 pages ; ici pages 267-268-269).
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Pour en savoir plus :
La bataille de Valmy, sur wikipédia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Valmy