- Illustration : le visuel d'ouverture de cet article est la photographie d'un ostraka (i. e : le support de la procédure d'ostracisme) portant le nom de Thémistocle, vers 490-480 ou 460 avant JC (Musée de l'Agora antique d'Athènes).
- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.
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- C'est quoi, l'Ostracisme ?
L'ostracisme était, dans l'Antiquité classique (entre -488 et -417), une procédure spéciale ''de salut public'' en vigueur - à Athènes - pour éloigner de la cité et du pouvoir un homme politique susceptible de mal diriger la cité ou de mettre en danger ses institutions et ses libertés.
Il s'agissait là d'une procédure qui permettait de bannir pendant dix ans un citoyen, sans que celui-ci ne perde néanmoins ses biens. C'était là un mécanisme d'auto-défense populaire, un simple vote de défiance politique : non pas une peine juridictionnelle, cette sanction - toujours marquée d'un grand esprit d'humanité pour le ''condmané'' - n'étant pas une condamnation pénale (i.e : pas de peine pécuniaire, conservation des droits civiques, etc.).
Dans cette procédure (que l'on l'attribue traditionnellement au réformateur Clisthène), chaque année (durant la sixième prytanie, entre janvier et février : période ou les citoyens pouvaient se rendre en masse à la ville, les récoltes étant engrangées...) l'ecclésia (i. e : l'assemblée des citoyens) votait pour savoir si l'on devait procéder à un ostracisme.
Le vote s'effectuait à main levée, il n'y avait pas de débats et les noms des suspects n'étaient pas révélés. Si l'accord se faisait sur le principe de l'ostracisme, l'assemblée du peuple se réunissait alors une deuxième fois la prytanie suivante, en assemblée solennelle (i. e : ''catecclésia'') devant comporter au minimum 6 000 votants. Et chaque citoyen qui souhaitait voter, inscrivait sur un tesson de céramique ou éventuellement une coquille d'huître (d'où le mot ostracon : vu qu'ici on retrouve la racine "ostr" - comme dans ''ostréiculture'' - qui signifie coquillage : en effet, des coquillages furent souvent utilisés, comme bulletins de vote, dans les plus anciennes procédures de ce type connues...) le nom de la personne dont le bannissement hors d'Athènes lui semblait nécessaire au bien public. Il n'y avait encore une fois pas de débat.
Pourvu qu'il y eût une majorité absolue de dégagée lors du vote, la personne dont le nom apparaissait devait quitter la cité dans les dix jours pour les dix ans (cette peine demeurait souvent théorique, car beaucoup d'ostracisés étaient rappelés par anticipation).
L'ostracisme fut néanmoins surtout utilisé comme arme politique dans les rivalités entre factions politiques en lutte pour le pouvoir. Dans l'Athènes du Ve siècle avant notre ère, les principlaes personnalités marquantes de cette époque y furent régulièrement voire lourdement condamnées :
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Miltiade (le vainqueur des Perses à Marathon, en -490) : mis à l'amende (en -490) par ses adversaires politiques, pour l'échec de l'expédition qu'il avait mené contre la cité de Paros.
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Aristide (général grec présent dans l'état-major athénien à Marathon, Salamine et Platées...) : momentanément exilé (en 483-482) à l'instigation de Thémistocle.
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Thémistocle (le vainqueur des Perses à Salamine, en -480) : Démocrate exilé (en 472-471) par ses adversaires politiques (oligarques) en raison de son faste affiché et pour ses exactions dans l'Egée.
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Cimon (fils de Miltiade, vainqueur des Perses sur l'Eurymédon, en -468) : Oligarque exilé par ses adversaires politiques (démocrates), notamment en raison de ses sympathies affichées pour les Spartiates, champions de l'Oligarchie dans le monde grec.
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Périclès (grand homme politique d'Athènes au Ve siècle avant notre ère) : mis à l'amende par ses adversaires politique, notamment à cause du siège de la ville mené par les spartiates et à cause des premiers revers alors subis par Athènes lors de sa guerre contre Sparte.
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Thucydide (le fameux historien de la guerre du Pélopponèse de -431/-404) : Exilé par le peuple d'Athènes après son échec en Thrace - lors de la défense de la cité d'Amphipolis - face aux Spartiates.
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Alcibiade (le fameux homme politique athénien, adepte du double-jeu...) : éxilé par le peuple d'Athènes après son échec en Sicile (-413), menée pour dégager Syracuse de l'alliance spartiate...
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Anaxagore de Clazomènes (le fameux philosophe) : condamné à mort puis exilé pour athéisme et pour avoir déclaré que les astres et le soleil étaient des masses incansdescentes et non pas des divinités...
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Protagoras (le philosophe) (i. e : « de toutes les choses, la mesure est l’homme : de celles qui sont, du fait qu’elles sont ; de celles qui ne sont pas du fait qu’elles ne sont pas »), également condamné, pour athéisme, pour avoir remis en question jusqu'à l'existence des dieux...
Et même
Phidias (le fameux architecte du Parthénon et des travaux sur l'Acropole) : éxilé (en 433) par le peuple d'Athènes pour avoir soit-disant détourné à son profit une partie des fonds alloués aux travaux. Et, on le sait peu, mort par la suite en exil à Olympie (en 430), après avoir connu les prisons d'Athènes...
Ronan Blaise
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Pour en savoir plus :
La procédure d'ostracisme, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ostracisme
Périclès, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9ricl%C3%A8s
L'architecte Phidias, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Phidias