- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est une photographie du président Franklin Delano Roosevelt, personnage historique dont il est question ci-dessous.
- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.
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- Franklin D. Roosevelt, le président courage :
Chacun connait ou a vaguement entendu parler de Franklin Delano Roosevelt, président des Etats-Unis de 1932 à 1945 : un président malade et en fauteuil roulant qui dû faire face aux succès des forces de l'Axe, à Pearl Harbor, à la guerre du Pacifique et à la seconde guerre mondiale. Un président qui occupa la Maison Blanche dans ce qui reste, aujourd'hui encore, le mandat présidentiel le plus long de toute l'histoire des USA. Et ce, malgré la maladie et la poliomyélite, contractée en 1921, qui le laissera gravement handicapé pour le restant de ses jours.
Malgré la maladie. A ce titre, tout commence en
août 1921. Alors Roosevelt est avocat à New York et mène la vie des nantis. Il est beau, il est riche, il a une épouse ravissante et une belle famille. Il est alors l'étoile montante du parti démocrate (dont - ancien sous-secrétaire d'Etat à la marine pendant la présidence de Woodrow Wilson, pendant la première guerre mondiale, en 1912-1916-1920 - il a été le candidat démocrate à la vice-présidence lors des élections - perdues par le démocrate Cox contre le républicain Harding - de novembre 1920), et tout va alors pour le mieux.
En août 1921, tout s'écroule. Alors qu'il fait de la voile (puisque, sportif, il adore faire de la voile...) sur les côtes atlantiques du Maine - Nouvelle Angleterre - un week-end, il tombe dans les eaux glacées de l'Atlantique et le choc est sévère. Le lendemain, il accoste dans une île et aide à éteindre un feu de forêt. Pour se rafraîchir, il décide d'aller se baigner et, encore une fois, il prend froid. On doit alors le mettre au lit. Vingt-quatre heures plus tard, il a de la fièvre et ne peut plus se lever. Ses jambes refusent de le porter. Il est paralysé. On appelle un médecin, qui conclut à un fort rhume. Un autre, consulté, prescrit des massages. Quelques jours plus tard, on finit par appeler un spécialiste au chevet du malade : Roosevelt est atteint de poliomyélite. Il a trente-neuf ans. Il souffre. Il ne peut même pas supporter le poids des draps sur ses jambes. Il faut lui plâtrer les membres inférieurs. Le médecin est impressionné par les réactions de son patient. Il ne se plaint jamais. Il est courageux, il veut s'en sortir. Pourtant, il est conscient que sa vie vient de basculer. Il essaie simplement de ne pas être écrasé par le désespoir.
Les meilleurs spécialistes sont consultés et il leur semble plus que probable que Franklin Delano Roosevelt ne remarchera plus jamais. Qu'il ne pourra plus jamais se tenir debout. Qu'il aura besoin d'aide toute sa vie pour les choses les plus simples : s'asseoir, se lever, se coucher, faire sa toilette, monter ou descendre un escalier. Pas une plainte ne sort de sa bouche. Pas un gémissement. Pas une note de désespoir ou de panique. Il va simplement s'exercer à développer la partie supérieure de son corps, son thorax et ses bras. Et, après bien des efforts, il parviendra à s'asseoir dans son lit. On va installer autour de sa taille des bracelets orthopédiques, rattachés au talon de ses chaussures et à ses genoux. C'est très pénible. Il poursuit malgré tout sa gymnastique, sa torture. En trouvant le moyen de plaisanter avec ses proches : « Sûr, les jambes, ce n'est pas ça, mais côté épaules, Jack Demsey serait jaloux ».
Sa mère, toujours aussi autoritaire, tente de le ''raisonner'' et de lui faire comprendre que ce serait mieux pour lui de rester confiné pour toujours dans son luxueux appartement de Hyde Park. Ce n'est pas l'avis de son épouse Eleanor Roosevelt qui a tout de suite compris que le salut, pour son mari, c'était l'action et la poursuite de sa carrière politique. Elle va alors devenir, comme lui-même le dit, « sa bouche et ses oreilles ». Ces deux-là croient en la supériorité de l'esprit sur la matière et, malgré l'épreuve, l'ambiance autour d'eux n'est pas sinistre. Roosevelt a conservé, voire affiné son humour, et ce sera l'un des traits caractéristiques de sa personne jusqu'à la fin de sa vie. Un jour, à la Maison Blanche, il reçoit madame Tchang Kaï-chek (l'épouse du maréchal qui dirige la Chine nationaliste, alors aux prises avec les armées d'invasion du Japon impérial). Nous sommes en 1943. La guerre bat son plein mais l'épouse du général chinois reste une personne très consciente de son rang. A l'issue d'un dîner, impériale, elle quitte la table et déclare à Roosevelt : « Inutile de vous lever ». Grand sourire du président : « Ma chère enfant, même si je le voulais, ce serait impossible ».
Il va donc accepter d'être transporté un peu partout dans une chaise roulante, avec ses bracelets et ses cannes. Il ne parle jamais de son handicap, ou très rarement, lorsqu'on insite pour savoir s'il tient le coup dans telle ou telle circonstance. « Vous savez, répond-t-il, si vous aviez passé deux ans dans un lit en essayant simplement de faire bouger votre orteil, après, tout vous semblerait facile. »
L'épreuve, énorme, l'a transcendé. Il est devenu plus grand que nature, dans sa chaise roulante, son éternel sourire accroché aux lèvres. Il a changé. Il n'a plus peur de rien. Il est devenu plus altruiste. Son horizon personnel s'est élargi, démultiplié. Il a eu le temps pendant ces jours et ces jours de penser. Et de penser notamment aux autres.
En 1924, il va donc retourner à la politique. Le 26 juin, il prononce un discours à la convention démocrate. L'événement a lieu au Madison Square Garden de New York (i. e : l'Etat de FDR). Roosevelt demande à être extrait de sa chaise roulant, et seul, au prix d'un immense effort, il parvient à gravir les dix marches qui le séparent du pupitre réservé à l'orateur. Il ne monte pas l'escalier, il escalade, il rampe et lorsqu'il arrive au bout de son calvaire, il est épuisé. Son visage est gris. Et puis, en s'installant devant le pupitre, un merveilleux sourire l'éclaire et il rejette sa tête en arrière comme avant, dans ce qui paraissait souvent être une pose ostentatoire et un peu snob. Les membres de la convention vont l'applaudir pendant une heure et treize minutes, frénétiquement. Au fond, à travers Roosevelt, ils viennent d'expérimenter toutes les angoisses des bien-portants face à un homme qui se bat et méprise la souffrance. Il commande le respect.
Quelques années plus tard, en novembre 1928 (alors même que le ticket démocrate est battu aux élections présidentielles de novembre...), il est élu gouverneur de l'Etat de New York. Et ses électeurs le portent aux nues, même si son parti commence peu à peu à découvrir que, pour Roosevelt, il n'est qu'un instrument. Gouverneur, Roosevelt va s'affirmer comme prgamatique : à la fois libéral et progressiste quand les circonstances l'exigent, plaidant pour l'intervention de l'Etat pour assister les victimes de la crise économique et pour la création d'une assurance chômage.
Après une nouvelle victoire écrasante en 1930, il va devenir le candidat démocrate le mieux placé pour les élections nationales à venir. Un Roosevelt qui, désormais, deviendra incontournable dans la course à la Maison Blanche pour les élections présidentielles de novembre 1932...
Ronan Blaise
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Sources : D'après « La Saga de la Maison Blanche », ouvrage de Jean-Luc Hees, document publié aux « Presse de la Renaissance » en 2006 (415 pages ; ici : pages 218-219-220-221).
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Pour en savoir plus :
Le président Franklin Delano Roosevelt, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Franklin_Delano_Roosevelt
Eleonor Roosevelt, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Eleanor_Roosevelt