- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est une photographie de l'attaque aérienne portée sur la base US de Pearl Harbor, le 7 décembre 1941.
- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.
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- L'Amérique après Pearl Harbor :
Dans les heures qui suivirent l'agression japonaise sur Pearl Harbor, lors d'une allocution officielle prononcée devant le Congrès dès le 8 décembre 1941 (vers 12h30), le président Roosevelt engagea son pays dans la Seconde Guerre mondiale aux côtés des Alliés. A la suite de quoi, le Congrès américain déclara la guerre au Japon à la quasi unanimité ; seule la pacifiste
Jeannette Rankin (députée républicaine du Montana) s'opposant à cette décision. le président Roosevelt signant la déclaration de guerre le jour même.
Avec la loi sur la conscription du 20 décembre 1941, la mobilisation s'élargit à tous les Américains entre 20 et 40 ans. Enfin, le pays dut convertir son économie pour répondre aux besoins de la guerre, un processus qui commença le 6 janvier 1942 avec l'annonce du « Programme de la Victoire ».
L'entrée en guerre des États-Unis marquait un tournant dans la mondialisation du conflit. On parla même de bombarder sans délai Tokyo et de demander à l'URSS l'autorisation d'utiliser Vladivostok comme base pour ce faire (mission confiée à l'ambassadeur US à Moscou :
Joseph Davies). Le 22 décembre 1941 débuta la conférence Arcadia au cours de laquelle Churchill et Roosevelt décidèrent d'unir leurs forces contre l'Allemagne nazie. Et, dans les heures qui suivirent, le Royaume-Uni et son empire colonial (i. e : le Canada, l'Australie, l'Afrique du Sud et l'Inde) entrèrent en guerre contre le Japon.
Les Japonais avaient fait une déclaration de guerre officielle en bonne et due forme mais, à cause de divers contretemps, elle ne fut présentée qu'après l'attaque. Quatre jours après l'attaque de Pearl Harbor, l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste déclarèrent la guerre aux États-Unis le 11 décembre 1941. Selon les termes du traité tripartite, Hitler et Mussolini n'étaient pourtant pas obligés de déclarer la guerre. Cependant, les relations entre les pays européens de l’Axe et Washington s'étaient nettement détériorées depuis 1937... Les nazis escomptaient également qu'à la suite de leur déclaration de guerre contre les États-Unis, le Japon s'engagerait davantage contre l'URSS et les possessions européennes en Asie. Mais le théâtre d'opération du Pacifique devint l’unique objet d’attention du Japon.
Les photographies des bâtiments américains en flamme et des destructions à Pearl Harbor soulevèrent une émotion certaine dans l'opinion américaine. L'attaque japonaise galvanisa la nation américaine et l'unit pour atteindre un but : celui de faire capituler l'Empire du Soleil Levant. Le
comité pacifiste « America First » décida lui-même sa dissolution et la presse isolationiste et les adversaires politiques de Roosevelt (i. e : les sénateurs
Cabot-Lodge du Massachusetts,
Arthur Vandenberg du Michigan,
Hiram Johnson de Californie, etc) cessèrent provisoirement leurs attaques contre la présidence, assurant le président de leur soutien et demandant l'écrasement du Japoin ''chien enragé''. L'union sacrée était alors telle qu'on vit même - lors de la fameuse allocution présidentielle devant le Congrès du 8 décembre 1941 - le leader de la majorité démocrate
Alben Barkley (sénateur du Kentucky, vice-président de Truman en 1948-1952, candidat malheureux à la présidence en 1952) donnant le bras au leader de la minorité républicaine
Charles McNary (sénateur de l'Orégon, candidat à la vice-présidence du candidat républicain
Wendell Willkie, en 1940).
Le sentiment de trahison et la peur du sabotage ou de l’espionnage rendirent suspects les Japonais vivant sur le sol américain et les Américains d'origine japonaise. Le général
John DeWitt et le secrétaire à la Marine
Frank Knox évoquèrent même l'existence d'une
cinquième colonne japonaise sur le sol américain. Dans les jours qui suivirent l’attaque, plusieurs rumeurs circulèrent comme quoi les ouvriers nippons de l’île auraient coupé les champs de canne à sucre pour former des flèches indiquant le chemin vers Pearl Harbor. D'autres rumeurs touchèrent même le président Roosevelt et le secrétaire d'Etat
Marshall, rumeurs selon quoi auraient été au courant de l’attaque. Enfin, la crainte d'un débarquement japonais dans l'archipel des îles Hawaii à la suite de l'attaque aéronavale ajouta un élément de plus à la confusion qui régnait déjà à Hawaii.
C'est dans ce contexte que 110 000 Japonais et citoyens américains d'origine japonaise furent alors rassemblés et surveillés dans des
camps d'internement (War Relocation Centers) selon l'ordre exécutif ''9066'' du 19 février 1942, signé par Roosevelt et concernant l'ouest du pays où se concentraient les populations japonaises. Des camps d'internement spéciaux furent ouverts dans des régions isolées des états de Washington, de Californie et de l'Oregon. Cependant, les Japonais des îles Hawaii ne furent pas internés car l'armée et la marine avaient besoin de main d'œuvre. (Nb : En 1988, le Congrès US présenta officiellement ses excuses pour ces arrestations arbitraires en votant une loi qui indemnisait les victimes encore vivantes...).
Si le coup fut effectivement rude pour la flotte américaine du pacifique, cependant l'armada japonaise s'en retourna sans qu'aucun porte-avions américain ne fût détruit car ils ne se trouvaient alors pas à Pearl Harbor : l'USS Enterprise rentrait au port et se trouvait à 300 km au début de l'attaque, l'USS Lexington livrait des avions à Midway et l'USS Saratoga était alors à San Diego en train d'embarquer son groupe aérien et de subir des réparations.
D'autre part, presque tous les navires touchés étaient des vieux bâtiments et 80% d'entre eux furent remis en état et modernisés après l'attaque. Et si les destroyers Cassin et Downes furent gravement endommagés, leurs machines furent sauvées et elles équipèrent d’autres bâtiments portant leur nom d’origine. En fin de compte, les pertes matérielles les plus graves furent celles des 155 avions et des dégâts matériels subis dans la base même.
En fait, l'attaque japonaise sur Pearl Harbor fut donc une brillante réussite tactique mais un échec du point de vue stratégique (même si aucun des deux belligérants n'en était conscient sur le moment...) En effet, malgré les pertes, la base de Pearl Harbor resta opérationnelle (le port, les pistes d'aviation, les réservoirs de carburant et surtout les ateliers de réparation n'ont pas été détruits ou marginalement). Et l'amiral japonais Isoroku Yamamoto (commandant en chef de la Task force aéronavale japonaise chargée de mener ce raid) aurait même dit : « Je crains que tout ce que nous avons réussi à faire est de réveiller un géant endormi et de le remplir d'une terrible résolution. »
Contrainte alors de se battre sans cuirassés, la marine américaine développa par la suite de nouvelles tactiques navales reposant sur des Task forces navales combinant des porte-avions et des sous-marins. Ces nouvelles méthodes permirent de freiner l'avance japonaise en 1942, délai que l'amiral Yamamoto estimait avoir donné au Japon avant que la capacité industrielle démultipliée des États-Unis ne leur donne finalement la supériorité écrasante que l'on sait...
Ronan Blaise
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Sources : « Pearl Harbor », un ouvrage de Walter Lord publié aux éditions Robert Laffont en 1958, ouvrage depuis lors republié et disponible (en format de poche) chez « Pocket », sous le numéro 11 329 (285 pages, ici pages 278 à 283).
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Pour en savoir plus :
L'attaque japonaise sur Pearl Harbor, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Attaque_sur_Pearl_Harbor#R.C3.A9action_du_Japon_et_de_ses_alli.C3.A9s
L'amiral Isoroku Yamamoto, organisateur du raid aéronaval japonais sur Pearl Harbor :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Isoroku_Yamamoto
La députée (rep) Jeannette Rankin (Montana), sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeannette_Rankin
Le Comité « America First », sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/America_First
Charles Lindbergh, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Lindbergh