- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est une photographie de Sir Winston Churchill, personnage historique dont il est question ci-dessous.
- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.
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- Sir Winston Churchill, auteur de science-fiction ?
On connaît tous Sir Winston Churchill, l'homme qui, pendant la seconde guerre mondiale, incarna la résistance des Britanniques - un moment seuls - face au nazisme, stoïques face au blitz, face aux bombardements, face aux V1, V2 et autres armes secrètes nazies. Churchill : l'homme au sourire éternel, accompagné de son cigare et de son indispensable verre de cognac (ou de whisky...) dès poltron-minet, l'homme qui avait promis aux britanniques ''de la sueur, du sang et des larmes'' jusqu'à ce dénouement final qui ne pouvait - décidément - être que favorable, l'homme au ''V'' de la victoire...
Et, par ailleurs, l'on sait également que Sir Winston Churchill a reçu - en 1953 - le prix Nobel de littérature pour son œuvre d'historien et de mémorialiste, ainsi que pour ses qualités d'orateur, et (sans doute, surtout...) comme hommage pour avoir mené la résistance britannique pendant la guerre. Mais on connait peu le Winston Churchill auteur de SF...
En effet, il s'avère qu'en 1931, Churchill (alors en pleine ''traversée du désert''...) participa à une anthologie d'uchronies dirigée par
John Collings Squires ouvrage intitulé « If it happened otherwise : Lapses into imaginary History », cadre éditorial (initialement publié en 1931, republié en 1972) dans lequel Sir Winston composa un texte ayant pour thème le changement du cours de l'histoire.
Un texte intitulé
''If Lee had won the Battle of Gettysburg'' (i.e : ''Si Lee avait remporté la bataille de Gettysburg'') dans lequel Sir winston imagine un monde dans lequel les Confédérés auraient finalement remporté la Guerre de Sécession. Un monde dans lequel, ultime mise en abîme, il met là en scène un historien sudiste imaginant ce que serait le monde si les Nordistes l'avaient finalement emporté...
Dans le monde ''alterné'' ici imaginé par Churchill, les sudistes ont donc gagné la bataille de Gettysburg, pris Washington, obtenu la reconnaissance officielle et le soutien économique (et armé...) de l'Empire britanniques, obtenant ainsi le fin du blocus naval nordiste et la réouverture des ports du sud, la capitulation des nordistes et, bientôt, la reconnaissance de leur sécession et de leur indépendance totale.
Mais l'uchronie churchillienne va beaucoup plus loin puisque le prestigieux auteur imagine que - par la suite, face aux menaces impérialistes russes et allemandes du début du XXe siècle - les trois grands Etats de langue anglaise de ce début de XXe siècle (i. e : Royaume-Uni de Grande-Bretagne, USA et CSA...) se réunissent dans une association confédérale : l'ESA (« English Spoken Association »), puissance pacifique puissamment armée.
Ainsi, en 1914, quand la première guerre mondiale menace alors d'éclater, c'est une intervention diplomatique ''musclée'' (et de ''bons offices'') de l'ESA - menaçant alors d'entrer en guerre contre tout Etat européen dont les armées passeraient les frontières de son voisin - qui permettra de faire en sorte que le funeste conflit soit évité...
« Le 1er août, alors que les armées allemandes s'approchaient déjà des frontières de la Belgique, que les armées autrichiennes avaient déjà commencer à bombarder Belgrade, et que tout le long des frontières russe et française, des échanges de coup de feu sporadiques avaient déjà eu lieu, l'ESA offrit ses bons offices à tous les pouvoirs mobilisés, leur conseillant de reculer leurs armées à dix miles à l'intérieur de leurs propres frontières et de chercher des solutions à leurs conflits par des discussions de paix. Le mémorandum ajoutait ''à défaut d'une issue pacifique, l'Association peut s'estimer d'elle-même ipso-facto en guerre avec tout pouvoir de quelque de quelque constitution que ce soit, dont les troupes envahiraient le territoire de leur voisin ».
Où l'on retouve - par delà les regrets personnels de l'auteur à l'égard du déclenchement (et du déroulement...) de la première guerre mondiale - le fameux tropisme britannique vers le ''grand large'' et vers ''l'alliance américaine''. Ce qui ne saurait surprendre de la part de Sir Winston Churchill, cet homme à l'origine de la fameuse « Charte de l'Atlantique » du 14 août 1941, véritable déclaration de soutien moral et matériel (sinon d'alliance militaire et politique formelle) des Etats-Unis à l'égard d'un Royaume-Uni alors en guerre contre l'Allemagne nazie. L'idée d'un partenariat privilégié ''anglo-américain'' qui - visiblement, dans l'esprit de Churchill tout du moins - venait de loin...
Ronan Blaise
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- Sources : « L'Histoire revisitée, panorama de l'Uchronie sous toute ses formes » , un ouvrage d'Eric B. Henriet paru aux éditions « Encrage / Les Belles lettres » en 2004 (i. e : édition de 1999, revue et augmentée ; 415 pages, ici pages 88-89 et 177).
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Pour en savoir plus :
A propos de Sir Winston Churchill :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Winston_Churchill
A propos de la Charte de l'Atlantique du 14 août 1941 :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_de_l%27Atlantique
A propos de la guerre de sécession :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_S%C3%A9cession
A propos des Etats confédérés d'Amérique (CSA) :
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tats_conf%C3%A9d%C3%A9r%C3%A9s_d%27Am%C3%A9rique