- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est une reproduction des armoiries officielles de l'actuelle république d'Irlande.
- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.
___________________________________________________________________________
- L'Irlande pendant la seconde guerre mondiale :
Mortellement fâchée avec la Couronne britannique depuis la partition de décembre 1921, quand éclate la seconde guerre mondiale, l'Irlande (i. e : l'Etat-libre d'Irlande, Etat autonome du sud de l'île) se retrouve alors dans une position décidément bien inconfortable.
Pour son gouvernement (malgré les sympathies réciproques qu'aurait pu faire naître un même combat mené contre l'Angleterre...), il est bien évidemment hors de question de se ranger dans le camps de l'Axe (au risque de subir des représailles britanniques voire une nouvelle occupation militaire...).
De même qu'il lui est complètement impossible de se ranger formellement aux côtés du Royaume-Uni, au risque - sinon - de voir se déclencher sur le sol irlandais de nouveaux troubles.
C'est pourquoi, en 1939-1945, l'Irlande (devenue Eire depuis 1937 mais qui ne deviendra république indépendante qu'en 1949) sera le seul dominion de l'Empire britannique qui se sera déclaré neutre dans le conflit. L'Irlande resta donc neutre durant la Seconde Guerre mondiale, interdisant même officiellement à l'Angleterre l'usage militaire de ses ports et aéroports situés dans l'île et dont un traité dûment conclu en 1938 lui laissait pourtant normalement la jouissance et l'usage.
Ainsi l'Irlande sera le seul dominion britannique où, pendant toute la seconde guerre mondiale, le représentant de l'Allemagne nazie continuera à occuper son poste à Dublin. De ce fait, l'Irlande deviendra un nid d'espion où se dérouleront bien des histoires d'espionnages et autres aventures du contre-espionnage entre l'Abwehr et le MI5 ou l'OSS.
Ainsi, en 1940, après avoir carrément imaginé un projet (avorté) d'invasion militaire de l'Irlande pour y ouvrir un nouvau front contre les britanniques (
« Opération Grün »), la Wehrmacht et les services secrets allemands (l'Abwehr) ont longtemps nourri le projet de pouvoir relancer la guerre irlandaise contre le Royaume-Uni, nouant alors des contacts étroits avec certains activistes de l'IRA dans le but d'organiser des campagnes d'attentats contre les intérêts britanniques dans l'île (notamment en Irlande du nord).
Des plans qui avaient été - en août 1940 - présentés à Joachim von Ribbentrop (MAE) et à l'Amiral Wilhelm Canaris (chef de l'Abwehr) par le responsable de l'IRA
Sean Russell. Un plan de campagne visant les intérêts britanniques dans l'île (plan ''Taube'', i. e :
« Opération Colombe ») programmé pour le mois de novembre 1940.
De même, dès juillet 1940, des agents allemands de l'unité spéciale ''ès-sabotages'' « Brandebourg » (
MM. Henry Obed, Herbert Tributh et Otto Dietergaertner) avaient été débarqué dans le port de Skibbereen (Comté de Cork) pour y entrer en contact avec des activistes de l'IRA et préparer avec eux un projet d'attentat contre le palais royal de Buckingham Palace et contre la famille royale britannique (
« Opération Arthur »).
Néanmoins ces plans ne purent être mis en application de part la très grande vigilance des autorités politiques de Dublin. Ainsi l'adoption de l' « Emergency Powers Act » et la mise en place d'une coopération efficace entre les polices britannique (Scotland Yard) et irlandaise (la Garda Siochana) pour neutraliser les activistes de l'IRA eut pour résultat l'arrestation de plus de 600 membres de l'IRA et tous leurs correspondants allemands.
Désormais fortement destabilisés et incapables d'organiser efficacement de véritables campagnes d'attentants ant-britanniques, les réseaux activistes irlandais se tournèrent donc vers le sabotage et vers le renseignement en vue de prochaines campagnes de bombardement des allemands contre l'Irlande du nord, ses aérodromes, ses industries aéronautiques, ses bases navales et ses chantiers navals.
Des renseignements collectés qui étaient ensuite regoupées par l'attaché militaire (en fait officier SS)
Henning Thompson de l'Ambassade d'Allemagne à Dublin qui les transmettait ensuite à l'Abwehr, à Berlin, via la valise diplomatique. Des informations qui coutèrent donc la vie à environ 800 personnes décédées lors des quatre semaines de bombardements allemands d'avril 1941 organisés contre des objectifs militaires et industriels situés à Belfast et Derry.
Bref : sur les sympathies pro-nazies ou pro-fascistes de certains groupuscules extrémistes et nationalistes irlandais, on pourrait donc longtemps épiloguer. Il n'empêche que l'Irlande ''officielle'' favorisa autant qu'elle pû raisaonnablement le faire la cause des alliés. Et on estime que près de 70 000 irlandais (du sud) se sont ainsi engagés dans les armées alliées de même que plus de 200 000 ouvriers et travailleurs issus du Dominion venus augmenter la main d'oeuvre dans les usines britanniques.
Une neutralité irlandaise mitigée, mais plutôt en faveur des Alliés, donc.
Ronan Blaise
___________________________________________________________________________
- Sources : « Irlande » de Camille Bourniquel, ouvrage de format poche publié en 1955, aux Editions du Seuil, dans la collection « Petite planète » (n°5) (ouvrage de 195 pages ; ici : pages 73-74).
___________________________________________________________________________
Pour en savoir plus :
L'Histoire de l'Irlande, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27Irlande
L'Opération Arthur, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Arthur
Quand l'IRA voulait faire sauter Buckingham Palace :
http://quelqueshistoires.centerblog.net/1692273-Quand-l-IRA-voulait-faire-sauter-Buckingham--