- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est une carte de l'ancien Etat d'Hyderabad.
- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.
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- Hyderabad, Etat (indépendant ?) des Indes :
En 1947, au moment de l'indépendance des Indes, la principauté d'Hyderâbâd, était l'un des États princiers les plus importants et les plus riche du ''Raj'' britannique (comme le prouve sa salve de 21 coups de canons) : un Etat semi-indépendant d'environ 15 à 20 millions d'habitants et s'étendant sur environ 215 000 km², dont la capitale était alors l'une des quatre plus grandes villes de l'Inde et dont le souverain - le Nizâm - à l'apogée de la principauté (durant les années 1930), étant l'un des hommes le plus riches au monde (son palais employant quelques 11 000 domestiques).
Cette principauté d'Hyderâbâd avait été fondée à la fin du XVIe siècle (en 1586) par
Muhammad Qulî Qutb Shâh (cinquième sultan de la dynastie des princes de Golkonde) : territoire conquis par la suite - en 1686-1687 - par l'empereur moghol Aurangzeb (alors en guerre dans le Deccan contre les Marathes et contre les sultanats chiites du Deccan).
Cependant, après la disparition d'Aurangzeb (en 1707), l'empire moghol ne tarda pas à s'affaiblir. Et, dans les années 1720 (ici, en 1724), Un haut-fonctionnaire moghol - le nizam-al-mulk
Asaf Jah - défit le gouverneur moghol de ces provinces méridionales de l'empire, s'établit à leur tête et arracha son indépendance, se déclarant alors souverain d'Hyderâbâd (l'empereur moghol, affaibli et occupé à lutter contre les Marathes, ne pouvant alors s'y opposer...).
Voilà comment - dans les années 1720's, alors que l'empire des Grands Moghols se morcelait - un de leurs officiers rebelles fonda au Dekkan le royaume des Nizam d'Hyderabad, Etat destiné à durer jusqu'en 1948 : l'un des rares Etats musulmans nés - au XVIIIe siècle - du démembrement de l'empire moghol que les Anglais négligèrent alors d'annexer (et pour cause : l'Hyderabad avait été leur fidèle allié lors des guerres que les britanniques livrèrent par la suite au sultanat de Mysore et aux Etats marathes).
Ainsi,
en 1947, quand l'Inde devint indépendante (le 15 août 1947), le Souverain (Nizâm) d'Hyderabad
Fath Jang Mir Osman Ali Khan (1911-1950) - de religion musulmane - refusa tout d'abord d'intégrer sa principauté dans l'Union indienne : exigeant, bien que son territoire fût entièrement enclavé (mais cette posibilité ayant été prévue), la création d'un État séparé d'environ 20 millions d'habitants, en très forte majorité hindou (soit la situation inverse de celle du Cachemire...).
Les populations hindoues étant alors plutôt favorables au rattachement du sultanat d'Hyderabad à l'Union indienne (et le pouvoir central de New Delhi ne voulant absolument pas entendre parler d'un Etat musulman - peut-être faisant partie du nouveau Pakistan - enclavé dans le Dekkan) les autorités de l'Union indienne firent tout pour obtenir l'annexion du territoire.
C'est pourquoi, le sardar Vallabhbhai Patel - l'homme à poigne du gouvernement de New Delhi - fit alors envahir le sultanat d'Hyderabad par l'armée indienne ; le Dekkan étant vraiment beaucoup trop loin pour que l'armée du Pakistan naissante puisse vraiment intervenir. Après quatre jours de combats, le sultanat d'Hyderabad fut totalement occupée.
Ainsi, après
une courte guerre d'à peine une semaine (
du 13 au 17 septembre 1948), les troupes de l'armée indienne s'emparèrent de la principauté, incorporée dans l'Union indienne dès l'année suivante.
Par la suite (en novembre 1956), l'État d'Hyderâbâd allait être divisé suivant des considérations linguistiques : la région nord-est (région de langue télougou, comprenant la ville de Hyderâbâd), devenant une partie de l'État de l'Andhra Pradesh, la région occidentale (région de langue kannada) formant partie du Karnataka et, au nord-ouest, le Marathwada (région de langue marathe), intégrant alors l'Etat de Bombay et formant ainsi l'Etat du Maharashtra.
Reste qu'on pourrait longtemps s'interroger sur le devenir des Indes si l'ensemble des principautés du ''Raj'' britannique avaient - en 1947-1948 - décidées, à l'exemple du sultanat d'Hyderabad (soit 20 millions d'habitants répartis sur 215 000 km²), de faire bande à part en refusant de rejoindre l'Union indienne et en se constituant en Etats souverains pleinement indépendants.
Ronan Blaise
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- Sources : in « La face de l'Asie », un ouvrage de René Grousset et de George Deniker, ouvrage publié en 1955 disponible en format de poche - sous le n°8 - dans la collection « Petite bibliothèque Payot » (450 pages : ici, pages 164-165).
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Pour en savoir plus :
Le sultanat d'Hyderabad, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hyder%C3%A2b%C3%A2d_%28Inde%29
Les Etats princiers des Indes, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tats_princiers_des_Indes
- par ordre alphabétique :
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C389tats_princiers_des_Indes_par_ordre_alphab%C3%A9tique
- par religion :
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tats_princiers_des_Indes_par_religion
- par nombre de coups de canon (i. e : préséance) :
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tats_princiers_des_Indes_par_nombre_de_coups_de_canon