- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est une photographie de Samouraïs du clan Chôshû lors de la guerre de Boshin, (v. 1860, Felice Beato).
- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.
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- Japon, 1868-1869 : La ’’guerre de l’année du dragon’’ :
Aujourd’hui au Japon, on considère que la « Révolution Meiji » de 1868-1869 fut une révolution "sans sang" versé.
Mais c’est là oublier le fameuse
’’guerre de Boshin’’ (i. e :
Boshin sensō,
"guerre de l'année du dragon"), épisode souvent oublié de l'histoire du Japon récemment évoqué dans le fameux récent film « The Last Samurai » d’Edward Zwick (2003).
Cette ’’Boshin senso’’ (i. e : guerre de Boshin) fut une guerre civile japonaise qui se déroula en 1868-1869 entre partisans de l’Empereur Meiji (et des réformes) et partisans de l’ancien ordre aristocratique du shogun
Yoshinobu Tokugawa (i. e : armées des clans de Satsuma, Chôshû et Tosa) : une guerre qui fit environ 3500 morts et qui fut, en définitive, gagnée par les forces armées impériales.
Ce conflit allait débuter en
janvier 1868, quelques mois après la restitution du pouvoir suprême à l'empereur Keiô, par un affrontement - près de Kyoto - des armées ’’loyalistes’’ (15 000 hommes) avec les 5000 hommes des armées des clans Chōshū et Satsuma, vaincus.
A la suite de quoi, les forces shogunales tentèrent d’arrêter la progression des armées impériales aux portes d’Edo. Cela allait se traduire, au début du mois de février, par la mise en place d’un plan de guerre des armées shogunales, plan élaboré avec l'aide de l'ambassadeur français Léon Roches. Cependant le shogun Yoshinobu Tokugawa décida in extremis d'annuler ce plan.
De coup, l’ambassadeur de France Léon Roches quitta son poste auprès du shogun, lequel perdit alors tout ses soutiens étrangers. En effet, les nations étrangères - sous l'influence de l’ambassadeur britannique Harry Parkes - signèrent là un traité de neutralité : traité dans lequel elles s'engageaient à ne pas intervenir dans le conflit et à n'envoyer d'armes ni de munitions à aucun des deux camps en présence.
Du coup, sous la conduite du
général Saigō Takamori, les armées impériales japonaises allèrent de succès en succès dans leur conquête du sud d'Honshu : remportant gagnant la bataille de Kōshū-Katsunuma, prenant Edo (en mai 1868) puis prenant la mesure des dernières forces rebelles lors de la bataille d'Uno.
Après la défaite des troupes du shogun, la mise en maison d'arrêt de celui-ci (et la confiscation de ses terres...), la plus grande partie des aristocrates japonais acceptèrent le pouvoir de l'empereur. Mais dans le nord de l'île d'Honshu, autour de la ville de Sendaï, plusieurs daimyos (avec, à leur tête, le chef du clan Aizu) formèrent lors une coalition et une armée (de 50 000 hommes) pour combattre les troupes impériales. Officiellement cette coalition était dirigée par
Yoshihasa Kitashirakawa (i. e : l’ "Empereur Tobu").
Il en fut de même du commandant de la marine shogunale (l’amiral
Takeaki Enomoto) qui refusa de se rendre et partit à son tour vers Sendaï avec sa maigre flotte (soit une dizaine de navires de guerres et environ 2000 hommes) dans l'espoir de pouvoir tenter, plus tard, une contre-offensive contre les forces impériales.
On notera avec intérêt que - dans cette entreprise incertaine - il était alors accompagné par une poignée de militaires français dont un certain
Jules Brunet (officier-instructeur et conseiller militaire français envoyé au Japon qui venait alors de quitter l'armée française pour combattre aux côtés des rebelles...).
Néanmoins les troupes de la coalition - bien que nombreuses - étaient très mal équipées. L'armement moderne y était très rare. Bien que subissant de lourdes pertes, les forces impériales progressaient vers le nord, remportant d’importantes victoires à Hokuetsu, lors de la bataille de la passe de Bonari et lors de la prise du château d'Aizuwakamatsu (ou ’’bataille d'Aizu’’). Si bien qu’en 1868, le position de Sendai devint complètement intenable pour les troupes shogunales. Du coup, la flotte d'Enomoto quitta donc
Sendai pour Hokkaido.
En tout état de cause, en ce 26 octobre 1868, toute l'île d'Honshu était contrôlée par l'empereur Meiji. Il ne restait donc plus qu’à vaincre les dernières troupes rebelles, repliées sur Hokkaidō.
En effet, à la suite de la défaite enregistrée par les forces shogunales devant Sendaï, l’amiral Takeaki Enomoto partit vers
Hokkaido avec les restes de sa flotte. Là lui et ses compagnons organisèrent un gouvernement républicain sur Hokkaïdo avec l'objectif d'établir une nation indépendante sur l’île : la République indépendante d'Ezo. Enomoto proposant même à l'empereur de donner Hokkaido au shogun renversé et de faire de celui-ci (et de ses nouveaux Etats) un "vassal" de l'Empire. Mais cette proposition de compromis fut alors déclinée par le pouvoir impérial.
Durant l'hiver 1868-1869, les forces armées de la république d’Ezo fortifièrent son système défensif. Las, les armées impériales allaient pas tarder à l’emporter sur les dernières forces rebelles : lors des dernières batailles de Goryokaku et d’
Hakodate, en
mai-juin 1869. Enfin délivrée de toute menace conservatrice et séparatiste, l’ère Meiji pouvait enfin commencer.
Ronan Blaise
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Pour en savoir plus :
La guerre du Boshin (1868-1868), sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Boshin
Le (dernier) shogun Yoshinobu Tokugawa :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Yoshinobu_Tokugawa
La république indépendante d'Ezo, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_ind%C3%A9pendante_d%27Ezo
L'éphémère ''président'' Takeaki Enamoto :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Takeaki_Enomoto
Jules Brunet, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Brunet