- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est un portrait du prince Ferdinand-Philippe, Duc d'Orléans (1810-1842), personnage historique dont il est question ci-dessous.
- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.
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- Un roi de France surnommé Ferdinand-Philippe...
Le 13 juillet 1842, de retour de Plombières, le prince royal Ferdinand-Philippe d’Orléans (1810-1842, héritier du trône et fils aîné de Louis-Philippe 1er et de Marie-Amélie de Bourbon), se disposait à partir pour Saint-Omer (où il devait passer en revue une partie de l’armée d’opération sur la Marne et dont il venait de recevoir le commandement en chef), quand il se rendit à Neuilly pour y faire ses adieux à sa famille.
Mais les chevaux de sa calèche s’étant emportés, le prince voulut s’élancer de la voiture et se brisa la tête sur le pavé : quelques heures plus tard il rendait le dernier soupir. Sa mort accidentelle privait là la France d’un grand souverain potentiel et Louis-Philippe d'un soutien qui lui manquera cruellement en 1848.
Né à Palerme pendant l'exil de ses parents, il avait alors été prénommé Ferdinand (prénom inusité dans la maison d'Orléans), en hommage à son grand-père, le roi de Sicile Ferdinand Ier ; recevant également en naissant le titre de
duc de Chartres.
Nommé colonel par Charles X (1824) au 1er régiment de hussards de Lunéville, en 1830, il est en garnison à Joigny pendant les Trois Glorieuses. Là il fait arborer la cocarde tricolore à son régiment et l’amène en toute hâte au secours des Parisiens insurgés. Entrant bientôt, le 3 août 1848, dans Paris insurgé à la tête de son régiment. Avec l'avènement de la monarchie de Juillet, il prend le titre de
duc d’Orléans et devient Prince royal. Son père le fait alors entrer au Conseil.
De tempérament bouillant, le duc d'Orléans critique vertement les ministres doctrinaires, qu'il n'aime pas et se veut l'interprète des sentiments de la jeunesse révolutionnaire. C'est pourquoi Casimir Perier exige, lorsqu'il accède à la présidence du Conseil en mars 1831, que le duc d'Orléans soit alors exclu du Conseil, auquel il cesse dès lors de participer.
En novembre 1831, le prince royal est envoyé à Lyon, aux côtés du maréchal Soult, pour y réprimer l’insurrection ouvrière. Il s'acquittera de cette tâche difficile sans violence et parvint à apaiser rapidement les oppositions. Il y gagnera une popularité certaine, que renforce alors son attitude lors de l'épidémie de choléra de 1832 : n'hésitant pas à se rendre auprès des malades les plus contagieux à l'Hôtel-Dieu, prenant des risques réels (puisque le PM Casimir Perier, qui l'accompagne alors, contracte quant à lui la maladie et en meurt...).
Aux yeux du peuple et de la presse, le prince Ferdinand-Philippe passe dès lors pour un prince généreux, sincèrement préoccupé du sort des plus démunis, et devient une sorte d'icône pour l'opposition dynastique d'Odilon Barrot (qui voit en lui le seul prince capable de concilier les aspirations démocratiques de la France moderne et l'héritage du passé monarchique), comme le symbolisait son refus de se raser la superbe barbe qu'il arbore alors même que la jeunesse romantique en avait lancé la mode.
En 1831-1832, le duc d'Orléans participe - avec son oncle Nemours, pressetni un moment pour devenir roi des Belges - aux combats de la campagne de Belgique (notamment devant la citadelle d’Anvers). Puis il participe aux campagnes de pacification d’Algérie de 1835-1836 (combat de l’Habrah, la prise de Mascara en puis de Tlemcen) et de 1839-1840 (prise de possession par la France de la partie intérieure du pays, entre Constantine et Alger : combats de l’Affroun, de l'Oued'Ger, du bois des Oliviers, et prise du Teniah de Mouzaïa...). S'enclenche ainsi une escalade qui aboutira à l'occupation totale de l'Algérie par la France.
Ces expériences militaires brillantes ne font alors qu'accroître la popularité et le prestige du duc d'Orléans, qui consacre également ses soins à l’agrandissement des forces militaires du pays et à l’amélioration physique et morale des soldats.
Le mariage du duc d'Orléans sera l'une des grandes affaires politiques de la monarchie de Juillet. Sans la révolution de 1830, il aurait épousé la sœur du duc de Bordeaux, Mademoiselle (1819-1864). Mais ce projet ayant naturellement échoué (en raison de la chute de la branche aînée et de l'« usurpation » - aux yeux de celle-ci - de la branche cadette...), Il faudra donc trouver un nouveau parti pour le prince héritier. C’est pourquoi le roi Louis-Philippe sera littéralement obsédé, à partir de 1835 (et singulièrement après l'attentat de Fieschi), par l'établissement matrimonial de son fils aîné, alors dans sa vingt-cinquième année.
Et ce, à un moment où la monarchie de Juillet se cherche alors de nouveaux alliés en Europe, ce qui lui permettrait de ne pas dépendre trop exclusivement de l'Angleterre. Et Talleyrand (qui vient de renoncer à son ambassade de Londres, brouillé avec le ministre britannique des Affaires étrangères, Palmerston), pousse d’ailleurs en ce sens.
Louis-Philippe envisage alors d'abord un rapprochement avec la Russie par l'intermédiaire de ses parents du Wurtemberg, puis envisage alors ensuite une alliance avec l'Autriche (un échec finalement dû au refus de Metternich et de l’archiduchesse Sophie : mère du futur Empereur François-Joseph), avec l’empire du Brésil, avec les Bourbons d'Espagne ou avec diverses familles princières protestantes d’Allemagne : de Hesse-Cassel, de Saxe-Altenbourg, de Saxe-Cobourg-Gotha et la princesse Hélène de Mecklembourg-Schwerin, nièce du roi de Prusse, Frédéric-Guillaume III. Laquelle, bien que protestante et non fille de roi, sera finalement choisie.
Un mariage bref qui sera néanmoins très heureux. Le duc et la duchesse d'Orléans auront deux enfants : Philippe d'Orléans (1838-1894, Comte de Paris qui aurait pu régner en France - en 1848, en 1873 ou en 1883 - sous le nom de Philippe VII) et Robert d'Orléans (1840-1910).
Immensément populaire, ce duc d'Orléans aura également été un amateur éclairé de littérature, de musique et de beaux-arts, montrant un goût prononcé pour la collection et faisant preuve d'une rare érudition : consacrant chaque année des fortunes à des achats d'œuvres d'art ou à du mécénat culturel et nouant des relations privées avec des artistes réputés comme Eugène Delacroix, Alexandre-Gabriel Decamps et Dominique Ingres.
On raconte que la mort de Ferdinand-Philippe d'Orléans plongera la population dans le désarroi, et que ses funérailles « frappèrent l'opinion par leur noble et grandiose tristesse ». Et, avec la mort du Prince héritier Ferdinand-Philippe, c’est un peu de la toute jeune Monarchie de juillet qui mourrait également...
Ronan Blaise
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Pour en savoir plus :
Le Prince Ferdinand-Philippe, Duc d'Orléans, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ferdinand-Philippe_d%27Orl%C3%A9ans