- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est l'affiche du film dont il est question ci-dessous.
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- « Apocalypto » (Mel Gibson) :
Ce film n'est pas seulement un film s'inspirant de l'histoire (tout en prenant sans nul doute de très nombreuses libertés avec la vérité historique...), c'est avant toute chose et surtout le récit de la confrontation d’êtres humains à la brutalité d’une jadis brillante civilisation alors sur le déclin.
C’est le récit de la survie d’individus d’une petite tribu forestière maya, capturés par des Mayas ’’urbains’’ accablés par divers fléaux écologiques et environnemetaux (changement bio-climatique ? sécheresse ? épidémie ?) et tentant, pour s’en prémunir, de satisfaire leurs dieux en sang humain.
« Pendant une partie de chasse au tapir dans la jungle mésoaméricaine, le jeune maya Patte de Jaguar, son père Ciel de Silex, chef d’une tribu maya de la jungle du Péten et leur compagnons de chasse rencontrent une colonne de réfugiés apeurés et traumatisés, leurs terres ayant été ravagées, fuyant quelque épouvantable danger inexprimé... Le matin suivant, alors que tout le monde dort, des individus s'introduisent dans le village, mettant le feu aux maisons avec des torches, attaquent les villageois et en capturent autant que possible avant de les déporter vers une cité antique au bord de la ruine où ils seront impitoyablement sacrifiés aux dieux... »
Cette histoire se déroule en pays maya avant l’arrivée des Espagnols, à la fin de l'ère dîte ''post-classique'' maya (i. e : notre XVIe siècle). C’est, au moment même du déclin de la civilisation maya, le récit de l'expérience brutale d'un jeune homme entrant véritablement dans l'âge adulte : l'histoire d’un fils de chef de tribu qui, promis au sacrifice, lutte pour sa vie après avoir été fait prisonnier...
Un film partiellement conçu comme une allégorie politique sur les civilisations en déclin, comme l’atteste, en ouverture de séance, cette citation de l’auteur W. Durant :
« Une grande civilisation n’est conquise de l’extérieur que si elle est détruite de l’intérieur ».
Et à ce titre, même si le caractère sans doute chrétien et apologétique de cette oeuvre cinématographique n'échappera pas au spectateur attentif, le film de Mel Gibson aura au moins eu le grand mérite de nous rappeler - images à l'appuis - la cruauté insoutenable des sanglantes pratiques religieuses ''païennes'' et ''inhumaines'' des populations méso-américaines, cultes qui tenait le sacrifice humain et ses libations de sang pour ''premières sources de régénération des forces de l'univers''.
Lors de sa sortie (en France : en janvier 2007), ce film a été violemment critiqué pour sa description violente d'une société maya brutale dont il négligeait les « réalisations scientifiques » et la « profonde spiritualité » de la civilisation, des leaders mayas étant allé jusqu’à considérer que certaines scènes de ce film, décrit comme raciste, participaient à la diabolisation de la culture indigène et propageaient des stéréotypes sur les mayas, décrits comme des sauvages et comme un peuple violent que seul pouvait sauver la venue des Espagnols.
Malgré la caution du Dr Richard Hansen (archéologue et expert en Civilisation maya auquel Mel Gibson avait fait appel pour réaliser son film...), ce film a fait débat sur de nombreux points quant à son historicité. Notamment on lui a reproché son caractère synthétique : mélangeant des détails provenant de différentes cultures mésoaméricaines et mayas pourtant séparées dans l'espace et le temps, voire des éléments de civilisations non-maya (comme celles de Teotihuacan et des Aztèques).
Et il en va de même pour la rencontre de fin, avec les missionnaires espagnols, alors que ces derniers n'ont atteint le continent que 300 ans après l'abandon des dernières grandes cités Mayas... Plus spécifiquement, sont également critiqué : le mode et l'étendue des sacrifices, la présentation des villageois mayas (comme des personnes vivant isolées dans la forêt...), la présentation simultanées de différentes époques.
Décrié par certains comme une ’’nouvelle boucherie’’ signée Mel Gibson, ce film « Apocalypto » est néanmoins - avec son exotisme somptueux, à la fois précis et intemporel - une parabole puissante et spectaculaire sur une fin de civilisation : une vision extrêmement pessimiste d’une humanité intrinsèquement barbare. Mais, sur fond de décadence et de chaos sanguinaire, on assiste à la naissance d'un héros.
Ce film - sous la forme d’un cinéma primitif et viscéral - est totalement convaincant : c’est là un extraordinaire récit d’aventures, un voyage original et mouvementé plutôt exceptionnel dont la violence éprouvante atteint là une grandeur à laquelle le cinéma américain ne nous a guère souvent habitué...
Ronan Blaise
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- Références : « Apocalypto », un film de Mel Gibson (2006), réalisé au Mexique (Etat de Veracruz) et dans la langue des mayas du Yucatan : le yucatèque...
... avec Rudy Youngblood (Patte de Jaguar), Morris Birdyellowhead (le chef Ciel de Silex), Raoul Trujillo (le chef Zéro Loup) et Dalia Hernández (Sept, jeune épouse de Patte de Jaguar).
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Pour en savoir plus :
Le film « Apocalypto », sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Apocalypto
Les Mayas, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Civilisation_maya
Les civilisations précolombiennes, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Am%C3%A9rique_pr%C3%A9colombienne