- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est une gravure représentant l'assassinat du Duc de Berry, le 14 février 1822...
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- Les Berry, derniers des Bourbons...
-I- S’il avait suffisamment vécu, il aurait pu monter sur le trône de France à la mort de son oncle Louis XVIII (en 1824), c’est
Charles-Ferdinand d'Artois, duc de Berry (décédé en 1820), second fils du comte d'Artois (i. e : le futur roi Charles X de France) et de son épouse Marie-Thérèse de Sardaigne.
Au tout début de la Révolution française, il émigra avec son père (dès 1789) avant (de 1792 à 1797) de servir dans l'armée de Condé puis de passer en Grande-Bretagne. Il retourna en France lors de la Première Restauration puis, il suivit Louis XVIII à Gand (pendant les Cent-Jours) et revint en France, en 1814, avec son père.
En 1816 dans Notre-Dame de Paris, il épousa la princesse Caroline des Deux-Siciles (1798-1870), fille aînée de François Ier des Deux-Siciles et de Clémentine d'Autriche, épouse dont il eut quatre enfants, dont le futur Comte de Chambord, alors Henri d’Artois (l’Henri V des légitimistes), dernier Bourbon descendant direct de Louis XV.
Politiquement apparenté aux « ultras » (i. e : ces royalistes réactionnaires refusant la Charte et toutes concessions aux ''post-révolutionnaires''),
le Duc de Berry fut assassiné - à sa sortie de l'Opéra, le 13 février 1820 - par un ouvrier, Louvel, qui voulait ’’éteindre en lui la race des Bourbons’’ (mais dont il eut, en mourant, la générosité de pardonner le geste...).
-II-
Louis Pierre Louvel, ouvrier français, est entré dans l'Histoire en commettant l'assassinat du duc de Berry, à Paris, dans la nuit du 13 au 14 février 1820 (ce pour quoi il fut condamné à mort et guillotiné quatre mois plus tard : le 8 juin 1820).
Ce soir-là, le duc de Berry - fils cadet du comte d'Artois, futur Charles X - se trouvait à l'Opéra avec son épouse. A l'entracte, venant de reconduire cette dernière à sa voiture, le prince, sans chapeau ni manteau, s'en retournait à pied vers l'entrée de l'Opéra, lorsqu'un homme, apparu "comme une flèche" devant la voiture royale, lui planta un couteau en plein cœur.
L'agonie du duc de Berry, sous les yeux de la Cour assemblée à son chevet, dura toute la nuit du 13 au 14 février 1820 et marqua profondément les esprits royalistes. N'ayant pas perdu connaissance, le prince, qui d'emblée avait senti la blessure mortelle, se plaignait que la mort soit "si lente à venir", ou alternativement, demandait de manière répétée "grâce, grâce pour l'homme" qui lui avait porté le coup fatal.
Dès son geste accompli, Louvel fut arrêté ; il fut interrogé durant cette même nuit. Sans montrer beaucoup d'émotion, il déclara avoir agi seul, par conviction anti-monarchiste, dans un projet conçu et médité depuis plusieurs années. Il souligna n'avoir aucune inimitié personnelle contre sa victime, mais avoir eu pour but de "détruire la souche" des Bourbons. En effet, la dynastie légitime n'avait alors aucun héritier en ligne directe.
Louvel révéla, en outre, avoir auparavant effectué, dans un but semblable, le voyage jusqu'à Calais en 1814, lorsque Louis XVIII devait débarquer en France après l'abdication de Napoléon.
Pour le reste, la personnalité de Louvel demeure en grande partie un mystère. Selon le récit de Chateaubriand dans ses Mémoires d'outre-tombe,
"Louvel était un jeune homme à figure sale et chafouine, comme on en voit des milliers sur le pavé de Paris. Il tenait du roquet ; il avait l'air hargneux et solitaire. Il est probable que Louvel ne faisait partie d'aucune société ; il était d'une secte, non d'un complot ; il appartenait à l'une de ces conjurations d'idées, dont les membres se peuvent quelquefois réunir, mais agissent le plus souvent un à un, d'après leur impulsion individuelle. Son cerveau nourrissait une seule pensée, comme un cœur s'abreuve d'une seule passion. Son action était conséquente à ses principes : il avait voulu tuer la race entière d'un seul coup".
Mais l'ironie veut que Louvel, bien qu'ayant réussi l'assassinat qu'il projetait, avait manqué son véritable but : le 29 septembre 1820, vint au monde Henri d’Artois, duc de Bordeaux : enfant posthume du duc de Berry, aussitôt surnommé par les royalistes "l'enfant du miracle" (et qui sera le futur Henri V des légitimistes).
-III- L’épouse de Charles-Ferdinand d’Artois -
Duchesse de Berry - fut la princesse
Marie-Caroline de Bourbon, princesse des Deux-Siciles, fille de François Ier, roi des Deux-Siciles et de Clémentine de Habsbourg, fille de l'empereur d’Autriche Léopold II.
Après avoir passé son enfance et sa jeunesse à Palerme et à Naples, elle est venue en France en 1816 pour y épouser Charles-Ferdinand d'Artois, duc de Berry (fils puîné du comte d'Artois, futur Charles X et frère du roi Louis XVIII). Bien que son époux ait eu vingt ans de plus qu'elle et qu'il s'agît d'un mariage arrangé, ils semblent avoir formé un couple assez uni. Le palais de l'Élysée a été aménagé pour eux.
Le duc et la duchesse de Berry ont eu quatre enfants, dont deux seulement ont survécu plus que quelques jours : d'abord Louise d'Artois puis
Henri d'Artois, duc de Bordeaux, surnommé « l'enfant du miracle » (car né, posthume, après l'assassinat du duc de Berry...).
Après l'assassinat de son mari (le 13 février 1820), la duchesse de Berry s'est installée aux Tuileries où, très sensible à la mode, elle sera une grande mécène : encourageant les peintres, les musiciens (comme Rossini) et les hommes de lettres. De même, elle aura pareillement eu un rôle non négligeable dans la vogue des bains de mer, en particulier à Boulogne-sur-Mer et à Dieppe, pratiquant volontiers ce loisir à la belle saison.
Àu moment du soulèvement de juillet 1830 (dit des « Trois Glorieuses »), elle essaya de faire proclamer régente pour son fils Henri V mais dû finalement suivre Charles X et sa cour en exil. Aux aguets des moindres difficultés des Orléans pour essayer de reprendre le pouvoir elle retourna clandestinement en France en 1832 pour tenter d’y relancer les guerres de Vendée en faveur de son fils.
Lors de cette
Insurrection royaliste de 1832, la mobilisation locale fut assez faible et l'opération échoua rapidement. La duchesse chercha alors refuge dans une maison de Nantes mais - trahie par Simon Deutz - après avoir essayé en vain de s'enfuir par la cheminée, elle fut arrêtée par la police alors dirigée par Montalivet, ministre de l'Intérieur. Détenue dans la citadelle de Blaye et soumise à une surveillance la plus rigoureuse, elle accoucha d'une fille devant des témoins désignés par le maréchal Bugeaud, et dut alors rendre public un mariage qu'elle avait contracté en 1831 avec un certain Hector Lucchesi-Palli, aristocrate italien et Duc della Grazia.
Après quelques années de détention, la duchesse de Berry fut alors libérée et expulsée vers la Belgique. Elle se vit tenue à l'écart de la famille royale (qui lui refusa la direction de l'éducation de son fils...) et s'installa ensuite en Autriche (où elle vécut les dernières années de sa vie, jusqu’à son décès : en 1870).
Ronan Blaise
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- Sources : « Louis XX, contre-enquête sur la Monarchie », un ouvrage de Thierry Ardisson publié en 1986 aux éditions « Olivier Orban » (260 pages, ici pages 183-231).
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Pour en savoir plus :
Charles Ferdinand d'Artois, Duc de Berry, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Ferdinand_d%27Artois
Le ''régicide'' Louvel, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Pierre_Louvel
Marie Caroline des Deux-Siciles, Duchesse de Berry, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_Caroline_des_Deux-Siciles
Henri V, Comte de Chambord, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_d%27Artois_%281820-1883%29
question: il semblerait que CharlesFerdinand aît vu un premier mariage déclaré nul... à quel titre ? et en quelle année ? Merci !