Publié le 16/06/2007 à 12:00 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est un buste de Charlemagne (pièce appartenant aux collections de la chambre des trésors de la cathédrale d'Aix-la-Chapelle).
- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.
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- « Le Grand Charlemagne » :
« Le grand Charlemagne, mon père, nous délivra des Arabes (...) Je suis née Princesse héritière, neutre entre deux nations, Je reste la seule fille de l'empire de Charlemagne ».
Voilà un hommage insolite mais appuyé à la personnalité de l'ancien empereur franc d'Occident (800-814) que l'on retrouve dans
l'hymne national... de la Principauté d'Andorre : « El Gran Carlemany ». Un texte (officielement adopté en 1914, joué pour la première fois en septembre 1921) rédigé par Mgr Joan Benlloch I Vivo (1864-1926), évêque espagnol de la Séo d'Urgell (et co-prince d'Andorre, de 1907 à 1919).
En effet, il s'avère qu'en l'an 806, en reconnaissance de l'aide que les habitants de ces vallées lui avaient apportées dans sa lutte contre les sarrasins, l'empereur Charlemagne leur avait effectivement accordé une Charte reconnaissant leur indépendance et les exemptant d'impôts (faculté par la suite accordée à l'évêque d'Urgell par l'empereur Louis le pieux, en 839).
Enfin, juster signaler que l'autre co-prince d'Andorre - Prince de Foix puis Prince du Béarn - fut le roi (puis chef d'Etat) de France à partir du règne d'Henri II de Foix, alias Henri III de Navarre, alias notre Henri IV de France, premier roi Bourbon de France (1589-1614).
Quoi qu'il en soit, avec ses allusions appuyées à l'empereur Charlemagne, l'hymne de la Principauté d'Andorre est - à l'heure actuelle - l'un des hymnes d'Europe qui (avec ceux de la Roumanie ou de l'Italie, et leurs références appuyées aux fameux romains Trajan et Scipion) fait actuellement le plus la part belle aux plus anciennes références historiques qui soit...
Ronan Blaise
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- Sources : ’’L’Europe des Hymnes, dans leur contexte historique et musical’’ : un livre du musicologue Xavier Maugendre), ouvrage édité aux éditions « Mardaga » (455 pages ; ici, pages 141-146).
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Pour en savoir plus :
L'empereur Charlemagne, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Charlemagne
L'hymne d'Andorre, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/El_Gran_Carlemany
La principauté d'Andorre, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Andorre
Publié le 14/06/2007 à 12:00 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est une représentation du roi Louis IX, dit Saint-Louis.
- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.
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- De quoi est mort Saint-Louis ?
On nous répète à de nombreuses reprises dans nos livres et manuels d’histoire que le roi Saint-Louis (le Louis IX de nos chronologies) serait mort de la
peste, à
Tunis, lors de la VIIIe et dernière croisade, en 1270. Une croisade alors menée par Louis IX dans l’espoir de convertir le sultan de Tunis au christianisme, afin d’ainsi mieux le dresser contre le sultan d'Égypte.
Lors de cette fameuse campagne, les croisés s'empareront facilement de Carthage mais l'armée franque est alors victime d'une
épidémie de dysenterie. Et, comme on le sait, Louis IX en mourra - le 25 août 1270 - sous les remparts de Tunis. Cette défaite marquant là la fin des croisades. (Nb : Si la tradition veut qu'il soit mort de la peste, on sait bien que cette maladie ne refit en fait son apparition en Occident que vers 1347-1348...).
Quoi qu’il en soit, le roi de France Louis IX fut canonisé en 1297 - par le pape Boniface VIII - sous le nom de saint Louis de France. Néanmoins, une tradition locale de
Sidi Bou Saïd (une localité tunisienne proche de l’actuelle Carthage...) raconte que le futur saint Louis ne serait pas mort en 1270 mais se serait converti à l'Islam sous le nom de
Sidi Bou Saïd : lui même considéré comme un saint de l'Islam, mort à la fin du XIIIe siècle chrétien et enterré au Djebel-Marsa.
Cela dit, une partie des restes du roi a été enterrée en Tunisie (où une tombe de Saint Louis peut encore être visitée aujourd'hui). Une autre partie, en Sicile, est placée dans une urne située dans la Basilique de Monreale à Palerme. Le reste de son corps sera amené à la basilique de Saint-Denis mais disparaîtra pendant les guerres de religion. Seul un doigt sera sauvé et est, depuis lors, conservé à Saint-Denis.
Enfin, certaines des reliques conservées en Sicile furent amenées en Tunisie, lors de la consécration de la cathédrale Saint-Louis de Carthage (à la fin du XIXe siècle) avant d’être – finalement, lors de l'indépendance de la Tunisie - ramenées en France et déposées à la Sainte-Chapelle de Paris.
Ronan Blaise
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Pour en savoir plus :
Le roi Louis IX (Saint-Louis), sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_IX_de_France
Publié le 14/06/2007 à 12:00 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est la couverture de l'ouvrage dont il est question ci-dessous.
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- « Prisonniers du Temps » (Michaël Crichton) :
Par-delà cette histoire - somme toute assez prévisible et finalement pas si originale que cela - de voyages dans le temps, ce roman vaut surtout pour sa représentation de la vie quotidienne dans les ''marches frontières'' franco-anglaises d'Aquitaine, en plein Moyen-âge : la majeure partie de ce récit se passant dans la vallée de la Dordogne, au XIVème siècle, pendant la Guerre de Cent Ans.
Un roman intéressant à plus d'un titre puisqu'il met également en scène un personnage historique authentique de la guerre de cent ans :
l'Archiprêtre Arnaud de Cervole (1300-1366), fils cadet d'une famille noble de l'actuel Lot-et-Garonne près de périgueux, prêtre défroqué et capitaine de routiers et autres brigands des fameuses ''grandes compagnies'' qui, dans la seconde moitiée du XIVe siècle - tel un Du Guesclin ou un Jean Chandos - rançonna le pape, fut chambellan du roi Charles V et pilla de nombreux fiefs, de l'Aquitaine jusqu'en Lorraine.
En tout cas on soulignera - comme le prouve l'ample bibliographie disponible en fin de volume - que Michaël Crichton a, pour écrire cet ouvrage, fournit un véritable et assez remarquable effort de documentation.
Ronan Blaise
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- Références : « Prisonniers du Temps », un roman (SF) de Michaël Crichton publié en 2000 aux éditions « Robert Laffont » ; ouvrage également disponible en format de poche, dans la collection Pocket (sous le numéro 11368) (610 pages). Roman adapté pour le cinéma - en 2003 - par Richard Donner.
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Pour en savoir plus :
Le roman de Michaël Crichton, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Prisonniers_du_temps
L'archiprêtre Arnaud de Cervole, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Arnaud_de_Cervole
Publié le 14/06/2007 à 12:00 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est une représentation du roi Philippe II Auguste (1165-1223).
- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.
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- Pourquoi Philippe « Auguste » ?!
Chacun normalement connaît ou – tout du moins – a vaguement entendu parler du roi de France
Philippe II dit « Philippe Auguste » (1165-1223), roi de France au moyen âge et septième roi de la dynastie dite des « Capétiens directs ». Mais, au fait, pourquoi ce surnom d’ « Auguste », qu’on lui donna de son vivant même ? !
En fait il semble que ce surnom d'Auguste - qu'on lui donna de son vivant - est une référence directe au titre antique, quoique d'autres interprétations aient été fournies sous son règne. Ainsi, un tel surnom pourrait rappeler le mois de sa naissance, ou encore (et surtout...) le verbe latin
’’augere’’ qui signifie
« augmenter », « faire croître » ; un surnom qui aurait en effet pu lui être donné quand il ajouta au domaine royal, en juillet 1185 (par le Traité de Boves) de nombreuses seigneuries du nord de la France et de Picardie : en Artois, en Valois, en Amienois et dans une bonne partie du Vermandois.
Quoi qu’il en soit, Philippe Auguste reste effectivement l'un des monarques les plus admirés et étudiés de la France médiévale, non seulement en raison de la longueur de son règne et de ses nombreuses annexions au domaine royal (comme la Normandie, en juin 1204), mais aussi pour ses importantes victoires militaires (comme la bataille de Bouvines, en juillet 1214) et pour les progrès accomplis sous son règne pour affermir le pouvoir royal et mettre fin aux dérives de l'époque féodale.
Ronan Blaise
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Pour en savoir plus :
Philippe Auguste, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Auguste
Publié le 14/06/2007 à 12:00 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est une carte de l'Etat indochinois des Champa.
- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.
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- Le Champa : Etat ’’indien’’ d’Indochine :
Autrefois exista dans le Viet-nam central d’aujourd’hui le
royaume de Champâ : un État de culture hindouiste qui prospéra entre les IIe et XVIIe siècles avant de s’effondrer sous les coups de l’impérialisme vietnamien.
Au début du Ve siècle avant notre ère, un certain Faxian (voyageur chinois sur le chemin du retour d'Inde en Chine...), y fait escale et y décrit une population dravidienne organisée suivant un système de castes assez semblable à celui alors en vigueur en Inde et vivant selon les préceptes de la culture hindoue (ex : usage du sanskrit, titulature royale, culte hindouïste et/ou bouddhiste, coutume de la satî, refus de manger du boeuf, etc).
Et effectivement, il s’avère que dès le début de l'ère chrétienne, le futur Annam a alors connu une immigration indienne peu nombreuse mais qui a pacifiquement répandu l'hindouisme, le bouddhisme et le sanskrit dans le sud-est asiatique de l'époque. Preuve de leurs origines indiennes : son nom de Champâ qui provient d'un ancien Etat du Bengale (aujourd'hui le Bihar) dont la capitale était alors Champâpuri.
Actuellement, réduite à une population de moins de 80 000 membres, l'ethnie cham a conservé ses croyances religieuses (Nb : les 2/3 des Cham vivant actuellement au Champa pratiquent encore l’hindouïsme, alors que la totalité de ceux qui ont quitté le pays pour aller s'installer au Cambodge sont devenus musulmans...), sa culture et sa langue (faisant partie du groupe malayo-polynésien des langues austronésiennes). Il existe aussi - hors du Viêt Nam - une diaspora cham (en particulier au Cambodge et en Malaisie).
A la fin du second siècle de notre ère, suite au chaos qui accompagne alors l'effondrement de la dynastie Han en Chine, le gouverneur chargé de la région de Hué se rendit indépendant et fonde alors les bases du royaume de Champâ (d'après le nom de ses habitants : les Cham). Cet Etat du Champa n'était pas un Eat centralisé mais une sorte de fédération dont les composantes jouissaient chacune, sur le plan politique interne, d'une autonomie plus ou moins effective.
Libéré du joug chinois, le Champa sera cependant en conflit quasi perpétuel avec ses voisins de Java, de Chine au nord, du Daï Viet (jusqu'alors confiné dans le delta du fleuve Rouge)
en expansion vers le sud et de l'Empire khmer émergeants au nord et à l'ouest. Sa capitale sera successivement située à
Indrapura (près de Dà Nang, sur la côte du Centre-Viêt Nam) puis dans la province nordique d'Amarâvatî.
Les conflits incessants grignotèrent le territoire Cham, tant et si bien qu'à fin du XVe siècle, le royaume de Champâ est quasiment dépecé entre ses voisins. En effet,
en 1471, le Champâ subit une grave défaite devant les Vietnamiens et le royaume est réduit à la petite enclave de Nha Trang. Une seconde vague expansionniste des Vietnamiens, en 1720, entraînera même la fuite du roi des Cham et de sa suite au Cambodge...
Fondé en 192, le royaume du Champâ prospéra pendant plusieurs siècles grâce à son commerce maritime florissant et à ses puissantes flottes de guerre. Le royaume Cham reposait alors presque entièrement sur la puissance de sa marine avec tous les avantages et les désavantages de l’organisation sociale et politique qu’entraîne un tel État. Ce peuple fut alors un fléau pour toute la région, en, tout cas aussi longtemps qu’il fût capable, grâce à ses navires rapides, de porter la guerre chez ses voisins, vivant de pillage et du commerce de ses produits.
Mais, ayant négligé l’agriculture, la pénétration et l’ancrage dans son propre pays, le royaume du Champa fut incapable de résister, à la longue, au lent et tenace ’’grignotage’’ exercé par les paysans vietnamiens. Aussi, bien que les Chams, militairement supérieurs, aient réussi plusieurs profondes incursions dans le delta du Fleuve Rouge, les Vietnamiens les repoussèrent finalement et les réduisirent sur la défensive”.
Peu à peu, les fermiers vietnamiens occupèrent les plaines vierges du Nord Champâ, très souvent avec le consentement des Chams (qui virent là, dans cette occupation pacifique, une source d’enrichissement pour eux...). Village par village, delta par delta, le processus se répéta. Il y eut quelques arrêts momentanés et même quelques brefs reculs dans cette “longue marche” des vietnamiens vers le Sud. Mais, vers la fin du XIème siècle, toutes les provinces côtières au Nord de Huê étaient déjà passées sous contrôle vietnamien.
La zone suivante (qui comprenait
Huê, future capitale du vietnam...) devint vietnamienne au milieu du XVème siècle, grâce au mariage de la sœur du Roi du Champâ avec le Roi du Viêt Nam. Mais en 1471, la guerre reprit avec âpreté, les Vietnamiens prenant alors la deuxième capitale des Chams, Vijaya (Indrapura ayant été perdue auparavant). Alors le Royaume Cham, jadis florissant, était bien près de sa chute. Un royaume Cham qui aura été effacé, par le lent ''grignotage'' des Vietnamiens, en cinq siècles environ.
Les princes Cham se maintiendront au pouvoir jusqu'en 1822, année où le Champâ sera finalerment absorbé par le Viêt Nam. Alors, ce sera la fin de la culture hindouiste dans la péninsule indochinoise. C’était là, l’aboutissement de près de mille ans de ’’descente vers le sud’’ et de conquête des vietnamiens en Indochine.
Ronan Blaise
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- Pour en savoir plus :
Le royaume de Champa, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Champa
L’histoire du Viêt nam, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_Vi%C3%AAt_Nam
Publié le 14/06/2007 à 12:00 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est une carte de l'empire chola à son apogée.
- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.
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- L'Empire des Chola, thalassocratie des Indes médiévales...
L’empire des Chola est
un empire thalassocratique de l’Asie du sud (et du sud des Indes)
qui s’est développé aux IXe-Xe et XIe siècles - sous la direction des princes indiens Chola (dravidiens, tamouls) - dans le sud de l'Inde (où il a donné son nom, en Tamil Nadu, à la côte de Coromandel, i. e : d'après ’’Chola mandalam’’, le ’’pays des Chola’’) et dans une partie importante de l’Océan Indien oriental. A ce titre, c’est d’ailleurs la seule véritable période de puissance maritime de toute l’histoire de l’Inde.
Dès les IXe et Xe siècle, l’Etat des Chola avait abattu la puissance des souverains Pallava et Pandya du sud du sou-continent. Sous le roi
Rajaraja Chola 1er (vers 985-1015), les Chola avaient repris leur politique de conquête, contre les Chera et en faisant la conquête d’une partie du Karnataka et du nord de Ceylan. Puis, sous le roi
Rajendra Choladeva (vers 1015-1045) ils achèveront la conquête de Ceylan, guerroyant en Orissa et au Bengale.
Dès le XIe siècle, on atteste leur présence dans a présence le nord de Sumatra en Indonésie. Territoires vers lesquels le roi
Rajendra Choladeva enverra (en 1025) une expédition contre le royaume de Sriwijaya (l'actuelle Palembang, dans le sud-est de Sumatra : Etat qui contrôlait alors le trafic maritime du détroit de Malacca...), faisant la conquête des îles Andaman et Nicobar et envoyant même (en 1033) un ambassadeur à l'empereur de Chine.
Par la suite, le roi
Rajendra Kulottunga Chola 1er (1070-1118) réunira pour un temps les royaumes Chola et Chalukya, reprenant le contrôle du le Kalinga révolté, mais perdant néanmoins Ceylan et leurs colonies d'outre-mer. La dynastie Chola entrera alors entre en décadence. Et le royaume Chola, à nouveau réduit à sa zone originelle, sera finalement absorbé (au XIVe siècle) par le royaume hindou voisin de Vijayanâgara.
Ronan Blaise
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- Pour en savoir plus :
Le royaume de Chola, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Chola
L’Etat de Sriwijaya, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sriwijaya
Publié le 12/06/2007 à 12:00 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est une carte du relief et de l'hydrologie de la Suisse.
- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.
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- Opération « Tannenbaum », ou quand les nazis envisageaient d’occuper la Suisse...
Où l’on découvre que les allemands avaient préparé, pendant la seconde guerre mondiale, un plan d’invasion de la Suisse : l’Opération ’’Tannenbaum’’ (en français : opération ’’Sapin’’).
Ainsi, après la victoire sur la France de mai-juin 1940, on sait que les Allemands préparèrent plusieurs plans d'invasion de la Suisse. En effet, la Suisse avait toujours jusque là affiché une scrupuleuse neutralité dans le conflit mondial. Ce à quoi Hitler avait réagit en traitant les Suisses de « plus ignobles et misérables ennemis de la Nouvelle Allemagne », et en proclamant qu'il liquiderait au plus tôt « ces déchets de petites nations » et, qu’ainsi, il serait « le boucher des Suisses ».
Et l’on sait qu’en mai-juin 1940, la Suisse avait dû subir de nombreuses violations de son espace aérien de la part de l’aviation de guerre allemande, l'Allemagne intervenant diplomatiquement (et, à chaque fois, de façon violemment menaçante) sur ces affaires. Si bien que, le 20 juin 1940, l'Armée de l'Air Suisse reçut même alors l'ordre de ne plus intercepter les avions violant leur espace aérien.
Mais, bien que la Wehrmacht ait souvent simulé des mouvements vers la Suisse dans ses nombreuses offensives sur le front de l’ouest, elle n'a en fait jamais essayé de l'envahir.
La plus grande opportunité d'une action militaire efficace à mener contre la Suisse fut la période allant entre la chute de la France en juin 40, et octobre/novembre 1940.
Mais, après ce temps, le changements de climat avec l'hiver alpin n'aurait pas permis une action efficace des troupes allemandes alors même qu’Hitler, après l'hiver 1940-1941, était surtout occupé à préparer l'invasion des Balkans puis de l’Union soviétique. Après quoi, l'opération Tannenbaum fut mise au placard et la Suisse est restée neutre pour la durée de la guerre (les Allemands étaient probablement dans l'incapacité d'assigner le nombre de divisions demandées pour réaliser l’opération « Tannenbaum » après le début de l'invasion de l'Union Soviétique...).
De plus, si Hitler ne donna en fait jamais l'ordre de déclenchement de l’Opération Tannenbaum, c’est sans doute parce que la Suisse avait là une qualité de défense qu'aucun autre pays européen ne possédait. En effet, chaque foyer suisse avait été équipé de fusil et le terrain très montagneux des Alpes suisses donnait là un avantage tactique indéniable aux forces armées suisses (qui, alors, représentaient environ 1/5 de la population totale de ce pays). De plus, les citoyens suisses avaient été informés qu'ils ne devaient en aucun cas écouter les ordres de reddition car cela pouvait être un mensonge ennemi et qu'ils devaient ainsi résister jusqu'à la fin. Perspective on ne peut plus délicate pour d’éventuelles forces allemandes d’invasion et d’occupation.
Néanmoins l'imposante Wehrmacht aurait sans doute pu surmonter ces défenses en menant une campagne de Blitzkrieg comme elle l'avait fait en France. Cela dit, pour les forces armées allemandes, la Suisse n’était pas alors vraiment perçue comme une menace immédiate urgente à traiter pour l'Allemagne.
En fait, Hitler étant beaucoup plus préoccupé à mener à bien la Bataille d'Angleterre (Nb : les quelques divisions allemandes de montagne alors opérationnelles ayant été assignées à l'Opération Seelöwe...) et à préparer l'invasion de l'Union soviétique (opération Barbarossa). En effet, déjà dès août-septembre 1940, de grandes quantités de troupes allemandes avaient été déplacées à l'Est pour parer à quelque éventuelle menace russe en Bessarabie...). Ce qui sauva la Suisse de l’invasion nazie...
Ronan Blaise
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Pour en savoir plus :
L'Opération Tannenbaum (Opération Sapin), sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Tannenbaum
Publié le 12/06/2007 à 12:00 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est une photographie du lac de Constance (Bodensee en allemand) : un lac germano-suisse sur le Rhin au bord duquel l'Empereur Napoléon III vécu la plus grande partie de sa jeunesse, entre 1817 et 1838.
- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.
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- Mémoires d’exil :
Tout au long du XIXe siècle français - riche en révolutions et en coups d’état s’il en est - les grandes familles régnantes de France, renversées, durent palors artir en exil. On a depuis longtemps oublié où exactement elles se sont alors installées...
-I- Les Bourbons (entre 1789 et 1815) :
Pendant la période révlutionnaire et impériale, les prétendants Bourbons au trône de France se réfugièrent successivement en
territoire prussien (à Coblence puis Calmar, en 1791-1804),
en territoire russe (
à Riga et Mittau, en actuelle Lettonie : en 1804-1807),
au Royaume-Uni ( en Ecosse, à Gosfield Hall - 1807-1811- puis à Hartwell House - en 1811-1814 - dans le comté de Buckingham, près de Londres), avant de revenir en France (hormis épisode des cent-jours de 1815 : brièvement passé en Belgique, à Gand).
-II- Les Bonaparte (entre 1815 et 1848) :
En vertu de la loi du 1er janvier 1816 bannissant tous les Bonaparte du territoire français, la Reine Hortense (épouse du roi Louis Bonaparte - roi de Hollande - et mère du futur Napoléon III) dut alors s'exiler en Suisse (dans le canton de Thurgovie) où elle acheta, en 1817, le
château d'Arenenberg situé non loin du lac de Constance. Et c’est là que le prince Louis-Napoléon, futur Napoléon III (chef de la famille impériale à partir de la mort de son cousin Napoléon II, Duc de Reichstadt - l’Aiglon) passera l’essentiel de son enfance.
En exil, le Prince Louis-Napoléon Bonaparte (futur Napoléon III) vivra alors essentiellement en Suisse (jusqu'en 1838) puis au Royaume-Uni, à
Londres, en 1838-1840 (après son expulsion de Suisse) puis en 1846-1848 (après son évasion du fort de Ham où il était alors détenu à perpétuité, après l’échec de son soulèvement militaire de Boulogne, en 1840).
-III- Les Bourbons (légitimistes) (à partir de 1830) :
En juillet 1830, Charles X embarqua à Cherbourg pour l'exil. Le roi déchu se retira d'abord au palais de
Holyrood (en Écosse), puis sur le territoire de l’Empire d’Autriche : au
Château de Prague, et enfin à
Göritz (alors en Autriche : actuelle Gorizia en Frioul, Italie), où il mourut du choléra en novembre 1836 avant d’être inhumé à Kostanjevica (i. e :
Nova Gorica, Slovénie).
Ses successeurs Louis-Antoine, Duc d’Angoulème (le Louis XIX des légitimistes) et Henri, Comte de Chambord (l’Henri V des légitimistes) vivront successivement - toujours en Autriche - à
Göritz (où Louis d’Angoulême meurt, en juin 1844) puis à
Frohsdorf (où le Comte de Chambord allait mourir, en août 1883).
-IV- Les Orléans (à partir de 1848) :
En février 1848, les Orléans s’exilent en Angleterre : à
Claremont (Surrey), propriété privée du roi Léopold Ier de Belgique, leur proche-parent (puisque lui-même gendre de Louis-Philippe et oncle du comte de Paris) avant de pouvoir revenir vivre en France - après l'abolition de la première loi d'exil, en 1871 - au
château d'Eu (Haute-Normandie).
-V- Les Bonaparte (à partir de 1870-1871) :
En septembre-octobre 1870 (et mars 1871), l’Impératrice Eugénie, le prince impérial Napoléon Louis-Eugène (et l'Empereur alors déchu Napoléon III) s'exilent en Angleterre. Désormais, ils vivront à
Chislehurst (aujourd'hui : Bromley, district londonien). Ils seront par la suite tous trois inhumés au mausolée familial de l'Abbaye St Michel (St Michael's abbaye) de
Farnborough.
Où l’on découvre - entre autres choses - que deux anciens souverains français ayant effectivement régné sur la France (i. e : le roi Charles X et l’empereur Napoléon III) sont, malgré le recul du temps, aujourd’hui encore inhumés à l’étranger : respectivement à Nova Garica (Slovénie) et à l’Abbaye Saint-Michel de Farnborough (Royaume-Uni).
Ronan Blaise
Publié le 12/06/2007 à 12:00 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est une photographie de Napoléon III, personnage historique dont il est question ci-dessous.
- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.
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- Un Suisse sur le trône de France :
La « loi d'exil » du 1er janvier 1816 ayant banni tous les Bonaparte du territoire français, la Reine Hortense (mère du futur Napoléon III) dut alors s'exiler en Suisse où elle achèta, en 1817, le
château d'Arenenberg situé dans le canton de Thurgovie (Chef-lieu : Frauenfeld) non loin du lac de Constance. Et c’est là que le prince Charles Louis-Napoléon, futur Napoléon III (chef de la famille impériale à partir de la mort de son cousin Napoléon II - l’Aiglon, en juillet 1832) passera l’essentiel de son enfance avec son frère aîné (décédé en mars 1831) : Napoléon Louis Bonaparte.
Volontaire dans l'armée suisse (en 1830), le prince Louis-Napoléon, futur Napoléon III obtint (en 1834) le grade de capitaine d'artillerie. De même, il obtient (en 1832) la
nationalité suisse dans le canton de Thurgovie, ce qui fera dire à certains historiens que Louis-Napoléon Bonaparte aura été « le seul Suisse à régner sur la France ».
Des relations étroites entre la Maison des Bonaparte et la Suisse qui aurait pu provoquer,
en août 1838, une guerre entre la France des Bourbons restaurés et la Confédération helvétique.
Après sa malheureuse tentative de coup d’état de Strasbourg, en 1836, le futur Napoléon III revint alors s'installer en Suisse. En juin 1838, l'un de ses compagnons de cette ’’aventure’’ de Strasbourg (l'ex-lieutenant Armand Laity, lointainement apparenté à la famille de Beauharnais), publiera à 10 000 exemplaires une brochure - sans doute financée par Louis-Napoléon - intitulée « Relation historique des événements du 30 octobre 1836 » (en fait, une apologie du bonapartisme).
À la suite de cet incident, le gouvernement français demande à la Suisse, au début du mois d'août 1838, l'expulsion du prince Louis-Napoléon et - sûr de l'appui de l'Autriche des Habsbourg - menace alors la confédération helvétique d'une rupture des relations diplomatiques et même d'une guerre : allant jusqu’à concentrer dans le Jura une armée de 25 000 hommes.
Le gouvernement suisse, indigné, invoquera alors la qualité de citoyen de Thurgovie du prince Louis-Napoléon Bonaparte pour protester de son innocence. A la suite de quoi celui-ci annoncera néanmoins, le 22 août 1838, son intention de partir s'installer en Angleterre...
Ronan Blaise
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Pour en savoir plus :
La Maison impériale des Bonaparte :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Maison_de_Napol%C3%A9on
Napoléon III, Empereur des français :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Napol%C3%A9on_III
Napoléon Louis Bonaparte, son frère aîné, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_II_de_Hollande
Napoléon II, le Roi de Rome, l'Aiglon :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Napol%C3%A9on_II
Publié le 12/06/2007 à 12:00 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est une photographie du maréchal Francisco Solano Lopez, personnage historique dont il est question ci-dessous.
- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.
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- Une ’’guerre mondiale’’ en Amérique du sud (1865-1870) :
On l’a oublié depuis longtemps cette fameuse grande guerre sud-américaine dite
’’guerre de la Triple Alliance’’ qui a opposé -
de 1865 à 1870 - une coalition de trois pays (Brésil, Argentine et Uruguay) au Paraguay. L'objectif de cette guerre étant la destruction de la puissance industrielle naissante du Paraguay, qui attirait alors les investissements britanniques et les détournait, en partie, des autres pays.
Une guerre déclenchée par la volonté de puissance du dictateur du Paraguay, le général Francisco Solano López, président de la république du Paraguay et homme d’Etat (1862-1870) dont la volonté d'indépendance gênait alors ses voisins lorsqu’il occupa, en 1864, la province brésilienne du Mato Grosso.
Déjà, à l’époque, le Brésil et l’Uruguay voisin étaient en conflit larvé : le président de l’Uruguay laissant faire de nombreuses incursions uruguayennes continuelles en territoire brésilien jusqu’à faire appel à l’arbitrage de Francisco Solano López, le dictateur-président du Paraguay. Celui-ci,
fortement impressionné par les bruits qui courraient alors selon lequel l’Argentine et le Brésil devaient s’entendre pour absorber la première le Paraguay et le second l’Uruguay, donne alors son appui total à Montevideo.
L’armée brésilienne envahit alors l’Uruguay, tandis que la flotte bloque les ports. Grâce à cette intervention brésilienne, le président uruguayen sera remplacé par l’un de ses adversaires (qui reconnaîtra finalement le bien fondé des réclamations brésiliennes). Alors Lopez réagit, ferme le fleuve Paraguay au trafic brésilien et fait arrêter le président du Mato Grosso de retour dans sa province, rompant les relations diplomatiques avec le Brésil. A la suite de quoi l’armée paraguayenne envahit le Mato Grosso et (en novembre 1864) une partie du territoire argentin.
Ce fut là une véritable guerre d'extermination. Elle s'acheva par une déroute totale du Paraguay, et une catastrophe démographique sans précédant pour un pays qui perdit alors les deux tiers de ses habitants (passant de 525 000 habitants avant la guerre à 220 000 en 1871 : dont seulement 28 000 hommes...), perdant également 140 000 km² de son territoire, annexés par ses puissants voisins (qui occupèrent en outre le pays jusqu'en 1876).
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- Quant au
maréchal Francisco Solano López, il trouva la mort à la fin du conflit (en mars 1870).
Commandant en chef des Forces armées, président et chef suprême de la nation paraguayenne durant la ’’Guerre de la Triple Alliance’’, il avait (en 1862) succédé à son père Carlos Antonio López comme président de la république du Paraguay. Et celui-ci avait alors laissé à son fils un pays prospère et une armée excellemment équipée et professionnelle, bien entraînée aux armes et aux tactiques de guerre, qu'il avait contribué à renforcer...
Entre 1853 et 1865 Francisco Solano López avait voyagé à plusieurs reprises en Europe, où il étudia, fréquanta la cour de Napoléon III et observa le système militaire prussien. Durant ses voyages, il achetait des armes et des munitions pour les forces armées paraguayennes et il obtint la ratification de traités commerciaux avec la France et l'Angleterre. Si bien que lorsqu'il fut nommé au poste de ministre de la Guerre et de la Marine, Solano fit alors adopter dans les forces armées paraguayennes le système militaire appris en Europe.
Après la mort de son père Carlos Antonio López, Solano réunit un congrès spécialement convoqué pour l'élire président de la république pour une durée de dix ans. Ce qu'il obtint le 16 octobre 1862.
Le seul chemin existant pour la mer depuis le Paraguay était celui du Río de la Plata. Mais ce dernier était sous contrôle uruguayen. López,
déterminé à obtenir une sortie indépendante du Paraguay vers l'Océan atlantique (vraisemblablement en direction du Rio de la Plata, des Etats brésiliens du Rio Grande do sul et de l’actuel Uruguay), prépara une puissante armée de plus ou moins quatre-vingt mille hommes. Se servant alors de l'intervention du Brésil dans la guerre civile uruguayenne, Solano ordonna la capture du navire « Marquês de Olinda », qui remontait alors le Río Paraguay (avec, à bord, le président du Mato Grosso...) en direction du Mato Grosso.
Cet incident déclencha une guerre entre le Paraguay et un groupe de pays appelé la « Triple Alliance » (groupe d’Etats alors formé par le Brésil, l'Uruguay et l'Argentine). Au début du conflit le maréchal López obtint des succès militaires significatifs. Mais bientôt la guerre évolua de manière négative pour le Paraguay. Au fur et à mesure des insuccès et alors que le conflit s’éternisait, une opposition à la guerre se manifesta dans la population et au sein du gouvernement paraguayen.
Francisco Solano López commença dès lors à se comporter en dictateur et à exercer une répression cruelle contre ses opposants. Ainsi en 1868, il accusa plusieurs de ses compatriotes de trahison et de conspiration, ordonnant de leur exécution.
Poursuivi par les troupes brésiliennes du général Correia da Câmara jusqu'à ce qu'ils le trouvent, blessé et isolé, alors qu'il essayait de traverser le Rio Aquidaban, après sa défaite lors de la bataille de Cerro Corá. Selon les récits historiques López, même après avoir été désarmé, résista avant d’être exécuté près de Cerro Corá, le 1er mars 1870.
La guerre était alors finie et les deux tiers des paraguayens avaient été exterminés. Sur 220.000 rescapés, il ne restait que 28.000 mâles (bébés compris), ce qui impliquait l'anéantissement de 95 % d'entre eux.
Actuellement encore, le maréchal Francisco Solano López jouit aujourd’hui au Paraguay de la plus haute popularité pour avoir été un des héros les plus significatifs de l’histoire de la nation. D’ailleurs, sa dépouille repose aujourd’hui au « Panthéon des Héros » d'Asunción.
Ainsi, sa dernière phrase, avant d'être exécuté à la sauvette d'un tir en pleine poitrine, fut "Je meurs avec ma patrie !", car il était persuadé qu'à sa mort le Paraguay disparaîtrait comme nation et que son territoire serait réparti entre l'Argentine et le Brésil.
Pour les autres, la figure de López ne peut laisser indifférent. Incontestablement mégalomane, obsédé par la situation loin des mers de sa patrie, dictateur implacable de surcroît, il sacrifia tout ce qu'il était possible de sacrifier (et, avant tout, son peuple...), sur l'autel de son orgueil personnel. Fils à papa, pourri dans sa jeunesse, il fut réellement l'ogre responsable de la mort atroce de centaines de milliers de vies innocentes. L'épopée sanglante de certains conquérants avait dû frapper son imagination. Et, en d'autres temps, il eût peut-être été déféré devant le Tribunal pénal international de La Haye ou celui de Nuremberg.
Un autre problème se pose. En quoi a-t-il mérité de reposer au grand Panthéon des Héros d'Asunción ou plutôt quelles sont les qualités de héros que l'on a décelées en lui ? A part son attitude courageuse face aux fusils brésiliens qui allaient lui ôter la vie, on ne voit vraiment rien d'héroïque dans l'attitude de cette caricature d'Ubu Roi. Et là, l'horizon borné de la troupe brésilienne a stupidement créé un martyr.
Nul doute non plus que, pour qu'il y ait eu tant et tant de victimes civiles, les troupes de la Triple Alliance se soient furieusement mal conduites avec les civils paraguayens, au point de transformer un criminel en héros. Au Brésil (toujours esclavagiste à l'époque), on vida les prisons, alimentant ainsi l'armée en criminels notoires.
Certains enfin réfléchiront donc sur la fâcheuse tendance des peuples à admirer voire aduler leurs bourreaux, et cela ne laisse pas d'être inquiétant car ces derniers sont nombreux. Pour beaucoup, il paraît dès lors nécessaire de faire un sérieux examen de conscience pour éviter qu'un peu partout sur terre, les monstres du passé ne se transforment en héros de demain.
Ronan Blaise
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Pour en savoir plus :
La guerre de la « Triple alliance », sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_Paraguay
Le dictateur Francisco Solano Lopez, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Francisco_Solano_L%C3%B3pez