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Japon, 1868-9 : La ’’guerre de l’année du dragon''

Posté le 05.06.2007 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est une photographie de Samouraïs du clan Chôshû lors de la guerre de Boshin, (v. 1860, Felice Beato).

- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.

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- Japon, 1868-1869 : La ’’guerre de l’année du dragon’’ :

Aujourd’hui au Japon, on considère que la « Révolution Meiji » de 1868-1869 fut une révolution "sans sang" versé.

Mais c’est là oublier le fameuse ’’guerre de Boshin’’ (i. e : Boshin sensō, "guerre de l'année du dragon"), épisode souvent oublié de l'histoire du Japon récemment évoqué dans le fameux récent film « The Last Samurai » d’Edward Zwick (2003).

Cette ’’Boshin senso’’ (i. e : guerre de Boshin) fut une guerre civile japonaise qui se déroula en 1868-1869 entre partisans de l’Empereur Meiji (et des réformes) et partisans de l’ancien ordre aristocratique du shogun Yoshinobu Tokugawa (i. e : armées des clans de Satsuma, Chôshû et Tosa) : une guerre qui fit environ 3500 morts et qui fut, en définitive, gagnée par les forces armées impériales.

Ce conflit allait débuter en janvier 1868, quelques mois après la restitution du pouvoir suprême à l'empereur Keiô, par un affrontement - près de Kyoto - des armées ’’loyalistes’’ (15 000 hommes) avec les 5000 hommes des armées des clans Chōshū et Satsuma, vaincus.

A la suite de quoi, les forces shogunales tentèrent d’arrêter la progression des armées impériales aux portes d’Edo. Cela allait se traduire, au début du mois de février, par la mise en place d’un plan de guerre des armées shogunales, plan élaboré avec l'aide de l'ambassadeur français Léon Roches. Cependant le shogun Yoshinobu Tokugawa décida in extremis d'annuler ce plan.

De coup, l’ambassadeur de France Léon Roches quitta son poste auprès du shogun, lequel perdit alors tout ses soutiens étrangers. En effet, les nations étrangères - sous l'influence de l’ambassadeur britannique Harry Parkes - signèrent là un traité de neutralité : traité dans lequel elles s'engageaient à ne pas intervenir dans le conflit et à n'envoyer d'armes ni de munitions à aucun des deux camps en présence.

Du coup, sous la conduite du général Saigō Takamori, les armées impériales japonaises allèrent de succès en succès dans leur conquête du sud d'Honshu : remportant gagnant la bataille de Kōshū-Katsunuma, prenant Edo (en mai 1868) puis prenant la mesure des dernières forces rebelles lors de la bataille d'Uno.

Après la défaite des troupes du shogun, la mise en maison d'arrêt de celui-ci (et la confiscation de ses terres...), la plus grande partie des aristocrates japonais acceptèrent le pouvoir de l'empereur. Mais dans le nord de l'île d'Honshu, autour de la ville de Sendaï, plusieurs daimyos (avec, à leur tête, le chef du clan Aizu) formèrent lors une coalition et une armée (de 50 000 hommes) pour combattre les troupes impériales. Officiellement cette coalition était dirigée par Yoshihasa Kitashirakawa (i. e : l’ "Empereur Tobu").

Il en fut de même du commandant de la marine shogunale (l’amiral Takeaki Enomoto) qui refusa de se rendre et partit à son tour vers Sendaï avec sa maigre flotte (soit une dizaine de navires de guerres et environ 2000 hommes) dans l'espoir de pouvoir tenter, plus tard, une contre-offensive contre les forces impériales.

On notera avec intérêt que - dans cette entreprise incertaine - il était alors accompagné par une poignée de militaires français dont un certain Jules Brunet (officier-instructeur et conseiller militaire français envoyé au Japon qui venait alors de quitter l'armée française pour combattre aux côtés des rebelles...).

Néanmoins les troupes de la coalition - bien que nombreuses - étaient très mal équipées. L'armement moderne y était très rare. Bien que subissant de lourdes pertes, les forces impériales progressaient vers le nord, remportant d’importantes victoires à Hokuetsu, lors de la bataille de la passe de Bonari et lors de la prise du château d'Aizuwakamatsu (ou ’’bataille d'Aizu’’). Si bien qu’en 1868, le position de Sendai devint complètement intenable pour les troupes shogunales. Du coup, la flotte d'Enomoto quitta donc Sendai pour Hokkaido.

En tout état de cause, en ce 26 octobre 1868, toute l'île d'Honshu était contrôlée par l'empereur Meiji. Il ne restait donc plus qu’à vaincre les dernières troupes rebelles, repliées sur Hokkaidō.

En effet, à la suite de la défaite enregistrée par les forces shogunales devant Sendaï, l’amiral Takeaki Enomoto partit vers Hokkaido avec les restes de sa flotte. Là lui et ses compagnons organisèrent un gouvernement républicain sur Hokkaïdo avec l'objectif d'établir une nation indépendante sur l’île : la République indépendante d'Ezo. Enomoto proposant même à l'empereur de donner Hokkaido au shogun renversé et de faire de celui-ci (et de ses nouveaux Etats) un "vassal" de l'Empire. Mais cette proposition de compromis fut alors déclinée par le pouvoir impérial.

Durant l'hiver 1868-1869, les forces armées de la république d’Ezo fortifièrent son système défensif. Las, les armées impériales allaient pas tarder à l’emporter sur les dernières forces rebelles : lors des dernières batailles de Goryokaku et d’Hakodate, en mai-juin 1869. Enfin délivrée de toute menace conservatrice et séparatiste, l’ère Meiji pouvait enfin commencer.

Ronan Blaise
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Pour en savoir plus :

La guerre du Boshin (1868-1868), sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Boshin

Le (dernier) shogun Yoshinobu Tokugawa :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Yoshinobu_Tokugawa

La république indépendante d'Ezo, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_ind%C3%A9pendante_d%27Ezo

L'éphémère ''président'' Takeaki Enamoto :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Takeaki_Enomoto

Jules Brunet, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Brunet





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Une République au Japon ?

Posté le 05.06.2007 par quelqueshistoires
- Illustration : le visuel d'ouverture de cet article est un portrait de Takéaki Enamoto, éphémère président de la non moins éphémère république japonaise d'Ezo-Hokkaïdo (1868-1869).

- Sources : encyclopédie en ligne wikipédia.

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- Une République au Japon ? : la République d'Ezo (1868-1869)

On l’a visiblement oublié depuis longtemps mais il s’avère que le Japon a déjà connu une très brève expérience républicaine : la république d’Ezo (i. e : Ezo Kyōwakoku) : État japonais éphémère au nord de l’archipel (dans l’île d’Hokkaïdo, alors appelée île d’Ezo) de six mois à la fin du XIXe siècle : en décembre 1868-juin 1869, au moment de la fameuse révolution (ou restauration) Meiji.

Ainsi, peu après leur défaite dans la guerre de Boshin (en 1868), un groupe de fidèles de l’armée shogunale des Tokugawa, dirigé par l’amiral Takeaki Enomoto (un tout plusieurs milliers d’hommes) prend la fuite vers le nord, prend le contrôle de l’île d’Hokkaïdo et déclare officiellement l'indépendance de l'île - le 25 décembre 1868 - sous le nom de « République indépendante d'Ezo ».

Au départ, l’amiral Takeaki Enomoto envisageait de faire d’Hokkaïdo un Etat autonome vassal de l’Empire qui serait ainsi confié au shogun renversé. Mais cette proposition fut déclinée par les autorités impériales. D’où l’idée d’organiser alors un gouvernement républicain sur Hokkaïdo avec l'objectif d'y établir finalement une nation indépendante sur l’île : la République indépendante d'Ezo.

Cette république indépendante d’Ezo, proclamée le soir de Noël 1868, avait été fondée sur le modèle constitutionnel américain. Censée alors couvrir à terme tout le territoire japonais, son territoire comprenait surtout l'île d'Hokkaïdo (Ezo), sa capitale étant la ville d’Hakodate. Son « sosai » (i. e : président de la république) était l’amiral Takeaki Enomoto, également nommé chef de guerre (Nb : « sosai » étant également le plus haut grade délivré dans la maîtrise des arts martiaux du Japon...). Ses compagnons, Taro Matsudaira et Hijikata Toshizo, prenant alors les grades de vice-président et de ministre des armées.

Le drapeau de la république d’Ezo était un drapeau bleu azur orné d’une fleur de chrysanthème — symbole de l'Empire du japon — mais cette fleur impériale étant également frappée d'une étoile rouge à sept branches : symbole de la nouvelle république remplaçant l’Empire.

Pendant l'hiver 1869, les rebelles - commandés par le conseiller militaire français Jules Brunet et par le commandant japonais Keisuke Otori - procédèrent à la fortification du sud de l’île (notamment dans la péninsule d'Hakodate : système de défense verrouillé par la forteresse Goryokaku).

De leur côté, les forces impériales mobilisèrent 7000 hommes pour reprendre le contrôle d’Ezo. Progressant relativement vite vers Ezo et remportant la bataille navale de Hakodate avant - en mai 1869 - d’encercler la forteresse de Goryokaku – à la suite de quoi l’amiral Enomoto décide alors de se rendre, le 30 juin 1869 - les forces impériales écrasèrent la rébellion.

Tout d’abord emprisonné et accusé de haute trahison, Takeaki Enomoto - éphémère président, déchu - sera par la suite pardonné par l'empereur et libéré (en 1872), avant de devenir alors ambassadeur du Japon en Russie.

Quant à cette brève expérience républicaine japonaise, elle a depuis longtemps été oubliée des mémoires. De même que toute autre projet de remise en question de l’autorité impérial ou de démembrement territorial de l’Empire.

Ronan Blaise
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Pour en savoir plus :

La république indépendante d'Ezo, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_ind%C3%A9pendante_d%27Ezo

L'éphémère ''président'' Takeaki Enamoto :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Takeaki_Enomoto

Jules Brunet, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Brunet

La guerre du Boshin (1868-1868), sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Boshin

Quelle(s) capitale(s) pour les Indes ?

Posté le 05.06.2007 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est une carte des Indes permettant de loccaliser la capitale : New Delhi.
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- Quelle(s) capitale(s) pour l’Inde ?

Dans le roman de politique fiction « Opération Dragon Fire » (Fayard, 2001), on voit qu’après l’anéantissement de Delhi et de Bombay par une hypothétique première frappe nucléaire chinoise, les grands centres du pouvoir de l’Union indienne sont provisoirement relocalisés à Madras et à Calcutta : anciennes capitales des établissements britanniques des Indes. Ce qui nous conduit à nous interroger sur la place de la capitale des Indes. Pourquoi la capitale de l’Union indienne est-elle aujourd’hui située à New Delhi ?

En effet, aujourd’hui, la capitale fédérale de l’Union Indienne est actuellement (et depuis l’indépendance de l’Union indienne, en août 1947) la ville de New Delhi : faubourg contemporain (construit sous la direction des administrateurs et architectes britanniques Sir Edwin Lutyens et Sir Herbert Baker : ville nouvelle inaugurée en 1931) de l’ancienne Delhi médiévale où, avec l'actuel statut de district fédéral de l'Union indienne, l’on trouve effectivement (dans le quartier de Raisina Hill) le palais présidentiel (i. e : le Rashtrapati Bavan), les deux Chambres du Parlement en leur siège (le Sansad Bhavan), les principaux ministères, les principales administrations et l’ensemble des ambassades accréditées auprès du gouvernement de l’Union indienne.

Or, la ville de Delhi ne se trouve aujourd’hui qu’à quelques 250 / 300 kilomètres à peine de la frontière avec le Pakistan, l’Etat ’’frère ennemi’’ né de la partition de l’Empire des Indes, en 1947. Alors, pourquoi un tel choix, si près d’une frontière si dangereuse ?

Et bien précisément parce que Delhi est justement stratégiquement située sur le ’’Sirhind’’, ce seuil géographique qui - entre les villes d’Ambala et de Patiala - permet de passer insensiblement du Pendjab (et du royaume de Lahore) et de la vallée de l’Indus... à la vallée du Gange et de la Djoumna (ou Yamuna) : le pays du Doâb ; sur les anciennes routes de commerce du nord-ouest aux plaines du Gange.

Vu qu’il s’agit là d’un verrou stratégique aux portes de la vallée du Gange, où une place-forte solidement défendue (voire une puissante baronnie militaire) permettrait de fermer l’accès aux ’’Indes intérieures’’ à tout agresseur extérieur dévalant - comme il est de tradition de le faire, depuis des millénaires, depuis les contreforts himalayens des montagnes afghanes - comme l’ont effectivement fait chacun à leurs tours les Indo-Aryas, les Irano-Perses, les Gréco-Macédoniens d’Alexandre (puis de Séleukos), les Irano-Gréco-Bactriens du roi Ménandre-Milinda, les Indo-Scythes ’’Sakas’’ et autres ’’Kouchans’’ de Kanishka, les Huns hephtalites qui suivirent puis les Turco-Mongols islamisés de Mohammed de Ghor et d’Ala ad-Din de Delhi, les hordes de Tamerlan (en 1398), les Grands Moghols de Babur khan (en 1526), les Iraniens de Nadir Shah (en 1739), les Afghans d’Ahmad Shah (en 1757), etc.

C’est ce même choix stratégique qui avait présidé à la création des principautés guerrières mentionnées dans les récits semi-mythologiques du Mahabharatha, ’’Iliade hindoue’’ : le récit héroïque d’une antique guerre fratricide - mais chevaleresque - entre princes et aristocrates hindous pour le contrôle de ces mêmes territoires... (N'est-ce pas, lors de cette guerre mythique, sur le site de l'antique Kurukhchetra - à une centaine de kilomètre au nord de Delhi - que Krishna aurait préché son message ''évangélique'' au preux Arjuna ?!).

Même choix stratégique qui aura alors présidé à l’affirmation de la cité de Sthanavishvara (i. e : Thanesar, cité antique effectivement située au nord de l’actuelle Delhi), elle-même par la suite à l’origine de l’implantation de l’antique principauté indienne du Kouroukchetra puis de l’éphémère empire gangétique (allant jusqu’à la mer d’Oman) du roi-empereur Harsha / Harshavardhana (605-645) : souverain hindou dont le règne est postérieur aux invasions des Huns hephtalites dans le Pendjab et jusque dans la vallée du Gange...

Ce qui fait que, pendant les près de six siècles de domination musulmane (i. e : de 1206 à 1858), Delhi est donc presque continuellement restée la grande capitale impériale des Indes. Puisque c’est en fait un choix semblable qui avait fait de Delhi la capitale du sultanat turco-afghan d’Ala ad-Din (et du même nom) aux XIIIe puis XIVe siècles.

Puis de l’empire des Grands Moghols fondé par le turco-mongol Babur Khan (et qui perdura de 1526 à 1856)... même s’il est vrai que les princes moghols, souverains itinérants d’ascendance nomade, prirent l’habitude d’avoir une cour itinérante entre Delhi (i. e : ’’old’’-Delhi), Fathepur Sikri ou Agra (plus au sud), voire Lahore (au Pendjab) ou encore Aurangabad (dans le Deccan) au gré du déroulement de leurs campagnes armées et autres expéditions militaires...

L’intérêt pour Delhi - capitale moghole - explique également toutes les nombreuses guerres qui se déroulent alors - durant le XVIIIe siècle – entre Afghans, Rohillas, Marathes, Sikhs et Jats (etc) sur les ruines de l’empire moghol décadent pour la domination du Doâb et du Pendjab, avec le pillage Delhi par les Iraniens de Nadir Shah (en 1739) puis par les Afghans d’Ahmad Shah (en 1757) (puis par les Anglais, lors des événements sanglants de 1857).

Un même choix impérial britannique de prendre Delhi pour capitale qui - après le bref intermède de Calcutta (en 1877-1911) - refit à nouveau de Delhi (par décret du roi-empereur George V et à partir de décembre 1911) la résidence officielle du ’’vice-roi’’ et la capitale de l’Empire des Indes ’’restauré’’ sous direction britannique : le ’’Raj’’.

Un choix emprunt également de recherche en légitimité qui, en août 1947, fit à nouveau de la ville de New-Delhi la capitale de la nouvelle Union indienne : jeune république mais Etat successeur proclamé du grand ’’Raj’’ britannique et de l’empire des Grands Moghols. Delhi ou New-Delhi, face à la frontière pakistanaise : position clef sur la carte d’éventuelles opérations militaires et site plus central (face à l’Hyderabad, face au Cachemire, à la frontière tibétaine et face au Pakistan) que l’excentrée, sans prestige historique spécifique et bien trop prolétaire Calcutta, ancienne factorerie côtière aux origines commerciales et strictement mercantiles.

Ronan Blaise
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- Sources : in « La face de l'Asie », un ouvrage de René Grousset et de George Deniker, ouvrage publié en 1955 disponible en format de poche - sous le n°8 - dans la collection « Petite bibliothèque Payot » (450 pages : ici, pages 152, 153 et 154).
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Pour en savoir plus :

La ville de Delhi, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Delhi

La ville de New Delhi, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/New_Delhi

La ville de Calcutta (Kolkatta), sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Calcutta

La ville de Bombay (Mumbai), sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bombay

La ville de Madras (Chenai), sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Chennai

Maharadjahs, Radjahs, Nizams, Nababs, etc

Posté le 05.06.2007 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est la représentation de l'un de ces maharajahs des Indes dont il est question ci-dessous.
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- Maharadjahs, Radjahs, Nizams, Nababs, etc :

Quand les britanniques régnaient encore en maître sur les Indes (sur plus de 400 millions d’habitants au moment de l’indépendance, en août 1947), il y avait en fait deux Indes :

D’une part l’Inde des provinces et des territoires directement administrés depuis New Delhi par les Anglais (soit 310 millions d’habitants, répartis sur les 2/3 du territoire) et, d’autre part, l’Inde des Principautés autonomes, en tout 565 Etats princiers semi-indépendants (soit 100 millions d’habitants, : un quart de la population totale, répartie sur environ 1/3 du territoire de l’Empire des Indes).

Il s’agissait là de principautés dont les souverains héréditaires (et souvent absolus) s’étaient montrés loyaux envers les britanniques sur les champs de bataille (on se souvient - par exemple – de la loyauté de l’Hyderabad durant les guerres marathes ou contre les établissements français - à la charnière des XVIIe et XVIIIe siècles - ou de la vaillance des Maharadjahs rajpouts de Bikaner, de Jodhpur et de Jaïpour, Rajasthan lors des campagnes de la Somme, de Palestine et d’Italie – notamment à Monte cassino – lors des deux guerres mondiales), honoraient régulièrement ou avaient recherché l’alliance britannique ou avaient formellement fait acte d’allégeance à la couronne britannique.

En échange de quoi, dans le cadre du ’’Raj’’, cet « Empire des Indes » ’’britanniquement’’ restauré (structure politique s’occupant désormais des questions de diplomatie, de politique extérieure et de défense), ces etats princiers des Indes gardaient là une indépendance formelle en tant qu’alliés soumis et vassaux loyaux de leur suzerain et ’’roi-empereur’’ de Londres et Delhi.

Les principaux Etats princiers ’’autonomes’’ des Indes, disposant de populations aussi nombreuses et de territoires aussi vastes en étendues que bien des Etats d’Europe (et bénéficiant de 21 coups de canons cérémonieux et honorifiques lors des réunions pan-indiennes de Delhi : chiffres pouvant augmenter ou baisser selon les disgrâces et/ou services exceptionnels rendus à la couronne britannique) étaient alors : les sultanat d’Hyderabad et de Mysore (dans le Dekkan), le Gwalior (prince marathe - sindhia - du Malva) et le Baroda (prince marathe - gaekwar - du Gujerat) ainsi que l’Etat du Cachemire (Etat né du démembrement - par les anglais, dans les années 1845-1846 - du royaume sikh de Ranjit Singh...).

Certains d’entre ces Etats représentant de véritables puissances démographiques (plus de 20 millions d’habitants rien que pour l’Hyderabad) ou militaires (avec aviation, artillerie moderne voire chars d’assaut...).

Certains de ces Etats étaient gouvernés par des princes musulmans (nababs et nizams, anciens gouverneurs de l'époque et de l'empire des grands moghols), sikhs ou hindouïstes (rajahs et maharadjahs, rois et grands rois hindous indépendants) ; Nb : l’Hyderabad, état de population hindouïste, était alors gouverné par un prince musulman alors que le Cachemire, Etat de peuplement musulman était gouverné par un prince hindouïste...

Les souverains héréditaires (et parfois absolus) de ces nombreux Etats princiers des Indes, aujourd’hui reconvertis - au service de l’Inde - dans les affaires, dans les forces armées et la diplomatie (comme les actuels princes de Kapurthala, Pendjab et de Jaïpur, Rajasthan) comme dans la politique indienne (comme les princes de Jaïpur et de Bikaner, Rajasthan, de Gwalior, Malwa et du Cachemire : militants et responsables politiques, élus, députés ou ministres...) allaient nous laisser le souvenir de princes orientaux des mille et une nuits, excentriques et richissimes, admirateurs fous de la Cour de Louis XIV, princes aux harems de centaines de concubines, chasseurs émérites de centaines de tigres et de panthères.

Tous propriétaire de palais luxueux et somptueux, d’haras immenses et d’énormes troupeaux d’éléphants de parade, collectionneurs de voitures de luxe, de trains privés et de diamants de taille et de valeur inestimables (la plus grosse topaze du monde, propriété du maharadjah sikh de Kapurthala, Pendjab ; les colliers de rubis et d’émeraudes du maharadjah de Jaïpur, Rajasthan le collier de perles - alors assuré pour un demi-milliard d’anciens francs de l’époque- du maharadjah sikh de Patiala, Pendjab ; la collection de diamants, de rubis et d’émeraudes du maharadjah de Baroda, Gujerat).

Ils formaient là une aristocratie hors du commun qui fit dire à Rudyard Kipling que ’’ces hommes avaient été créé par la providence afin de pourvoir le monde en décors pittoresques, en histoires de tigres et en spectacles grandioses’’ : excentricités, prodigalités, exotisme et rêve d’une époque féérique alors sur sa fin. Comptant parmi les hommes les plus riches du monde, chacun des 565 membres de cette vaste confrérie princière possédait en moyenne 11 titres, 6 femmes, 12 enfants, 10 éléphants, 3 wagons de chemin de fer privé, 3 Rolls-royce et un palmarès de 23 tigres abattus.

Mémorables et légendaires prince de Bharatpur (avec sa collection de tapis faits en perles d’ivoire et sa Rollsce-royce - réputée d’influence ’’aphrodisiaque’’ - en argent massif...), prince de Mysore (dont le trône en or massif pesait plus d’une tonne, qui célébrait chaque année avec ostentation le ’’roi’’ de son troupeau d’un millier d’éléphants et dont les boissons aphrodisiaques personnelles étaient faites à base de diamants pilés...), prince de Bénarès (qui se faisait réveiller chaque matin par les meuglements d’une vache sacrée hissée, pour l’occasion, jusqu’à la chambre du royal dormeur...), prince marathe de Junagadh ou rajah de Dhenkanal (qui invitaient toute l’Inde princière aux mariages - en grande pompe - de leurs chiens ou éléphants domestiques respectifs, lesquels vivaient en écuries dorées ou en appartements avec électricité et téléphone...), prince d’Alwar (dont la voiture « Lancaster » plaquée or - en intérieur comme en extérieur - était alors une réplique exacte du carrosse de couronnement des rois d’Angleterre...), prince sikh de Kapurthala, Pendjab (qui s’était fait construire la réplique d’un petit Versailles aux pieds de l’Himalaya...), excentrique prince marathe de Gwalior, Malwa (chasseur-tueur d’environ 1400 tigres, prince dont un train miniature faisait le service à table... ou qui fit vérifier la solidité des toits de son palais en y faisant promener l’un de ses éléphants...), heureux prince sikh de Patiala, Pendjab (goinfre au vingt kilos de nourriture par repas, qui mangeait deux à trois poulets entiers à son quatre heure, propriétaire d’environ cinq cent chevaux et aux près de 350 épouses et concubines...).

Pingre prince d’Hyderabad, propriétaire du légendaire diamant ’’Koh-i-noor’’ des anciens souverains moghols, vivant dans la plus extrême dénuement apparent (s’habillant en pyjama et sandales...) avec ses cent quarante épouses et concubines peuplant son harem (et autant d’enfants...) et sa collection de plusieurs centaines de voitures de luxe, à proximité d’une douzaine de camions enfoncés dans le sol jusqu’aux essieux puisque bourrés de lingots d’or et de malles dont le contenu représentait - en petites coupures dévorées par les rats - près de cinq milliards d’anciens francs de l’époque en roupies, dollars et livres sterling...

Certains d’entre eux brillant également par leur humanité, leur modernisme et leur implication dans les oeuvres humanitaires, charitables, éducatives et sociales : les maharadjahs de Bhopal et de Baroda ayant beaucoup oeuvrés pour les femmes et pour la condition des intouchables (les loger, les vêtir, les instruire...), le maharadjah de Bikaner, Rajasthan ayant beaucoup fait pour l’irrigation du Rajasthan, celui de Mysore et de Jaïpour, Rajasthan y ayant respectivement ouverts un observatoire d’astronomie et une université scientifique de renom (et beaucoup fait pour le développement de industries locales), celui de Kapurthala, Pendjab ayant également beaucoup fait pour le développement des infrastructures (hopitaux, voies ferrées, écoles) de sa principauté, etc... si bien que les conditions de vie dans les Etats princiers étaient très souvent beaucoup plus favorables aux populations locales que ce n’était alors le cas dans les territoires de l’Inde des provinces, territoires directement placés sous la ’’gouvernance’’ coloniale britannique.

Au départ (i. e : au moment de l’indépendance des Indes et du départ des britanniques), il était question pour chacun de ces princes et pour chacune de ces principautés, qu’ils/elles puissent librement choisir entre l’Inde, le Pakistan et leur propre indépendance.

En leur forçant la main et en programmant le rattachement forcé de leur territoires à la république indienne, le PM Nehru et le gouvernement de New Delhi allaient donc ainsi faire en sorte qu’il en soi bien autrement en organisant le retour dans le ’’giron’’ indien de toutes ces ’’principautés’’ selon eux en déshérence.

En effet, en 1947, en voyant partir les souverains britanniques (et la fin de l’accord personnel qui liaient leurs principautés à la Couronne britannique...) certains de ces princes de Indes (en tout cas au Cachemire et en Hyderabad...) aspiraient véritablement à l’indépendance et à une souveraineté internationale. Prélude d’une éventuelle future fatale ’’balkanisation’’ de l’espace péninsulaire indien.

Projets politiques contre lesquels le gouvernement de l’Union indienne - inquiet de la perspective de dissolution politique, de démembrement territorial (et de l’ ’’énergie négative’’ que toutes ces forces centrifuges ainsi libérées allaient pouvoir diffuser dans toutes les Indes...) - allait même devoir employer la force armée (notamment contre les velléités d’indépendance de l’Hyderabad : lors d’une semaine de combats pour soumettre la principauté rebelle, en septembre 1948).

A la suite de quoi, en 1974 - après bien des procédures judiciaires intentés à l’égard de l’Union indienne (ou mises en route par le fisc fédéral...) et après bien des arbitrages de la Cour suprême fédérale - les maharadjahs des Indes perdirent finalement les derniers privilèges qui, en échange du rattachement pacifique de leurs Etats à l’Union indienne, leur avaient pourtant été reconnus et accordés en 1947-1948...

Ronan Blaise
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Références : « Cette nuit la liberté », un ouvrage de Dominique Lapierre et Larry Collins publié, en 1975, aux éditions Robert Laffont ; document également disponible en format de poche au numéro 4941 (735 pages ; ici : pages 208-234 et 707-709).
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Pour en savoir plus :

Radjahs et Rajputs, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Radjah

Nabab, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nabab

Les Etats princiers des Indes, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tats_princiers_des_Indes

- par ordre alphabétique :
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C389tats_princiers_des_Indes_par_ordre_alphab%C3%A9tique

- par religion :
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tats_princiers_des_Indes_par_religion

- par nombre de coups de canon (i. e : préséance) :
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tats_princiers_des_Indes_par_nombre_de_coups_de_canon

Civadji & Mahadadji Rao, Princes Marathes :

Posté le 04.06.2007 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est une représentation de Civadji, célèbre héros hindou dont il est question ci-dessous.

- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.

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- Civadji & Mahadadji Rao, Princes Marathes :

Il est des personnalités marquantes de l’histoire de l’Inde, des personnalités emblématiques du nationalisme hindou d’aujourd’hui ; dans la mesure où elles incarnent - aux XVIIe et XVIIIe siècles - le soulèvement des populations hindoue et le refoulement vers le nord (puis l’extinction...) de la domination musulmane sur les Indes, alors incarnée par le règne des Grands Moghols, souverains d’origine turco-mongole régnant depuis Delhi et Agra, leurs capitales de la vallée du Gange.

Parmi ces personnalités ’’hindoues’’ marquantes, les riches personnalités historiques des princes marathes Civadji (souverain de Pouna - dans le Maharasthra - à la fin du XVIIe siècle ; qui donne son nom aux actuels aéroports et gares de Bombay) et (un siècle plus tard, à la fin du XVIIIe siècle...) Mahadadji Rao, roi ''sindhia'' de Gwalior et d’Oudjaïn (dans le nord du Malva...).
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-1- La révolte marathe de Sivaji :

Sivaji Bhonsla (1630-1674-1680) : à l’origine il s’agit là d’un petit féodal marathe de la région montagneuse de Pouné, Maharashtra (son père était un brillant général au service de l’Etat musulman voisin de Bijapour) qui - à partir de 1645-1646 - y organisa une guérilla, une guerre de coup de mains ’’à la robin des bois’’ contre les armées des sultans musulmans (chiites) du Deccan (i. e : Bijapour, Golconde) et contre l’administration fiscale du Grand Moghol Aurangzeb, souverain musulman (sunnite) de l’Inde du nord.

Obtenant ainsi le respect des hiérarchies religieuses hindouïstes, de nombreux succès militaires et le soutien d’un nombre croissant de Marathes, jusqu’à pouvoir vaincre des armées entières (comme celle du sultan de Bijapour, en 1659). Se voyant reconnue l’autonomie par le grand moghol Aurangzeb, avec le titre de raja - en 1667 - Shivadji iira beaucoup plus loin en se faisant proclamer - en 1674 - « Chhatrapatri » (i. e : souverain hindou indépendant) d’un Etat constitué autour de l’actuelle Bombay et s’y faire couronner roi hindou.

A sa mort (en 1680) bien que le Grand Moghol Aurangzeb ait tenté à plusieurs reprises de le circonvenir (notamment en 1665) et de l’éliminer - lui - ainsi que son fils (assassiné en 1689) la guérilla marathe allait néanmoins continuer.

Et les Grands Moghols allaient finalement devoir reconnaître l’indépendance marathe (en 1707-1708) et, bientôt (en 1719), reconnaître l’hégémonie des Marathes dans tout le Deccan (et leur droit d’y prélever même l’impôt impérial).
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-2- La Pentarchie marathe :

Par la suite (en 1714-1818), les nombreux princes marathes indépendants les uns des autres mais confédérés autour de l’autorité du ’'Pechwa’’ (i. e : Maire du palais) de Pouna (au nom du roi, à l’autorité toute symbolique, de Satara) allaient profiter de la désintégration progressive de l’empire moghol pour étendre leurs territoires vers le nord, le Malva et la vallée du Gange...

Essaimant ainsi bien au-delà du pays marathe pour y fonder – surtout dans les années 1730-1740 - tout autant de dynasties particulières : les Gaikwar de Baroda (dans le Goudjerat), les Bhonsla du Bérar et de Nagpur (dans l’Inde centrale), les Holkhar d’Indore (Malva méridional) et, surtout, les Sindhia d’Oudjaïn et de Gwalior (Malva septentrional), etc.

Ainsi s’ébauchait - faute de pouvoir instaurer une Etat marathe unitaire vraiment cohérent – par un traité signé entrer eux en 1750, une sorte de ’’Pentarchie’’ marathe, confédération de cinq Etats regroupés autour de l’autorité centrale du ’’maire du palais’’ de Poona (royaume Peshwa du Maharasthra), chef de la confédération au nom du roi (symbolique) de Satara (Maharasthra) : le royaume de Baroda des princes Gaekwar (à l’Ouest), le royaume d’Indore des princes Holkar (au Nord), le royaume de Gwalior des princes Sindhia (plus au Nord encore : en fait jusqu’au Gange) et le royaume de Nagpur des princes Bhonsle (à l’Est).

Lesquels Etats et principautés marathes, gouvernés par des ’’sardars’’ (i. e : ’’commandants’’) héréditaires se voyaient là doté d’un Etat propre et d’une zone d’influence propre dans laquelle pouvoir exercer leurs futurs projets d’expansion territoriale.

Une expansion marathe en Inde du nord qui couvrait alors une vaste zone territoriale entre le pays marathe et la vallée du Gange. Bientôt , cette Confédération marathe allait d’ailleurs même gouverner la majeure partie de l’Inde post-moghole : du golfe du Bengale à l’Indus, de Delhi à la Godaveri, et du Gange à la mer d’Oman.

Ainsi, leur puissance collective serait désormais bientôt assez forte pour leur permettre de pouvoir intervenir - ensemble ou séparément - dans les affaires de l’Inde du nord. Où ils soumirent les Principauté des Rajpouts (soumises en 1750) ou pour s’y battre, autour du Delhi post-moghol, contre les Afghans d’Ahmad Shah (qui les y vainquirent, en 1761).

Ce qui est d’autant plus intéressante que ces divers seigneurs marathes - même nantis de territoires à l’extérieur du pays marathe proprement dit – continuaient néanmoins à former entre eux (et avec leur pays d’origine) une ’’Confédération militaire’’ unie sous l’autorité du Pechwa (maire du palais) de Poona et du Prince régnant de Satara. Ce qui offrait là aux Indes une alternative politique - unificatrice mais hindoue - à la domination musulmane d’un empire des grands Moghols alors en pleine anarchie et en pleine désintégration.
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-3- La tentative unificatrice du prince ’’sindhia’’ Mahadaji Rao :

Un projet de reconquête hindoue des Indes qui faillit porter ses fruits pendant une vingtaine d’années à la fin du XVIIIe siècle sous la direction de l’un de ces princes marathes confédérés : Mahadadji Rao (1760-1798), prince sindhia de Gwalior et d’Oudjaïn (dans le Malva septentrional).

Mahadadji Rao : un prince avisé et un fin politique entouré de conseillers militaires européens (comme le savoyard Benoit de Boigne...) qui réussit même à momentanément s’imposer pendant près de vingt ans (vers 1785-1798) comme protecteur (voire maire du palais) des derniers princes moghols décadents, intervenant même à de nombreuses reprises à sa demande dans le Doâb et jusqu’à Delhi, faisant la loi jusque dans la capitale impériale et s’imposant ainsi - ultime victoire posthume du rebelle Civadji - comme ’’fondé de pouvoirs’’ des derniers princes moghols.

Une suprématie politique qui aurait pu avoir de grandes conséquences géopolitiques en permettant ainsi – dans l’intervalle de temps qui sépare la désintégration de l’empire des ’’petits moghols’’ décadents qui suivent la mort d’Aurangzeb (en 1707) de la mainmise britannique au Bengale et en Aoûdh (à partir de 1757-1781) - la mise en place d’un empire hindou des Indes sous direction marathe près de cent-cinquante ans avant l’indépendance de 1947.

Puisqu’ainsi le pouvoir suprême aurait ainsi pu naturellement revenir - pacifiquement et par délégation de pouvoirs - depuis l’empereur musulman turco-mongol décadent jusqu’aux souverains hindouïstes autochtones les plus dynamiques.

Las, ce projet politique n’eut finalement pas de suite : puisque ce prince sindhia de la principauté de Gwalior , Malwa (décédé en 1798) allait en fait là se heurter à l’hostilité et à la jalousie de ses propres confédérés princes marathes (princes et souverains Holkars d’Indore en tête...). Lesquels sapèrent et empêchèrent son action et le vainquirent (en 1802) : alors, le pays marathe est ruiné par les guerres menées entre factions rivales, prêt pour être militairement soumis par la puissance britannique (en 1818).
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Epilogue : l’unité des Indes, grâce aux Britanniques.

Du coup, c’est par l’action unificatrice et conquérante de britanniques ayant jusque là habilement profités des guerres entre factions marathes rivales (notamment entre princes Sindhia de Gwalior et princes Holkar d’Indore) que les Indes allaient être (de 1757 à 1878) progressivement réunifiées.

Bientôt, de par l’action des britanniques, les princes musulmans et/ou dynasties islamiques allaient d’ailleurs finalement tous être - Nizam d’Hyderabad du Dekkan excepté - dépossédés de leurs territoires : prélude à cette mise en place de l’actuelle République de l’Union indienne (en août 1947), événement parachevant ainsi l’oeuvre de ’’libération’’ et de ''reconquête'' hindoue entreprise au milieu du XVIIe siècle par Civadji et ses compagnons. Supprimant ainsi les derniers vestiges de sept siècles d’histoire et de la conquête musulmane subie au XIIIe siècle, sous la férule du conquérant irano-afghan Mohammed de Ghor et de ses successeurs turco-mongols.

Ronan Blaise
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- Sources : in « La face de l'Asie », un ouvrage de René Grousset et de George Deniker, ouvrage publié en 1955 disponible en format de poche - sous le n°8 - dans la collection « Petite bibliothèque Payot » (450 pages : ici, pages 166-167-168-169).
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Pour en savoir plus :

Le maharadjah (marathe) Shivadji, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Shivaji

L'histoire de l'Empire marathe, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marathe

Le maharadjah (marathe) Madhava Râo Sindhia, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Madhava_R%C3%A2o_Sindhia

Les guerres anglo-marathes, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerres_anglo-marathes

Les Indes après Alexandre

Posté le 02.06.2007 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est une monnaie du roi gréco-bactrien Ménandre Ier. Légende: ΒΑΣΙΛΕΩΣ ΣΩΤΗΡΟΣ ΜΕΝΑΝΔΡΟΥ (BASILEOS SOTHROS MENANDROY) i. e : "Ménandre, Roi sauveur".

- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.

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- Les Grecs aux Indes :

On se souvient dans quelles circonstances le grand conquérant grec Alexandre de Macédoine conduisit, en -326, ses armées jusque dans le bassin de l'Indus et jusqu'aux terres de l'actuel Pendjab (Etat de l'Union indienne). On se rappelle que la révolte de ses soldats lui imposa un arrêt de sa marche en avant vers l'Orient sur les rives du fleuve Hyphase (actuel Sutlej, affluent de l'Indus), près du site de l'actuelle ville d'Amritsar.

Et on se remémore que c'est cette fameuse mutinerie qui allait donc mettre fin à ses projets d'entrée dans la vallée du Gange et de marche contre les puissants Etats indiens des Nanda et du Magadha (actuel Bihar, avec Pataliputra, la moderne Patna, pour capitale) : vers l'Orient et vers ce qu'il percevait alors comme étant l'Océan extérieur (ce que nous reconnaissons actuellement comme étant le golfe du Bengale). Mais Alexandre n'est pas le seul grec à avoir alors ainsi découvert les Indes.

-1- Ainsi on sait que les Indes étaient déjà connues par les Grecs grâce aux textes des historiens Hécatée et Hérodote ainsi que du lettré Ctésias de Cnide (médecin à la cour d'Artaxerxès II) ou encore du navigateur grec Scylax de Caryanda (membre de la cour du grand roi Darius Ier). Ainsi, avant l'irruption gréco-macédonienne, la vallée de l'Indus est théoriquement sous le contrôle de l'empire achéménide depuis cette époque de Darius 1er même si, en réalité, la frontière du pouvoir perse se limite aux Monts Paraponisades (i. e : Hindu Kouch).

Quant à la vallée du Gange et au plateau du Dekkan ils sont alors inconnus de grecs comme des perses même si des relations existent alors entre l'Empire perse et les puissants Etats indiens indépendants qui s'y trouvent (comme le prouvent les nombreux éléphants de guerre régulièrement intégrés aux armées des souverains perses achéménides).

Toujours est-il que c'est à la demande du roi Taxile (roitelet de la vallée septentrionale de l'Indus), lui demandant d'intervenir contre son ennemi Pôros (qui gouverne un royaume à l'est de l'Hydaspe - aujourd'hui le Jhelum - et menaçant le Panjâb) qu'Alexandre, alors guerroyant en Sogdiane, décida d'intervenir aux Indes (-327/325).

-2- On sait que l'irruption des armées macédonienne d'Alexandre le grand dans le monde indien fut un grand choc pour les principautés de la vallée du Gange. Lesquelles commencèrent à chercher à s'unifier politiquement afin de représenter une nouvelle force face à toute éventuelle nouvelle agression extérieure.

Principal exemple de cette ''cristallisation'' étatique : l'épopée du roi Chandragupta (vers 340-290 avant JC), souverain qui - à partir du territoire du royaume du Magadha (capitale : Pataliputra, actuelle Patna) - fonda la dynastie des Maurya et se construisit un vaste empire en Inde du nord, vaste empire allant de l'Indus et des contreforts himalayens de l'Hindu Kouch jusqu'au golfe du Bengale : vaste empire comprenant les actuels Bengale, Bihar, Mâlvâ, Orissa, Mysore, Assam, Baloutchistan, Afghanistan et Hindu Kouch.

Ainsi, Chandragupta avait repoussé les troupes grecques restées au Panjâb après le retrait d'Alexandre, avant d'y arrêter (en 310-305) les ambitions territoriales de Séleucos Nikator (héritier d'Alexandre le grand pour ses possessions asiatiques), repoussant même sa frontière occidentale plus à l'ouest encore : la positionnant dans ce qui est aujourd'hui l'Afghanistan.

Les deux souverains arriveront d'ailleurs à un arrangement (vers -303) dans lequel Seleucos échangera avec Chandragupta des territoires contre 500 des éléphants de guerre. D'ailleurs, une alliance allait formellement être scellée entre ces deux souverains par un mariage entre l'empereur maurya et une fille de Séleucos. Celui-ci allant même envoyer un ambassadeur à Pâtaliputra : le fameux Megasthénès dont il est question ci-dessous et qui - résidant un temps à la cour des Maurya - nous a fourni, au travers de son « Indika », texte arrivé incomplet jusqu'à nous, un tableau de la vie dans les Indes de l'époque.

En tout cas, à la suite de la conclusion de cette alliance, la renommée de Chandragupta se répandit en Occident où son empire sera désormais reconnu comme une puissance importante. Si bien que les rois Ptolémée d'Egypte et Séleucides de Syrie envoyèrent régulièrement des ambassadeurs à sa cour.

-3- Néanmoins, on se trouve là dans une position paradoxale : en effet il semble effectivement complètement acquis que l'expédition et la conquête alexandrine au Pendjab et dans le Sind accéléra la cristallisation étatique indienne dans l'est-gangétique (au Bihar et au Magadha).

Néanmoins il semble également que la littérature indienne et sanskrite de l'époque ne fasse pratiquement pas mention de cette intrusion ''occidentale'' dans les Indes : ne parlant, sauf très courtes allusions, ni d'Alexandre, ni de Démétrios, ni de Ménandre, ni d'aucun autre roi gréco-bactrien régnant - entre-180 et -30 - sur le Pendjab (où l'on trouve pourtant nombre de leurs pièces de monnaie, par centaines).

Lesquels souverains gréco-bactriens (puis indo-scythes ultérieurs) restèrent donc avant toute chose concentrés sur leurs territoires de l'Afghanistan oriental (i. e : l'ancien Kâpica - bassin de la rivière de Kaboul - et l'ancien Gandhara) et du Pendjab actuels.

En effet, les dominations gréco-bactriane (vers 300-100 avant notre ère) puis indo-scythe et philo-hellénique (vers 20-240 de notre ère) semblent alors s'être très étroitement limité au bassin de l'Indus comme en témoigne l'ère de diffusion de la sculpture gréco-bouddhique, confinée à l'ancien Gandhara (région de Peshawar), ainsi qu'à quelques districts du Pendjab occidental (région de Taxila) ou de l'Afghanistan oriental (comme le Kâpica, au nord de Kaboul).

Alors que - dans le bassin gangétique - nous nous appercevons que s'y ait développé (autour de Mathoura) - une école de sculpture indienne (indigène) absolument remarquable qui semble alors avoir délibérément choisi d'ignorer les canons artistiques de l'aire culture gréco-bouddhiste pour développer une esthétique purement locale, typiquement indienne.

Où il s'avère donc qu'apparaît le caractère presque extérieur du opendjab et du Sind par rapport à l'indianité alors en formation. Caractère qui s'accentura encore par la suite avec le remplacement au Pendjab des souverains gréco-bactriens par - à partir des années 30/130 de notre ère - des rois indo-scythes.

-4- Ainsi, on connaît les travaux et relations de voyage de l'historien ionien Mégasthènes (340-282 avant JC), envoyé en ambassade à Pataliputra (l'actuelle Patna, dans le Bihar), auprès du roi Chandragupta Maurya par Seleukos Nikator et qui resta une dizaine d'années en Inde.

Une relation de séjour relatée dans un ouvrage de quatre volumes nommé « Indika », qui a été perdu mais que l'on connaît par des passages auxquels font référence d'autres auteurs de l'Antiquité gréco-latine comme les historiens Arrien ou Diodore.

Ouvrage qui était, durant l'Antiquité, une source importante de connaissances concernant le monde indien. Ouvrage dans lequel Mégasthénès fait - par exemple - mention de la chaîne himalayenne, du Tibet et de Sri Lanka et décrit également les pratiques religieuses et le système des castes.

-5- Ainsi, il y eut également - au second siècle avant notre ère - le fameux roi Ménandre 1er (en sanskrit Milinda) : le plus remarquable de ces rois indo-grecs qui succédèrent (en Afghanistan, au Pakistan et en Inde du nord) à la dynastie gréco-bactrienne : conquérant, philosophe, mécène artistique.

Régnant de -165 à -135, on sait que ce souverain grec et aventurier des temps hellénistiques conduisit ses armées beaucoup plus à l'Est que ne l'avait fait Alexandre - conduisant d'épiques chevauchées à travers la vallée du Gange et l'Aoudh, jusqu'au royaume du Magadha (i. e : notre sud-Bihar) et qu'il établit sa capitale à Sagala (actuelle Sialkot, au Pendjab oriental, actuel Pakistan)

De même, on imagine qu'il se convertit très probablement au bouddhisme. En effet, l'ouvrage dénommé « Milindapañha » (récit de ses entretiens avec le moine bouddhiste Nagasena), est un des livres canoniques du bouddhisme. Et c'est ainsi qu'on retrouve le conquérant Ménandre dans la personnalité du roi ascète Milinda qui, au détour d'une conversation philosophique et érudite avec un moine bouddhiste, se laisse convaincre de l'inexistance et du caractère illusoire de la personnalité (et de l'intérêt d'adopter la doctrine bouddhiste).

Pareillement, on sait que ce roi Ménandre, roi grec des Indes, donna une toute première impulsion à l'art gréco-bouddhique, lequel connut son apogée sous la dynastie kouchane qui succéda par la suite aux rois indo-grecs.

-6- Dans cette Inde post-alexandrine se détache alors l'Etat hindou du Magadha (dont le noyau territorial correspond à l'actuel Etat hindou du Bihar) : pays de transition entre Gange moyen et Bengale, entre royaume du blé et royaume du riz, Etat heureusement situé pour exercer sur les Indes une forme d'hégémonie sur le bassin du Gange, voire de l'Indus et - ainsi - l'ensemble de l'Inde du nord.

Et c'est ainsi que les souverains du Magadha de la dynastie des Maurya dominèrent l'Inde presque entière à partir de leur capitale de Pâtaliputra (actuelle Patna), célébrée par les géographes alexandrins comme une des métropoles de l'Orient antique.

Des souverains et empereurs maurya qui - comme l'a vu précédemment - furent alors en rapports suivis avec les souverains hellénistiques. Le premier (Sandracottos comme l'appelaient les Grecs) (320-290) força les séleucides à lui reconnapitre la possession du Pendjab et du bassin du Caboul. Le second - son successeur Bindousara (295-275) - fut lui aussi en rapport d'ambassades avec la Cour d'Antioche. Et le troisième, Açoka (275-235) - converti au Bouddhisme - envoya vers l'Occident des missionnaires bouddhistes dans l'espoir de convertir le monde grec et hellénistiques au bouddhisme.

Une prédominance de l'Etat du Magadha que l'on retrouvera par la suite - mais après notre ère - avec l'avénement de la dynastie indienne des souverains Gupta (320-470) qui, autour de leur capitale (toujours Patna...) régnèrent sur un vaste empire panindien qui atteint son apogée vers +400 : englobant alors le bassin du Gange (Magadha, Bihar, etc), une bonne partie du centre de l'Inde (Malwa, Goudjerat, etc) ainsi qu'une bonne partie des côtes orientales du Dekkan (Orissa, Circars, Coromandel, etc).

Face à ces souverains véritablement indiens de l'Inde proprement dite (Maurya puis Gupta), on trouvait l'Inde ''extérieure'' des souverains gréco-bactriens (300-30 avant JC) puis indo-scythes (20-240 de notre ère) gouvernant l'Est de l'Afghanistan (anciens Kâpica - bassin de la vallée de la rivière de Kaboul - et Gandhara) et le Pendjab actuels.

Ronan Blaise
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- Sources : in « La face de l'Asie », un ouvrage de René Grousset et de George Deniker, ouvrage publié en 1955 disponible en format de poche - sous le n°8 - dans la collection « Petite bibliothèque Payot » (450 pages : ici, pages 146 et 148-149-150).
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Pour en savoir plus :

Alexandre le grand aux Indes, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_le_Grand#L.27Inde_et_la_fin_du_p.C3.A9riple

Le royaume indien du Magadha, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Magadha

La ville de Pataliputra (actuelle Patna) sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Patna

Le roi Chandragupta, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Chandragupta_Maurya

L'historien Mégasthénès, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9gasth%C3%A8nes

Le roi gréco-indien Ménandre 1er, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9nandre_Ier

Des romains aux Indes :

Posté le 01.06.2007 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est la photographie d'un Denier de Commode, empereur romain.

- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.

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- Des romains aux Indes :

Dès l'antiquité tardive, nous avons de sérieux témoignages de contacts commerciaux entretenus entre les Indes et le bassin méditarranéen par l'intermédiaire de la mer rouge et du golfe arabo-persique.

Ainsi les géographes alexandrins mentionnent - sur la côte de Malabar - les ports de Barbarikan (à l'ouest de l'embouchure de l'Indus), de Barygaza (dans le golfe de Cambaye), de Simulla (dans la baie de Bombay), de Mouziris (sur le site de l'actuelle Crannagore, entre les actuelles Calicut et Cochin) ou encore - sur la côte de Coromandel - le port de Podouké (près de l'actuelle Pondichéry).

Et nous savons que, dès l'époque d'Auguste, les commerçants romains venus d'Alexandrie (qui connaissaient le phénomène de la mousson) fréquentaient assidûment les côtes de Malabar et de Coromandel et les port de Mouziris ou Poduké où l'on a depuis lors retrouvé de nombreuses poteries d'Arezzo et de nombreuses monnaies romaines des époques impériales.

Cette ville de Mouziris est connue du monde méditerranéen depuis le temps des Phéniciens : une ville citée par Pline l'Ancien qui la décrit comme le ''primum emporium Indiæ'' (i. e : plus important port de commerce des Indes), qu'on atteint par le ''Periplus Maris Erythræi'' (voyage de la mer Rouge). Un port très actif pour les échanges commerciaux (en particulier les épices, le poivre notamment, mais aussi les perles, diamants et autres gemmes), ville présente sur la table de Peutinger.

Cependant, hormis un certain nombre de pièces romaines effectivement trouvées dans la zone, aucune fouille n'a permis d'y mettre en évidence des structures prouvant une implantation romaine vraiment pérenne sur la côte de Malabar, en particulier ce fameux temple dédié à Auguste indiqué par la table de Peutinger. Temple dont l'emplacement exact sera d'autant plus difficile à déterminer que la côte de Coromnadel a certainement connu de grandes transformations dues au travail des courants marins depuis 2000 ans.

Ainsi les historiens du monde romain Strabon (60-25) et Pline (27-79) nous relatent que les navires romains allaient chaque année chercher dans les Indes des perles , des pierres précieuses, de l'ivoire, des épices, de la cannelle, des tissus de luxe demandés à Rome comme à Alexandrie. Et qu'en échange de tout cela, les commerçants alexandrins laissaient annuellement dans l'Inde près de 50 millions de sesterces, assertions corroborées par le grand nombre de monnaie d'or romaines effectivement depuis lors découvertes au Dekkan.

Ronan Blaise
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- Sources : in « La face de l'Asie », un ouvrage de René Grousset et de George Deniker, ouvrage publié en 1955 disponible en format de poche - sous le n°8 - dans la collection « Petite bibliothèque Payot » (450 pages : ici, pages 229-230).
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Pour en savoir plus :

Le port de Muziris, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Muziris

Hyderabad, Etat (indépendant ?) des Indes

Posté le 01.06.2007 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est une carte de l'ancien Etat d'Hyderabad.

- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.

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- Hyderabad, Etat (indépendant ?) des Indes :

En 1947, au moment de l'indépendance des Indes, la principauté d'Hyderâbâd, était l'un des États princiers les plus importants et les plus riche du ''Raj'' britannique (comme le prouve sa salve de 21 coups de canons) : un Etat semi-indépendant d'environ 15 à 20 millions d'habitants et s'étendant sur environ 215 000 km², dont la capitale était alors l'une des quatre plus grandes villes de l'Inde et dont le souverain - le Nizâm - à l'apogée de la principauté (durant les années 1930), étant l'un des hommes le plus riches au monde (son palais employant quelques 11 000 domestiques).

Cette principauté d'Hyderâbâd avait été fondée à la fin du XVIe siècle (en 1586) par Muhammad Qulî Qutb Shâh (cinquième sultan de la dynastie des princes de Golkonde) : territoire conquis par la suite - en 1686-1687 - par l'empereur moghol Aurangzeb (alors en guerre dans le Deccan contre les Marathes et contre les sultanats chiites du Deccan).

Cependant, après la disparition d'Aurangzeb (en 1707), l'empire moghol ne tarda pas à s'affaiblir. Et, dans les années 1720 (ici, en 1724), Un haut-fonctionnaire moghol - le nizam-al-mulk Asaf Jah - défit le gouverneur moghol de ces provinces méridionales de l'empire, s'établit à leur tête et arracha son indépendance, se déclarant alors souverain d'Hyderâbâd (l'empereur moghol, affaibli et occupé à lutter contre les Marathes, ne pouvant alors s'y opposer...).

Voilà comment - dans les années 1720's, alors que l'empire des Grands Moghols se morcelait - un de leurs officiers rebelles fonda au Dekkan le royaume des Nizam d'Hyderabad, Etat destiné à durer jusqu'en 1948 : l'un des rares Etats musulmans nés - au XVIIIe siècle - du démembrement de l'empire moghol que les Anglais négligèrent alors d'annexer (et pour cause : l'Hyderabad avait été leur fidèle allié lors des guerres que les britanniques livrèrent par la suite au sultanat de Mysore et aux Etats marathes).

Ainsi, en 1947, quand l'Inde devint indépendante (le 15 août 1947), le Souverain (Nizâm) d'Hyderabad Fath Jang Mir Osman Ali Khan (1911-1950) - de religion musulmane - refusa tout d'abord d'intégrer sa principauté dans l'Union indienne : exigeant, bien que son territoire fût entièrement enclavé (mais cette posibilité ayant été prévue), la création d'un État séparé d'environ 20 millions d'habitants, en très forte majorité hindou (soit la situation inverse de celle du Cachemire...).

Les populations hindoues étant alors plutôt favorables au rattachement du sultanat d'Hyderabad à l'Union indienne (et le pouvoir central de New Delhi ne voulant absolument pas entendre parler d'un Etat musulman - peut-être faisant partie du nouveau Pakistan - enclavé dans le Dekkan) les autorités de l'Union indienne firent tout pour obtenir l'annexion du territoire.

C'est pourquoi, le sardar Vallabhbhai Patel - l'homme à poigne du gouvernement de New Delhi - fit alors envahir le sultanat d'Hyderabad par l'armée indienne ; le Dekkan étant vraiment beaucoup trop loin pour que l'armée du Pakistan naissante puisse vraiment intervenir. Après quatre jours de combats, le sultanat d'Hyderabad fut totalement occupée.

Ainsi, après une courte guerre d'à peine une semaine (du 13 au 17 septembre 1948), les troupes de l'armée indienne s'emparèrent de la principauté, incorporée dans l'Union indienne dès l'année suivante.

Par la suite (en novembre 1956), l'État d'Hyderâbâd allait être divisé suivant des considérations linguistiques : la région nord-est (région de langue télougou, comprenant la ville de Hyderâbâd), devenant une partie de l'État de l'Andhra Pradesh, la région occidentale (région de langue kannada) formant partie du Karnataka et, au nord-ouest, le Marathwada (région de langue marathe), intégrant alors l'Etat de Bombay et formant ainsi l'Etat du Maharashtra.

Reste qu'on pourrait longtemps s'interroger sur le devenir des Indes si l'ensemble des principautés du ''Raj'' britannique avaient - en 1947-1948 - décidées, à l'exemple du sultanat d'Hyderabad (soit 20 millions d'habitants répartis sur 215 000 km²), de faire bande à part en refusant de rejoindre l'Union indienne et en se constituant en Etats souverains pleinement indépendants.

Ronan Blaise
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- Sources : in « La face de l'Asie », un ouvrage de René Grousset et de George Deniker, ouvrage publié en 1955 disponible en format de poche - sous le n°8 - dans la collection « Petite bibliothèque Payot » (450 pages : ici, pages 164-165).
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Pour en savoir plus :

Le sultanat d'Hyderabad, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hyder%C3%A2b%C3%A2d_%28Inde%29

Les Etats princiers des Indes, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tats_princiers_des_Indes

- par ordre alphabétique :
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C389tats_princiers_des_Indes_par_ordre_alphab%C3%A9tique

- par religion :
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tats_princiers_des_Indes_par_religion

- par nombre de coups de canon (i. e : préséance) :
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tats_princiers_des_Indes_par_nombre_de_coups_de_canon

« Cette nuit la liberté » (Lapierre & Collins)

Posté le 31.05.2007 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est la couverture de l'ouvrage dont il est question ci-dessous.
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- « Cette nuit la Liberté » (Dominique Lapierre et Larry Collins) :

Ce roman des journalistes Dominique Lapierre et Larry Collins est un véritable petit chef-d'oeuvre pour comprendre l'histoire de l'Inde et sa marche vers l'indépendance, dans le sillage d'un grand personnage historique au coeur de ce récit : le mahatma Gandhi.

Un document très riche en information, un authentique travail journalistique de longue haleine, un véritable manuel d'Histoire dîgne de ce nom pour décrire une page d'Histoire contemporaine méconnue. A lire, surtout pour tous les amateurs d'histoire.

Ronan Blaise
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- Quatrième de couverture :

Les Indes. Août 1947 : les derniers jours du plus grand rêve impérial de tous les temps : l'Empire britannique des Indes. Les personnages de Kipling, les lanciers du Bengale, les chasseurs de tigres, les féroces guerriers pathans de la frontière indo-afghane. Les clubs « pour blancs seulement ».

Les Indes. Quatre cent millions d'hommes fous de Dieu arrachant leur liberté un jour maudit par les astres. Gandhi, un prophète à demi-nu qui rassemble un continent et chasse l'Angleterre en refusant de s'alimenter et de parler. Les maharadjas avec leurs troupeaux d'éléphants caparaçonnés d'or et leurs harems des Mille et une Nuits. Louis Mountbatten, le superbe et glorieux amiral envoyé aux Indes pour liquider le joyau de la couronne de son arrière-grand-mère l'impératrice Victoria. Son épouse Edwina, la vice-reine que des millions d'Indiens reconnaissants voudront empêcher de partir. Nehru, le séduisant leader à la rose, accablé par l'apocalypse de la Partition. Jinnah, l'inflexible musulman qui arrache le « rêve impossible » du Pakistan. Les Indes d'août 1947 : une grande, une formidable épopée.

Les Indes. Des cimes de la légendaire passe de Khyber aux bûchers de la ville sainte de Bénarès, des plantations de thé d'Assam aux plaînes brûlantes du Deccan, des luxueuses villas de Malabar Hill de Bombay aux bidonvilles bouillonant de violence de Calcutta, du cabinet mabrissé du roi George VI aux bazars plein d'armes de Poona, du mystérieux refuge des assassins de Gandhi aux chemins du plus grand exode de l'Histoire, c'est une prodigieuse page d'histoire bourrée d'exotisme, d'amour et de révélations que raconte « Cette nuit la Liberté ».
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Références : « Cette nuit la liberté », un ouvrage de Dominique Lapierre et Larry Collins publié, en 1975, aux éditions Robert Laffont ; document également disponible en format de poche au numéro 4941 (735 pages).
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Pour en savoir plus :

Le mahatma Gandhi, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mohandas_Karamchand_Gandhi

Gandhi (Richard Attenborough)

Posté le 31.05.2007 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est l'affiche du film dont il est question ci-dessous.
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- Gandhi (Richard Attenborough) :

S'inspirant très largement du roman « Cette nuit la Liberté » des journalistes Dominique Lapierre et Larry Collins, ce grand film aux 9 oscars de Richard Attenborough est une reconstitution historique à grand spectacle de la vie de celui que l'on surnomma le "mahatma" : Gandhi.

Une carrière au service des plus humbles qu'il commença comme avocat, en Afrique du Sud, où il défendra les droits de la minorité indienne, ce qui aura - pour la suite, un grand retentissement dans son pays : l'Inde, alors colonie britannique.

Personnage d'un grand charisme entièrement voué à la lutte pour l'indépendance de son pays, plus tard - dans ses luttes contre les Anglais - Gandhi prônera toujours la non-violence, usant essentiellement de l'arme de la grêve de la faim mais n'hésitant pas à défendre les minorités non-hindouïstes du pays, musulmans en tête.

Ce qui lui vaudra néanmoins, au moment de la partition de l'Empire des Indes, d'être assassiné - en 1948 - par un militant nationaliste hindou extrémiste : spectaculaires images d'ouverture du film.

Ronan Blaise
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Références : « Gandhi », un film de Richard Attenborough (1982, 189 min.) avec Ben Kingsley (le mahatma Gandhi), Peter Harlowe (Lord Louis Mountbatten), Roshan Seth (le pandit Jawaharlal Nehru), Saeed Jaffrey (le sardar Vallabhbhai Patel), Alyque Padamsee (Muhammad Ali Jinnah) et Harsh Nayyar (Nathuram Gopal Godse), etc.
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Pour en savoir plus :

Le mahatma Gandhi, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mohandas_Karamchand_Gandhi

Le film de Richard Attenborough, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gandhi_%28film%29
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