Chine
Publié le 11/06/2007 à 12:00 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est la couverture de l'ouvrage dont il est question ci-dessous.
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- « De Rome à la Chine. Sur les routes de la soie au temps des Césars. » (Jean-Noël Robert) :
Les annales chinoises du « Heou Han Chéou » en font foi :
« en la neuvième année de la période Yên-Hi (i. e : en l'an 166 de notre ère), sous le règne de l'empereur Houan'ti, à cette époque, An-toun (i. e : notre Marc-Aurèle), souverain du Ta-Tsin (i. e : Empire de Rome), envoya des ambassadeurs au Fils du ciel, lesquels arrivèrent par le Fou-nam et le Champa (i. e : le Cambodge et l'Annam), après avoir fait le grand tour. Ils offrirent à l'empereur des défenses d'éléphant, des cornes de rhinocéros et des écailles de tortue. Alors commencèrent les relations directes avec cette contrée ».
Sans doute s'agissait-il là davantage de marchands s'étant autoproclamés ambassadeurs pour ainsi mieux servir leurs projets de transactions commerciales mais il n'empêche : à la faveur de la paix universelle qui s'instaurait alors comme par miracle entre les grands empires du monde antique (Empire de Rome, Parthie arsacides, Indo-scythes kouchans, Hindous Maurya et Chine des Tsin) il y eut bien des contacts commerciaux et politiques entre l'extrême-occidental Empire de Ta-tsin (Empire de Rome) et l'extrême orientale Sérique (i. e : la Chine), pays de la soie et de la canne à sucre.
Ces contacts furent l'oeuvre de marins expérimentés et de marchands téméraires qui bravèrent les tempêtes, les monstres marins et les pirates de la mer persique et de la mer erythrée pour rejoindre la côte des aromates, les pays de Saba et de Pount (pays des somalis), les Dioscorides (Socotra), Taprobane et l'empire du bout du monde pour en commercialiser les richesses. Cette aventure humaine, cet ouvrage en relate les péripéties.
Ronan Blaise
Nb : Et juste préciser que d'autres contacts entre Rome et la Chine auraient très bien pu avoir lieu, notamment via l'Asie centrale, par l'intermédiaire de légionnaires romains faits prisonniers par les Parthes lors de la fameuse bataille de Carrhae (53 avant JC) que les Parthes auraient par la suite déportés en Transoxiane (actuel Ouzbékistan), zone de contact entre monde chinois et monde iranien.
C'est la thèse en tout cas développée, à partir de 1955, par l'historien américain Homer Hasenbflug Dubs pour expliquer l'origine visiblement européenne de certaines populations du Gansu, district de Yongchang (province de l'Ouest chinois, aux frontières de la Chine avec l'Asie centrale et la Mongolie).
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- Quatrième de couverture :
« Après un voyage périlleux, exténuant, des citoyens romains arrivèrent en Chine, en l’an 166 de notre ère, et furent reçus par l’empereur des Han dans sa capitale, Xian. C’était le terme d’un périple extraordinaire durant lequel, d’Alexandrie en Inde, à travers le golfe du Bengale jusqu’à la péninsule malaise et aux côtes d’Annam, ils durent affronter tous les dangers pour parvenir jusqu’aux fabuleuses richesses de la Chine.
Jean-Noël Robert ne nous fait pas seulement partager, avec une exceptionnelle puissance d’évocation, cette aventure hors du commun. Il nous montre aussi quelle était l’image de la Chine dans la Rome impériale, quels furent les points de rencontre des cultures romaines et chinoises, et leurs influences réciproques : c’est une des pages les plus méconnues et les plus étonnantes de l’histoire du monde qui revit ici. »
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- Références : « De Rome à la Chine. Sur les routes de la soie au temps des Césars. », un ouvrage de Jean-Noël Robert publié en 1997 (390 pages) aux éditions « Les Belles Lettres »
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Publié le 09/06/2007 à 12:00 par quelqueshistoires
-Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est un miniature représentant marco Polo en audience à la cour du grand khan.
- Sources : Ce visuel d'ouverture est tiré du site « Chine-informations.com » (http://www.chine-informations.com/mods/dossiers/marco-polo_1342.html).
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- Marco Polo, un Occidental en Orient...
On a tous entendu parler du fameux marchand vénitien Marco Polo, l’un des tous premiers occidentaux à avoir (dans le dernier quart du XIIIe siècle, entre 1274 et 1291) séjourné en Chine.
L’un des premiers en effet mais sans doute pas le tout premier : comme en témoignent les fameux récits de voyages en Orient des franciscains (italien et flamand) Jean de Plan Carpin (vers 1245-1247) et Guillaume de Rubrouck (vers 1253-1254), envoyés spéciaux et ambassadeurs du Pape Innocent IV et du Roi de France Louis IX (notre Saint-Louis) à la cour des grands khans mongols Güyük et Mongku, à Karakorum.
-I- Ainsi, avant Marco Polo, il y avait également eu le franciscain italien
Jean de Plan Carpin (Giovanni dal Piano dei Carpini, ou Plano Cerpini), évêque de Dalmatie et Légat du pape Innocent IV envoyé en mission en Mongolie (en 1245-1247) pour tenter d’y convertir au christianisme les Mongols. Et pour nouer avec eux une alliance de revers contre les musulmans, dans l’hypothèse d’une éventuelle future nouvelle croisade menée à leurs côtés.
Partis de Lyon vers l'Orient, Plan Carpin était porteurs de lettres réprouvant les massacres et les destructions des Mongols et invitant leurs chefs à rentrer dans le droit chemin. Ayant atteint Karakorum, capitale de l’Empire mongol, en juillet 1246, Jean de Plan Carpin rencontrera
le Grand Khan Güyük, lui proposant alors de se convertir au christianisme (ce qu’il refusera), le grand khan s'en montrant même fort irrité : répondant alors au pape Innocent IV qu'il n'avait pas précisément l'intention de se soumettre à une quelconque autorité temporelle ou spirituelle que ce soit. (Tout au plus voulait-il bien reconnaître le chef des chrétiens comme son vassal...).
Si la mission de Plan Carpin aura effectivement été impuissante à convaincre les Mongols de s’allier avec les Croisés, elle reste néanmoins importante dans l’histoire, ne serait-ce que pour le récit de voyage qu’en rapporta Plan Carpin : une ample description des coutumes, de la géographie, de l’histoire et des figures marquantes du peuple mongol. De même, c’est Jean de Plan Carpin qui rapporta en Occident les premières informations sur le Tibet, dont la coutume de manger les défunts (ex : rituel des funérailles célestes).
-II- Pendant ce temps, une mission identique - conduite par un certain
Ascelin – était menée auprès du chef des armées mongoles en Perse,
Baïju. Lequel remit au dominicain une lettre qui évoquait la possibilité d'une alliance entre les Francs et les Mongols. Ce à quoi Innocent IV répondit (en novembre 1245) avec empressement...
Quelques mois plus tard,
Altigidaï, commissaire mongol en Transcaucasie, proposa à Louis IX (alors installé à Chypre, d'où il dirigeait la septième croisade) une action militaire commune selon laquelle les armées franques devaient retenir le Sultan du Caire au sud, tandis que les Mongols attaqueraient le califat de Bagdad au nord...
-III- À la suite de ces premiers contacts avec les mongols, Saint-Louis avait également envoyé en Mongolie (en 1249), une délégation conduite par le dominicain
André de Longjumeau. Mais cette ambassade était moins encourageante que les contacts antérieurs : la cour de Karakorum y ayant répondu par des déclarations hautaines les accompagnaient et une invitation pour Saint-Louis à se considérer comme leur vassal.
-IV- Malgré tout Saint-Louis décida d'envoyer en Mongolie une nouvelle ambassade, spéculant sur le fait que nombre d’aristocrates mongols étaient chrétiens (nestoriens), comme si toute l'aristocratie de l’empire des steppes était alors près de basculer du coté du Christianisme...
Cette nouvelle ambassade fut conduite par le franciscain flamand
Guillaume de Rubrouck (ou de Rubroeck) qui se rendit en Mongolie (et à Karakorum) en 1253-1254 - à peine dix ans après Plan Carpin - pour tenter d’y évangéliser les Mongols : sa longue lettre au roi de France Saint-Louis, relatant son voyage dans l'Empire mongol, est pour nous une source essentielle sur l’empire des mongols au XIIIe siècle.
Frère Guillaume de Rubrouck (du nom d'un village des Flandres françaises) quitte Constantinople en mai 1253 et gagne la Mongolie via les steppes du sud de la Russie et la Volga jusqu’à Karakoroum, au nord du désert de Gobi, où ils arrivent en avril 1254.
Ces rencontres avec
le grand Khan Mongku permirent aux Chrétiens de s’affirmer à la cour où Mongku décida d’organiser une controverse entre musulmans, idolâtres, bouddhistes et catholiques durant laquelle les Nestoriens chargeront Rubrouck de parler à leur place. Finalement, c’est le grand khan Mongku qui allait clore le débat et signifier aux deux religieux qu’il est temps pour eux de repartir, leur demande de transmettre ses paroles et ses lettres en Occident..
Quant à la réponse du grand khan Mongku, elle fut assez décevante, le roi de France étant tout simplement invité à lui faire acte de soumission et de vassalité. C’est ainsi que l’alliance si souvent discutée et espérée entre les Chrétiens d’Occident et les Mongols ne fut cependant pas conclue, alors même que les Mongols du général Hülegü prenaient la ville de Damas...
-IV- Et, ensuite, il y eut bien
Marco Polo (1254-1324) : célèbre marchand vénitien qui partit en Asie vers 1270 et (après un long voyage via Jérusalem, Meshed, le Pamir, le Singkiang et la Mongolie intérieure) séjourna pendant dix-sept ans (en 1274-1291) à la cour du
Grand Khan mongol Kūbilaï Khan.
Grand khan dont Marco Polo devint alors l’un des haut-fonctionnaire de la cour (et référencé comme tel - Po-lo - par les archives impériales), chargé de missions tant en Chine que dans divers pays de l'océan Indien, avant de revenir en Occident (via l’Insulinde, l’océan Indien jusqu'à Ormuz, l'Iran jusqu'à Tabriz, et - de là - Trébizonde, Constantinople et la Grèce) et d’y écrire une description des États de Kūbilaï (« Livre des merveilles » ou « Livre de Marco Polo », 1298) : ouvrage qui nous apporte une première documentation, tant géographique qu'ethnographique, des pays et peuples de l’Asie orientale.
En tout cas, en hommage à leur plus célèbre concitoyen, les Vénitiens ont baptisé de son nom leur aéroport international. Et juste préciser que les billets italiens de 1000 lires ont également longtemps porté son effigie.
(Et juste noter qu’avant même ce voyage de 1270, ses parents, père et oncle -
Nicolo et Matteo Polo - avaient déjà fait un premier voyage vers l’empire mongol : via Constantinople, la Crimée (où résidait déjà l’un de leurs frères) puis la Volga, Boukhara (alors capitale de l’Asie centrale mongol) et Chang-tou, résidence d'été du grand khan en Mongolie, où le grand khan leur avait confié une mission de bons offices auprès du Saint-Siège...).
-V- Quant aux contacts entre l’Empire mongol et la Chrétienté d’Occident, ils allaient se poursuivre notamment en la personne des moines nestoriens
Marcos et Cauma (l’un d’entre eux deviendra Patriarche de Bagdad, l’autre sera reçu en audience par le roi Philippe IV le bel et le pape Nicolas IV en 1287-1288), Mgr Jean de Montecorvino (premier archevêque de Pékin-Khambalic) ou encore le voyageur
Odoric de Pordenone (qui resta près de quatorze ans en Chine, au début du XIVe siècle).
Par ailleurs le khan de perse, l’Ilkhan Arghoun cherchera à trouver des alliés en Europe contre les Mamelouks et les Kiptchak, mais ni le pape Honoré IV, ni le roi d’Angleterre Edouard 1er ni le roi de France Philippe le Bel ne répondirent positivement à ses offres d’alliance, malgré l’envoi en Occident (en 1289-1290) de l’ambassade du moine ouïgour Rabban Sauma, porteur d’une missive dont on a un exemplaire aux archives nationales de Paris.
Ronan Blaise
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- Pour en savoir plus :
Marco Polo, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marco_Polo
Guillaume de Rubrouck, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_de_Rubrouck
Jean de Plan Carpin, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_de_Plan_Carpin
Publié le 09/06/2007 à 12:00 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est une représentation humoristique de l'empereur de Chine en costume impérial.
- Sources : Ce visuel est tiré du site de l'agence de presse Chien nouvelle (www.chine-nouvelle.com/.../huangdi.jpg).
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- Un ’’fils du ciel’’ chrétien ?
L’Histoire l’a depuis longtemps oublié,
Hong siou-ts'iuan (Hong Xiuquan), ce chinois d’origine modeste et fils de petits cultivateurs issus de la minorité Hakka (un être maladif et illuminé bientôt devenu fou après avoir échoué dans les concours d’entrée du mandarinat...) qui, en 1851, se fit alors proclamer ’’Fils du ciel’’ d’une nouvelle
dynastie « Taï-ping » (i. e : «Paix suprême ») ou et qui - dans les
années 1850-1865 - dirigea une grande révolte populaire contre les autorités mandchoues de Pékin.
Un ’’Fils du ciel’’ atypique non pas seulement parce qu’il souhaitait alors remplacer les empereurs mandchous T’sing (chose classique...) et prétendait vouloir restaurer à son profit la dynastie ’’nationale’’ des Ming (renversée, en 1644, par le chef mandchou Nouratchi)...
Mais surtout parce qu’ayant reçu une initiation superficielle au christianisme par quelques missionnaires protestants, il avait alors l’ambition de lui substituer une monarchie chrétienne dans laquelle il se proclamait lui-même frère cadet de Jésus, se donnant pour mission de christianiser la Chine prolonger son évangélisation du monde, rassemblant bientôt autour de lui de nombreux adeptes assoiffés de justice sociale dans cette Chine corrompue de la fin du XIXe siècle.
Ainsi ces « Révoltés aux longs cheveux », profitant de l'affaiblissement de l'Empire chinois alors aux prises avec les armées occidentales, s'insurgèrent en masse pour essayer de renverser la dynastie mandchoue et devinrent, dans les années 1851-1864,
maîtres d'une grande partie de la Chine dans le sud du pays et tout autour du ’’fleuve bleu’’ Yang-Tse-Kiang : ayant pris Hankéou et Nankin (dont ils avaient fait leur capitale, en mars 1853) et menaçant Tientsin et Shanghaï.
Si bien qu’il fallut alors, sympathie chrétienne finalement mise à part, soliciter l’intervention des puissances européennes (i. e : « l'Armée toujours victorieuse » formée depuis la colonie de Shanghaï et alors dirigée par Charles Gordon) pour sauver la dynastie T’sing (qui semblait alors perdue...) et rapidement réduire les rebelles. Ce qui fut fait au printemps 1864, après onze ans de révolte (et au prix de près d'environ cinquante millions de mort), avec la reprise de Nankin par les troupes régulières chinoises récemment réorganisées par le colonel Charles Gordon.
Quant à
Hong siou-ts'iuan, « l'Empereur de la Grande Joie Céleste » aliéné mental, on sait qu’il s’était suicidé par le poison avant l’assaut final des forces impériales contre Nankin, s'empoisonnant en buvant des feuilles d'or dissoutes dans du thé. L’un de ses seconds se réfugiant au Tonkin où, par la suite, il allait devenir le chefs des fameux pavillons noirs : ces fameux ’’pirates tonkinois’’ qui par la suite – dans les années 1880 - s’opposèrent alors à la conquête coloniale française.
NB : Bien entendu, on pourrait ici rappeler que les souverains sino-mongols de la dynastie Yuan des XIIIe et XIVe siècles - le fameux grand khan Kubilaï Khan en tête - avaient également fait preuve de beaucoup de sympathie et de beaucoup de tolérance à l'égard du christianisme (notamment à l'égard des nestoriens). Mais sans manifester, cepandant, à ce point d'adhésion pour cette religion, comme ce fut ici le cas pour l'empereur rebelle Hong siou-ts'iuan des années 1850-1860.
D'après le « Guinness Book of records » cette révolte des Taipings (1851-1864) aurait d'ailleurs été la guerre civile la plus sanglante de l'Histoire, avec 20 à 50 millions de morts.
Ronan Blaise
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- Sources : « La face de l’Asie », un ouvrage de René Grousset et George Deniker publié en 1955 aux éditions Payot, ouvrage disponible en livre de poche aux éditions Payot (450 pages, ici pages 307 à 312).
« La Chine de Tseu-Hi à Mao, le plus grand drame du monde », un ouvrage de Lucien Bodard publié en 1968 aux éditions Gallimard (340 pages, ici pages 38 à 47).
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Publié le 09/06/2007 à 12:00 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est une miniature représentant le grand Khan Gengis Khan.
- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.
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- Gengis Khan, l’Empereur aux 16 millions de descendants :
Une récente enquête de l’université d’Oxford, Royaume-Uni, a révélé que près de seize millions des hommes vivant aujourd'hui sur le continent asiatique auraient un même ancêtre mâle. Enquête selon laquelle cet aïeul commun ne serait autre que le grand empereur mongol Gengis Khan (1167-1227) ou l’un de ses proches parents ayant vécu il y a désormais près de mille ans.
Au cours du XIIIe siècle, l’empire mongol s’étendit de l’océan pacifique et de la Chine jusqu’à la mer Caspienne et jusqu’aux steppes du sud de la Russie. Et sept cent ans plus tard, cette conquête serait encore visible dans le bagage génétique des populations asiatiques de se mâle. En effet, environ 10% des hommes vivant aujourd’hui en Chine, au Pakistan, en Ouzbékistan et en Mongolie (soit une partie importante de l’ancien empire mongol) présenteraient plusieurs traits identiques sur le chromosome Y (masculin).
Ces caractéristiques étant transmises sans modification chez les garçons au fil des générations, les chercheurs ayant mené cette enquête s’estiment en droit d’affirmer qu’elles proviennent d’un unique individu. Qui serait donc Gengis Khan, lui-même.
Faute de pouvoir le prouver (en effet, on ignore complètement où Gengis Khan a été inhumé, en secret... et on ignore où se situe son tombeau), pour étayer leur hypothèse les généticiens en sont réduits à des arguments historiques. En effet Gengis Khan avait un harem. Au terme de ses combats victorieux, il voulait toujours qu’on lui livre les plus belles femmes. Et ses fils n’en n’étaient pas en reste. Or il avait eu quarante fils... Et, pareillement, son petit-fils Kubilaï Khan, qui régna sur la Chine, eut lui aussi de nombreuses concubines et 22 fils légitimes. Et chaque année, il ajoutait trente nouvelles vierges à son harem.
Ce qui rend plus que plausible cette hypothèse d’un Gengis Khan aux seize millions de descendants... (dont les rejetons pourraient être beaucoup plus nombreux si seulement on pouvait – dans cette progéniture prolifique - avoir une petite idée quantitative de sa descendance féminine...
Ronan Blaise
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Pour en savoir plus :
Le grand khan Gengis Khan, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gengis_khan
Publié le 21/05/2007 à 12:00 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est une gravure représentant le samouraï japonais Musashi Miyamoto.
- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.
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- Le mythe japonais de Gengis Khan :
Si l'on veut comprendre quelque chose aux relations complexes qui existent aujourd'hui encore entre Japonais et Chinois ou Mongols, ces deux peuples impériaux de l'Asie orientale, il faut savoir que les noms de Temüjin et de Gengis Khan ont, aujourd'hui encore, des résonances particulières dans l'esprit des Japonais.
En effet, en 1189, à l'époque même de l'affrimation du pouvoir du fameux chef mongol (devenu chef suprême des mongols en 1206) le célèbre guerrier japonais
Minamoto no Yoshistune - fameux héros populaire du récit épique des ''Dits des Heike'' - meurt obscurément dans une province du nord du Japon précisément au moment où se lève en Asie centrale l'étoile de Temüjin.
Nb : Minamoto no Yoshitsune, personnage célèbre de la ligné princière et shogunale des Minamoto (ancêtres des futures lignés shogunales des Ashikaga et des Tokugawa) qui s'est, notamment, illustré dans la guerre qui a opposé pour le pouvoir shogunal- à la fin du XIIe siècle - les princes Minamoto aux princes Taira.
Mais, très vite, la légende allait s'emparer de lui. En effet, loin d'être mort, il serait alors passé en Sibérie avant de gagner les hauts-plateaux mongols et de s'y métamorphoser en...
Gengis Khan. Une assimilation où le héros mythique (japonais) se transforme en personnage historique (mongol). Un récit semi-mythologique qui atteste - en tout cas - du pouvoir de l'imaginaire sur les mentalités (sinon sur la réalité...) et qui nous éclaire là sur
l'un des mythes fondateurs du nationalisme japonais.
En effet, on se souviendra que - dans les années 1930's - le mythe de la ''transformation'' du samouraï Miyamoto no Yushitsune en Gengis Khan le conquérant fut alors une façon comme une autre - pour les extrémistes du nationalisme japonais - de s'approprier ainsi la ''gloire'' du célèbre conquérant mongol d'autrefois et d'ainsi mieux s'appuyer sur ce ''précédant historique'' pour asseoir leurs revendications territoriales en extrême orient et en Asie continentale (en Corée, Mandchourie, Chine, Mongolie, etc).
Ronan Blaise
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- Sources : « La face de l’Asie », un ouvrage de René Grousset et George Deniker publié en 1955 aux éditions Payot, ouvrage disponible en livre de poche aux éditions Payot (450 pages, ici pages 333 à 336).
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Pour en savoir plus :
Le grand Khan mongol Gengis Khan, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gengis_Khan
Publié le 21/05/2007 à 12:00 par quelqueshistoires
- Illustration : La visuel d'ouverture de cet article est la couverture de l'ouvrage dont il est question ci-dessous.
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- « Le Loup bleu / Le Roman de Gengis Khan » (Yasushi Inoué) :
L'année 2006 aura vu la célébration (discrète) du millénaire de la naissance du peuple mongol, avec - mille ans plus tôt - l'avénement au rang de ''souverain universel'' (i. e : ''Gengis Khan'') du jeune chef Temüjin, fils du chef Yesugeï, du clan mongol des Borjigin.
Et ce roman de l'auteur japonais Yasushi Inoué nous relate ici l'ascension fulgurante, les chevauchées sans fin et le destin extraordinaire de ce souverain et conquérant mongol que la légende dit descendre d'un loup bleu et d'une biche blanche, les deux animaux totémiques de ce grand peuple de la steppe qui su conquérir le plus grand empire de l'Histoire.
Ronan Blaise
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- Quatrième de couverture :
« Gengis Khan (1167-1227) - le "conquérant du monde", selon ses chroniqueurs - avait formé un empire démesuré allant de Pékin à la Volga. Yasushi Inoue raconte l'épopée de ces fils du "loup bleu et de la biche fauve", les chevauchées triomphantes, les butins fabuleux et les carnages qui entraînèrent les hordes mongoles en terre d'Islam et, au-delà de la Grande Muraille, dans la mythique Chine.
Mais, de bataille en bataille, c'est à la découverte d'un homme énigmatique que nous convie l'écrivain : à partir des chroniques de l'Histoire secrète des Mongols, il reconstitue peu à peu le mystère de la vie de celui qui n'eut de cesse de devenir le légendaire "Loup bleu". »
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Références : « Le Loup bleu / Le Roman de Gengis Khan », un roman du romancier japonais Yasushi Inoué ; document publié (en 1990) aux éditions ''Philippe Picquier'' et disponible en format de poche (280 pages).
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Pour en savoir plus :
Le grand Khan mongol Gengis Khan, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gengis_Khan
L'Empire mongol, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_mongol
Une chronologie des conquêtes mongoles, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Conqu%C3%AAtes_mongoles
L'oeuvre de Yasushi Inoué, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Yasushi_Inoue
Publié le 21/05/2007 à 12:00 par quelqueshistoires
- Illustration : La visuel d'ouverture de cet article est la couverture de l'ouvrage dont il est question ci-dessous.
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- « Vents et vagues / Le Roman de Kubilaï Khan » (Yasushi Inoué) :
Dans ce roman le grand romancier japonais Yasushi Inoué nous raconte comment la petite Corée médiévale a, au XIIIe siècle de l'ère chrétienne, servi de tête de pont aux forces du grand Kubilaï Khan - l'Empereur mongol triomphant - dans son projet d'invasion du Japon.
Une Corée - pressurée, écrasée, opprimée : exsangue - qui doit pourtant fournir des hommes et des navires au Grand Khan afin de continuer à bénéficier de la ''bienveillance'' de ce dernier et espérer pouvoir conserver une indépendance alors toute relative...
Un Japon qui alors - en 1274 puis 1281 - découvre la menace de l'ordre autoritaire ''sino-continental'' alors incarné par les mabitions impérialistes du souverain mongol ainsi que les grandes vertus des ''kamikazes'' (tempêtes providentielles qui sauvèrent alors l'archipel nippon de l'invasion).
Et tout le talent de l'auteur (ici japonais) consiste à bien nous faire comprendre - par Corée interposée - à quel point aurait été bien lourd le joug sino-mongol s'il avait vraiment réussi à s'imposer sur le pays de Yamato.
Ronan Blaise
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- Quatrième de couverture :
« Kubilai (1215-1294), grand Khan des Mongols, petit-fils de Gengis Khan, empereur fondateur de la dynastie mongole de Chine, réalisa le rêve que son aïeul, avant lui, n'eut pas le temps d'accomplir : la conquête de la mythique Chine avec les fils du ''loup bleu et de la biche fauve''. Connu des Européens grâce aux récits de Marco Polo, son nom évoque, pour les Japonais, le fameux épisode des ''kamikaze'' ou ''vents divins'' qui protégèrent leur pays de l'invasion mongole.
C'est cette conquête du Japon, vue du côté coréen, que nous raconte Inoué, tandis que se dessine peu à peu la personnalité fascinante de Kubilai : monarque bienveillant et débonnaire, habile diplomate, oppresseur cruel et sans pitié ? Les événements, décrits dans un ordre rigoureusement chronologique, sont entrecoupés par les interminables chevauchées des émissaires coréens et mongols. Par petites touches poétiques ou émouvantes, l'auteur nous dépeint l'Asie cruelle du XIIIe siècle et la beauté des paysages et des saisons.
Le lecteur songera longtemps à l'ombre envoûtante de Kubilai, au roi Wonjong rendu muet par l'horreur des épreuves imposées à son pays, ou regard glacial du cruel général Hong Tagu, alter ego machiavélique de l'empereur mongol »
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Références : « Vent et vagues / le roman de Kubilaï Khan », un roman du romancier japonais Yasushi Inoué ; document publié (en 1993) aux éditions ''Philippe Picquier'' et disponible en format de poche (290 pages).
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Pour en savoir plus :
Le grand Khan mongol Kubilai Khan, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Kubila%C3%AF_Khan
Les tentatives d'invasions mongoles du Japon de la fin du XIIIe siècle, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Invasions_mongoles_du_Japon
L'oeuvre de Yasushi Inoué, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Yasushi_Inoue
Publié le 08/05/2007 à 12:00 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est la couverture de l'ouvrage dot il est question ci-dessous.
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- « Opération Dragon Fire » (Humphrey Hawksley) :
Cet ouvrage est un magistral récit de politique fiction nous racontant, sur un mode journalistique rythmé, le déroulement d'un affrontement militaire (conventionnel puis nucléaire...) censé se dérouler au tout début du XXIe siècle entre les nouvelles grandes puissances émergentes de l'Asie : Chine, Inde et Pakistan.
Tout commence au Tibet, territoire autrefois autonome envahi par les troupes communistes chinoises en octobre 1950 et où l'actuel régime de Pékin mène - depuis lors - une politique de colonisation et de répression sans concession. Poussant le dalaï-lama - leader temporel du Tibet et chef spirituel des Bouddhistes tibétains - à partir en exil, en Inde (à Dharamsala, petite station d'altitude nichée dans les contreforts himalayens du nord du pays).
Aujourd'hui la communauté internationale et l'Occident perçoivent très favorablement les aspirations tibétaines à l'indépendance tout en reconnaissant la souveraineté et le contrôle exercés par la Chine sur le Tibet. Et les récentes campagnes de non-violence organisées par les autorités tibétaines en exil n'ont finalement pas permis de libérer le pays de la tutelle chinoise.
C'est pourquoi, aujourd'hui, nombre de jeunes Tibétains, déçus et frustrés, prônent désormais le recours à la résistance et à la lutte armée contre le joug chinois. Et rares, en Occident, sont ceux qui savent qu'il existe - au sein de l'armée indienne - une unité de commandos tibétains formée spécialement pour intervenir au Tibet, derrière les lignes chinoises. Son nom : la « Special Frontier Force » (SFF).
Or, le 3 mai 2007, un commando de la « Special Frontier Force » organise un raid aérien sur Lhassa pour libérer un moine emprisonné à la prison de haute sécurité de Drapchi. Un assaut qui déclenche alors un soulèvement général des populations tibétaines contre les autorités de Pékin.
Accusant alors le gouvernement de Delhi de complicité, la Chine envahit l'Inde. Et l'armée pakistanaise, après avoir renversé le gouvernement de son propre pays, attaque le Cachemire. L'escalade militaire est enclenchée. Les trois grandes puissances militaires d'Asie fourbissent leurs armes. Les chancelleries occidentales (notamment britanniques et américianes) s'efforceront alors vainement d'enrayer la crise. Mais le conflit ne cesse alors de s'envenimer... jusqu'à ce qu'aux forces conventionnelles succèdent le feu des armes atomiques.
Et lorsque la Chine lance l'opération « Dragon Fire », le feu nucléaire du dragon chinois se déchaîne sur Bombay, puis sur Delhi, mettant alors le sous-continent indien à genoux. Ainsi le 8 mai 2007, après à peine une semaine de guerre, l'holocauste nucléaire a balayé la région. Victorieuse, Pékin déclare un cessez-le-feu et retrouvera sa place dans le concert des nations après une brève période de quarantaine. Et c'est ainsi que la Chine est devenue l'une des puissances majeures du monde contemporain, sans hésiter à en payer (ou à en faire payer) le prix.
Dans cet ouvrage de politique fiction, le journaliste britannique Humphrey Hawksley (ancien correspondant de la radio et de la télévision britannique BBC pour la région Asie-Pacifique, notamment à Pékin) nous décrit un scénario terrifiant basé sur une analyse géopolitique solide des rapports de force politiques en Asie. Un inquiétant récit de politique-fiction à faire pâlir le lecteur. Et l'annonce d'une vérité essentielle pour le XXIe siècle à venir : oui, il faudra compter avec la Chine.
Ronan Blaise
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Références : « Opération Dragon Fire », un ouvrage d'Humphrey Hawksley publié aux éditions « Arthème Fayard » en 2001 (435 pages).
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Publié le 24/04/2007 à 12:00 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est une photographie de l'amiral Amédée Courbet, personnage historique dont il est question ci-dessous.
- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.
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- Une guerre franco-chinoise...
On le sait peu, mais il y a déjà eu une guerre franco-chinoise, en septembre 1881 / juin 1885, entre notre IIIe République et l'Empire de Chine (alors dirigé par la dynastie mandchoue des Qing). Cause de ce conflit : la volonté des français de prendre le contrôle du Tonkin (alors protectorat chinois, au nord de l'Indochine...) et du fleuve Rouge reliant Hanoi (et le Tonkin) à la riche province chinoise du Yunnan.
En effet, bien que le
traité de Saigon de 1874 ait théoriquement ouvert le fleuve à la libre circulation, les pavillons noirs (i. e : troupes irrégulières annamites et pirates chinois) y harcelaient les missions catholiques et les navires de commerce français. C'est pourquoi, le gouvernement français envoya un petit corps expéditionnaire au Tonkin (tout d'abord commandé par le capitaine de vaisseau Henri Rivière) pour nettoyer la vallée et le delta du fleuve Rouge de ces pavillons noirs.
Les français, commandés par le capitaine de vaisseau Henri Rivière, prirent la citadelle d'
Hanoi, capitale du Tonkin, le 25 avril 1882. Et le 25 août 1883, par le
traité de Hué, l'empereur d'Annam cédait le Tonkin à la France sous la forme d'un protectorat. Or la cour Qing de Pékin vit l'arrivée de cette armée européenne au Tonkin (dans ce qu'elle considérauit comem étant un protectorat chinois) comme une menace pour ses frontières et protesta. C'est pourquoi la Chine rejeta ce traité et envoya des troupes au Tonkin.
Bien que ni la Chine ni la France n'aient formellement déclaré la guerre, les combats opposant leurs troupes respectives commencèrent à l'automne 1883. Les Français prirent les citadelles de Bac Ninh, Son Tay et Tuyen Quang. C'est pourquoi, le 11 mai et le 9 juin 1884, la Chine reconnaissait à son tour le traité de Hué : par
les traités de Tien Tsin.
Une colonne française sera alors envoyée pour occuper le pays, en accord avec ce traité. Mais, en juin 1884, les forces chinoises attaquèrent cette colonne française à
Bac Le. À la suite de cette attaque, la guerre franco-chinoise reprit donc alors à une plus grande échelle. La France bloqua les ports de Taïwan (ports de Chilung et Tamsui), avant de tenter un débarquement contre les troupes impériales. Enfin, en août 1884, la
bataille navale de Fuzhou vit la destruction en une demi-heure de la marine chinoise récemment construite.
Pendant ce termps là, au Tonkin, la mousson mettait fin aux offensives françaises, permettant aux Chinois d'avancer dans le delta où firent le siège de la forteresse de
Tuyen Quang, défendue par un bataillon de la Légion étrangère pendant 36 jours. Par la suite cette guerre allait être marquée par la reculade des forces française devant
Lang Son (défaite militaire qui allait provoquer la chute du gouvernement Ferry).
Mais, malgré cette défaite, les opérations terrestres virent le succès des Français au Tonkin, tandis que les victoires navales de la France de février 1885 (notamment le
combat naval de Shipu...) forcèrent la Chine à reconnaître enfin sa défaite. Le traité mettant fin à la guerre fut donc signé le 9 juin 1885, la Chine reconnaissant le
Traité de Hué et abandonnant sa souverainé sur l'Annam et le Tonkin, territoires ensuite inclus dans l'Indochine française.
Ronan Blaise
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Pour en savoir plus :
Sur la guerre franco-chinoise de 1881-1883-1885 :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_franco-chinoise
Sur les opérations navales pendant ce conflit :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Combat_de_Shei-Poo
Sur les Pavillons noirs, pirates (indo)chinois :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pavillons_noirs
Sur Henri Rivière, grande figure de la colonisation française au Tonkin :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Rivi%C3%A8re
Sur l'Amiral Courbet, vainqueur de la flotte chinoise :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Am%C3%A9d%C3%A9e_Courbet