Histoire de France XIXe
Publié le 21/06/2007 à 12:00 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est une gravure représentant l'assassinat du Duc de Berry, le 14 février 1822...
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- Les Berry, derniers des Bourbons...
-I- S’il avait suffisamment vécu, il aurait pu monter sur le trône de France à la mort de son oncle Louis XVIII (en 1824), c’est
Charles-Ferdinand d'Artois, duc de Berry (décédé en 1820), second fils du comte d'Artois (i. e : le futur roi Charles X de France) et de son épouse Marie-Thérèse de Sardaigne.
Au tout début de la Révolution française, il émigra avec son père (dès 1789) avant (de 1792 à 1797) de servir dans l'armée de Condé puis de passer en Grande-Bretagne. Il retourna en France lors de la Première Restauration puis, il suivit Louis XVIII à Gand (pendant les Cent-Jours) et revint en France, en 1814, avec son père.
En 1816 dans Notre-Dame de Paris, il épousa la princesse Caroline des Deux-Siciles (1798-1870), fille aînée de François Ier des Deux-Siciles et de Clémentine d'Autriche, épouse dont il eut quatre enfants, dont le futur Comte de Chambord, alors Henri d’Artois (l’Henri V des légitimistes), dernier Bourbon descendant direct de Louis XV.
Politiquement apparenté aux « ultras » (i. e : ces royalistes réactionnaires refusant la Charte et toutes concessions aux ''post-révolutionnaires''),
le Duc de Berry fut assassiné - à sa sortie de l'Opéra, le 13 février 1820 - par un ouvrier, Louvel, qui voulait ’’éteindre en lui la race des Bourbons’’ (mais dont il eut, en mourant, la générosité de pardonner le geste...).
-II-
Louis Pierre Louvel, ouvrier français, est entré dans l'Histoire en commettant l'assassinat du duc de Berry, à Paris, dans la nuit du 13 au 14 février 1820 (ce pour quoi il fut condamné à mort et guillotiné quatre mois plus tard : le 8 juin 1820).
Ce soir-là, le duc de Berry - fils cadet du comte d'Artois, futur Charles X - se trouvait à l'Opéra avec son épouse. A l'entracte, venant de reconduire cette dernière à sa voiture, le prince, sans chapeau ni manteau, s'en retournait à pied vers l'entrée de l'Opéra, lorsqu'un homme, apparu "comme une flèche" devant la voiture royale, lui planta un couteau en plein cœur.
L'agonie du duc de Berry, sous les yeux de la Cour assemblée à son chevet, dura toute la nuit du 13 au 14 février 1820 et marqua profondément les esprits royalistes. N'ayant pas perdu connaissance, le prince, qui d'emblée avait senti la blessure mortelle, se plaignait que la mort soit "si lente à venir", ou alternativement, demandait de manière répétée "grâce, grâce pour l'homme" qui lui avait porté le coup fatal.
Dès son geste accompli, Louvel fut arrêté ; il fut interrogé durant cette même nuit. Sans montrer beaucoup d'émotion, il déclara avoir agi seul, par conviction anti-monarchiste, dans un projet conçu et médité depuis plusieurs années. Il souligna n'avoir aucune inimitié personnelle contre sa victime, mais avoir eu pour but de "détruire la souche" des Bourbons. En effet, la dynastie légitime n'avait alors aucun héritier en ligne directe.
Louvel révéla, en outre, avoir auparavant effectué, dans un but semblable, le voyage jusqu'à Calais en 1814, lorsque Louis XVIII devait débarquer en France après l'abdication de Napoléon.
Pour le reste, la personnalité de Louvel demeure en grande partie un mystère. Selon le récit de Chateaubriand dans ses Mémoires d'outre-tombe,
"Louvel était un jeune homme à figure sale et chafouine, comme on en voit des milliers sur le pavé de Paris. Il tenait du roquet ; il avait l'air hargneux et solitaire. Il est probable que Louvel ne faisait partie d'aucune société ; il était d'une secte, non d'un complot ; il appartenait à l'une de ces conjurations d'idées, dont les membres se peuvent quelquefois réunir, mais agissent le plus souvent un à un, d'après leur impulsion individuelle. Son cerveau nourrissait une seule pensée, comme un cœur s'abreuve d'une seule passion. Son action était conséquente à ses principes : il avait voulu tuer la race entière d'un seul coup".
Mais l'ironie veut que Louvel, bien qu'ayant réussi l'assassinat qu'il projetait, avait manqué son véritable but : le 29 septembre 1820, vint au monde Henri d’Artois, duc de Bordeaux : enfant posthume du duc de Berry, aussitôt surnommé par les royalistes "l'enfant du miracle" (et qui sera le futur Henri V des légitimistes).
-III- L’épouse de Charles-Ferdinand d’Artois -
Duchesse de Berry - fut la princesse
Marie-Caroline de Bourbon, princesse des Deux-Siciles, fille de François Ier, roi des Deux-Siciles et de Clémentine de Habsbourg, fille de l'empereur d’Autriche Léopold II.
Après avoir passé son enfance et sa jeunesse à Palerme et à Naples, elle est venue en France en 1816 pour y épouser Charles-Ferdinand d'Artois, duc de Berry (fils puîné du comte d'Artois, futur Charles X et frère du roi Louis XVIII). Bien que son époux ait eu vingt ans de plus qu'elle et qu'il s'agît d'un mariage arrangé, ils semblent avoir formé un couple assez uni. Le palais de l'Élysée a été aménagé pour eux.
Le duc et la duchesse de Berry ont eu quatre enfants, dont deux seulement ont survécu plus que quelques jours : d'abord Louise d'Artois puis
Henri d'Artois, duc de Bordeaux, surnommé « l'enfant du miracle » (car né, posthume, après l'assassinat du duc de Berry...).
Après l'assassinat de son mari (le 13 février 1820), la duchesse de Berry s'est installée aux Tuileries où, très sensible à la mode, elle sera une grande mécène : encourageant les peintres, les musiciens (comme Rossini) et les hommes de lettres. De même, elle aura pareillement eu un rôle non négligeable dans la vogue des bains de mer, en particulier à Boulogne-sur-Mer et à Dieppe, pratiquant volontiers ce loisir à la belle saison.
Àu moment du soulèvement de juillet 1830 (dit des « Trois Glorieuses »), elle essaya de faire proclamer régente pour son fils Henri V mais dû finalement suivre Charles X et sa cour en exil. Aux aguets des moindres difficultés des Orléans pour essayer de reprendre le pouvoir elle retourna clandestinement en France en 1832 pour tenter d’y relancer les guerres de Vendée en faveur de son fils.
Lors de cette
Insurrection royaliste de 1832, la mobilisation locale fut assez faible et l'opération échoua rapidement. La duchesse chercha alors refuge dans une maison de Nantes mais - trahie par Simon Deutz - après avoir essayé en vain de s'enfuir par la cheminée, elle fut arrêtée par la police alors dirigée par Montalivet, ministre de l'Intérieur. Détenue dans la citadelle de Blaye et soumise à une surveillance la plus rigoureuse, elle accoucha d'une fille devant des témoins désignés par le maréchal Bugeaud, et dut alors rendre public un mariage qu'elle avait contracté en 1831 avec un certain Hector Lucchesi-Palli, aristocrate italien et Duc della Grazia.
Après quelques années de détention, la duchesse de Berry fut alors libérée et expulsée vers la Belgique. Elle se vit tenue à l'écart de la famille royale (qui lui refusa la direction de l'éducation de son fils...) et s'installa ensuite en Autriche (où elle vécut les dernières années de sa vie, jusqu’à son décès : en 1870).
Ronan Blaise
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- Sources : « Louis XX, contre-enquête sur la Monarchie », un ouvrage de Thierry Ardisson publié en 1986 aux éditions « Olivier Orban » (260 pages, ici pages 183-231).
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Pour en savoir plus :
Charles Ferdinand d'Artois, Duc de Berry, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Ferdinand_d%27Artois
Le ''régicide'' Louvel, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Pierre_Louvel
Marie Caroline des Deux-Siciles, Duchesse de Berry, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_Caroline_des_Deux-Siciles
Henri V, Comte de Chambord, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_d%27Artois_%281820-1883%29
Publié le 16/06/2007 à 12:00 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel de cet article est la couverture de l'ouvrage dont il est question ci-dessous.
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- « Louis XX, contre-enquête sur la Monarchie » (Thierry Ardisson) :
Par-delà les appréciations ''politiques'' (et, en l'occurrence, pro-monarchistes) et jugements parfois outranciers d'un auteur, une fois encore, bien volontiers provocateur, cet ouvrage (publié à l'occasion du ''millénaire capétien'', en 1986) mérite le détour. Tant il nous dévoile certains aspects méconnus de l'histoire de France de l'époque contemporaine.
Depuis l'évocation d'un Louis XVII survivant miraculeusement à la prison du Temple et de l'exil sans fin (entre 1789 et 1815 puis à partir de 1830 et 1848) des princes Bourbons détrônés, jusqu'au récit des transmissions des pouvoirs manquées de 1830 (pour Louis XIX, Duc d'Angoulème et Henri V, Comte de Chambord) et de 1848 (pour Philippe VII, Comte de Paris), jusqu'à l'évocation de la ''restauration monarchique manquée'' de 1873 (pour le prétendant légitimiste Henri V, Comte de Chambord).
La Monarchie, régime politique pour la France ?! Si ce n'est le cas actuellement, cela aurait donc néanmoins pu l'être. Et pas nécessairement avec de si mauvais résultats que cela. En tout vas, cet ouvrage est une bonne source d'inspiration pour la rédaction de quelques récits uchroniques sur le sujet.
Ronan Blaise
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- Références : « Louis XX, contre-enquête sur la Monarchie », un ouvrage de Thierry Ardisson publié en 1986 aux éditions « Olivier Orban » (260 pages).
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Publié le 12/06/2007 à 12:00 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est une photographie du lac de Constance (Bodensee en allemand) : un lac germano-suisse sur le Rhin au bord duquel l'Empereur Napoléon III vécu la plus grande partie de sa jeunesse, entre 1817 et 1838.
- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.
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- Mémoires d’exil :
Tout au long du XIXe siècle français - riche en révolutions et en coups d’état s’il en est - les grandes familles régnantes de France, renversées, durent palors artir en exil. On a depuis longtemps oublié où exactement elles se sont alors installées...
-I- Les Bourbons (entre 1789 et 1815) :
Pendant la période révlutionnaire et impériale, les prétendants Bourbons au trône de France se réfugièrent successivement en
territoire prussien (à Coblence puis Calmar, en 1791-1804),
en territoire russe (
à Riga et Mittau, en actuelle Lettonie : en 1804-1807),
au Royaume-Uni ( en Ecosse, à Gosfield Hall - 1807-1811- puis à Hartwell House - en 1811-1814 - dans le comté de Buckingham, près de Londres), avant de revenir en France (hormis épisode des cent-jours de 1815 : brièvement passé en Belgique, à Gand).
-II- Les Bonaparte (entre 1815 et 1848) :
En vertu de la loi du 1er janvier 1816 bannissant tous les Bonaparte du territoire français, la Reine Hortense (épouse du roi Louis Bonaparte - roi de Hollande - et mère du futur Napoléon III) dut alors s'exiler en Suisse (dans le canton de Thurgovie) où elle acheta, en 1817, le
château d'Arenenberg situé non loin du lac de Constance. Et c’est là que le prince Louis-Napoléon, futur Napoléon III (chef de la famille impériale à partir de la mort de son cousin Napoléon II, Duc de Reichstadt - l’Aiglon) passera l’essentiel de son enfance.
En exil, le Prince Louis-Napoléon Bonaparte (futur Napoléon III) vivra alors essentiellement en Suisse (jusqu'en 1838) puis au Royaume-Uni, à
Londres, en 1838-1840 (après son expulsion de Suisse) puis en 1846-1848 (après son évasion du fort de Ham où il était alors détenu à perpétuité, après l’échec de son soulèvement militaire de Boulogne, en 1840).
-III- Les Bourbons (légitimistes) (à partir de 1830) :
En juillet 1830, Charles X embarqua à Cherbourg pour l'exil. Le roi déchu se retira d'abord au palais de
Holyrood (en Écosse), puis sur le territoire de l’Empire d’Autriche : au
Château de Prague, et enfin à
Göritz (alors en Autriche : actuelle Gorizia en Frioul, Italie), où il mourut du choléra en novembre 1836 avant d’être inhumé à Kostanjevica (i. e :
Nova Gorica, Slovénie).
Ses successeurs Louis-Antoine, Duc d’Angoulème (le Louis XIX des légitimistes) et Henri, Comte de Chambord (l’Henri V des légitimistes) vivront successivement - toujours en Autriche - à
Göritz (où Louis d’Angoulême meurt, en juin 1844) puis à
Frohsdorf (où le Comte de Chambord allait mourir, en août 1883).
-IV- Les Orléans (à partir de 1848) :
En février 1848, les Orléans s’exilent en Angleterre : à
Claremont (Surrey), propriété privée du roi Léopold Ier de Belgique, leur proche-parent (puisque lui-même gendre de Louis-Philippe et oncle du comte de Paris) avant de pouvoir revenir vivre en France - après l'abolition de la première loi d'exil, en 1871 - au
château d'Eu (Haute-Normandie).
-V- Les Bonaparte (à partir de 1870-1871) :
En septembre-octobre 1870 (et mars 1871), l’Impératrice Eugénie, le prince impérial Napoléon Louis-Eugène (et l'Empereur alors déchu Napoléon III) s'exilent en Angleterre. Désormais, ils vivront à
Chislehurst (aujourd'hui : Bromley, district londonien). Ils seront par la suite tous trois inhumés au mausolée familial de l'Abbaye St Michel (St Michael's abbaye) de
Farnborough.
Où l’on découvre - entre autres choses - que deux anciens souverains français ayant effectivement régné sur la France (i. e : le roi Charles X et l’empereur Napoléon III) sont, malgré le recul du temps, aujourd’hui encore inhumés à l’étranger : respectivement à Nova Garica (Slovénie) et à l’Abbaye Saint-Michel de Farnborough (Royaume-Uni).
Ronan Blaise
Publié le 12/06/2007 à 12:00 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est une photographie de Napoléon III, personnage historique dont il est question ci-dessous.
- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.
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- Un Suisse sur le trône de France :
La « loi d'exil » du 1er janvier 1816 ayant banni tous les Bonaparte du territoire français, la Reine Hortense (mère du futur Napoléon III) dut alors s'exiler en Suisse où elle achèta, en 1817, le
château d'Arenenberg situé dans le canton de Thurgovie (Chef-lieu : Frauenfeld) non loin du lac de Constance. Et c’est là que le prince Charles Louis-Napoléon, futur Napoléon III (chef de la famille impériale à partir de la mort de son cousin Napoléon II - l’Aiglon, en juillet 1832) passera l’essentiel de son enfance avec son frère aîné (décédé en mars 1831) : Napoléon Louis Bonaparte.
Volontaire dans l'armée suisse (en 1830), le prince Louis-Napoléon, futur Napoléon III obtint (en 1834) le grade de capitaine d'artillerie. De même, il obtient (en 1832) la
nationalité suisse dans le canton de Thurgovie, ce qui fera dire à certains historiens que Louis-Napoléon Bonaparte aura été « le seul Suisse à régner sur la France ».
Des relations étroites entre la Maison des Bonaparte et la Suisse qui aurait pu provoquer,
en août 1838, une guerre entre la France des Bourbons restaurés et la Confédération helvétique.
Après sa malheureuse tentative de coup d’état de Strasbourg, en 1836, le futur Napoléon III revint alors s'installer en Suisse. En juin 1838, l'un de ses compagnons de cette ’’aventure’’ de Strasbourg (l'ex-lieutenant Armand Laity, lointainement apparenté à la famille de Beauharnais), publiera à 10 000 exemplaires une brochure - sans doute financée par Louis-Napoléon - intitulée « Relation historique des événements du 30 octobre 1836 » (en fait, une apologie du bonapartisme).
À la suite de cet incident, le gouvernement français demande à la Suisse, au début du mois d'août 1838, l'expulsion du prince Louis-Napoléon et - sûr de l'appui de l'Autriche des Habsbourg - menace alors la confédération helvétique d'une rupture des relations diplomatiques et même d'une guerre : allant jusqu’à concentrer dans le Jura une armée de 25 000 hommes.
Le gouvernement suisse, indigné, invoquera alors la qualité de citoyen de Thurgovie du prince Louis-Napoléon Bonaparte pour protester de son innocence. A la suite de quoi celui-ci annoncera néanmoins, le 22 août 1838, son intention de partir s'installer en Angleterre...
Ronan Blaise
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Pour en savoir plus :
La Maison impériale des Bonaparte :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Maison_de_Napol%C3%A9on
Napoléon III, Empereur des français :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Napol%C3%A9on_III
Napoléon Louis Bonaparte, son frère aîné, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_II_de_Hollande
Napoléon II, le Roi de Rome, l'Aiglon :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Napol%C3%A9on_II
Publié le 12/06/2007 à 12:00 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est un portrait du prince Ferdinand-Philippe, Duc d'Orléans (1810-1842), personnage historique dont il est question ci-dessous.
- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.
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- Un roi de France surnommé Ferdinand-Philippe...
Le 13 juillet 1842, de retour de Plombières, le prince royal Ferdinand-Philippe d’Orléans (1810-1842, héritier du trône et fils aîné de Louis-Philippe 1er et de Marie-Amélie de Bourbon), se disposait à partir pour Saint-Omer (où il devait passer en revue une partie de l’armée d’opération sur la Marne et dont il venait de recevoir le commandement en chef), quand il se rendit à Neuilly pour y faire ses adieux à sa famille.
Mais les chevaux de sa calèche s’étant emportés, le prince voulut s’élancer de la voiture et se brisa la tête sur le pavé : quelques heures plus tard il rendait le dernier soupir. Sa mort accidentelle privait là la France d’un grand souverain potentiel et Louis-Philippe d'un soutien qui lui manquera cruellement en 1848.
Né à Palerme pendant l'exil de ses parents, il avait alors été prénommé Ferdinand (prénom inusité dans la maison d'Orléans), en hommage à son grand-père, le roi de Sicile Ferdinand Ier ; recevant également en naissant le titre de
duc de Chartres.
Nommé colonel par Charles X (1824) au 1er régiment de hussards de Lunéville, en 1830, il est en garnison à Joigny pendant les Trois Glorieuses. Là il fait arborer la cocarde tricolore à son régiment et l’amène en toute hâte au secours des Parisiens insurgés. Entrant bientôt, le 3 août 1848, dans Paris insurgé à la tête de son régiment. Avec l'avènement de la monarchie de Juillet, il prend le titre de
duc d’Orléans et devient Prince royal. Son père le fait alors entrer au Conseil.
De tempérament bouillant, le duc d'Orléans critique vertement les ministres doctrinaires, qu'il n'aime pas et se veut l'interprète des sentiments de la jeunesse révolutionnaire. C'est pourquoi Casimir Perier exige, lorsqu'il accède à la présidence du Conseil en mars 1831, que le duc d'Orléans soit alors exclu du Conseil, auquel il cesse dès lors de participer.
En novembre 1831, le prince royal est envoyé à Lyon, aux côtés du maréchal Soult, pour y réprimer l’insurrection ouvrière. Il s'acquittera de cette tâche difficile sans violence et parvint à apaiser rapidement les oppositions. Il y gagnera une popularité certaine, que renforce alors son attitude lors de l'épidémie de choléra de 1832 : n'hésitant pas à se rendre auprès des malades les plus contagieux à l'Hôtel-Dieu, prenant des risques réels (puisque le PM Casimir Perier, qui l'accompagne alors, contracte quant à lui la maladie et en meurt...).
Aux yeux du peuple et de la presse, le prince Ferdinand-Philippe passe dès lors pour un prince généreux, sincèrement préoccupé du sort des plus démunis, et devient une sorte d'icône pour l'opposition dynastique d'Odilon Barrot (qui voit en lui le seul prince capable de concilier les aspirations démocratiques de la France moderne et l'héritage du passé monarchique), comme le symbolisait son refus de se raser la superbe barbe qu'il arbore alors même que la jeunesse romantique en avait lancé la mode.
En 1831-1832, le duc d'Orléans participe - avec son oncle Nemours, pressetni un moment pour devenir roi des Belges - aux combats de la campagne de Belgique (notamment devant la citadelle d’Anvers). Puis il participe aux campagnes de pacification d’Algérie de 1835-1836 (combat de l’Habrah, la prise de Mascara en puis de Tlemcen) et de 1839-1840 (prise de possession par la France de la partie intérieure du pays, entre Constantine et Alger : combats de l’Affroun, de l'Oued'Ger, du bois des Oliviers, et prise du Teniah de Mouzaïa...). S'enclenche ainsi une escalade qui aboutira à l'occupation totale de l'Algérie par la France.
Ces expériences militaires brillantes ne font alors qu'accroître la popularité et le prestige du duc d'Orléans, qui consacre également ses soins à l’agrandissement des forces militaires du pays et à l’amélioration physique et morale des soldats.
Le mariage du duc d'Orléans sera l'une des grandes affaires politiques de la monarchie de Juillet. Sans la révolution de 1830, il aurait épousé la sœur du duc de Bordeaux, Mademoiselle (1819-1864). Mais ce projet ayant naturellement échoué (en raison de la chute de la branche aînée et de l'« usurpation » - aux yeux de celle-ci - de la branche cadette...), Il faudra donc trouver un nouveau parti pour le prince héritier. C’est pourquoi le roi Louis-Philippe sera littéralement obsédé, à partir de 1835 (et singulièrement après l'attentat de Fieschi), par l'établissement matrimonial de son fils aîné, alors dans sa vingt-cinquième année.
Et ce, à un moment où la monarchie de Juillet se cherche alors de nouveaux alliés en Europe, ce qui lui permettrait de ne pas dépendre trop exclusivement de l'Angleterre. Et Talleyrand (qui vient de renoncer à son ambassade de Londres, brouillé avec le ministre britannique des Affaires étrangères, Palmerston), pousse d’ailleurs en ce sens.
Louis-Philippe envisage alors d'abord un rapprochement avec la Russie par l'intermédiaire de ses parents du Wurtemberg, puis envisage alors ensuite une alliance avec l'Autriche (un échec finalement dû au refus de Metternich et de l’archiduchesse Sophie : mère du futur Empereur François-Joseph), avec l’empire du Brésil, avec les Bourbons d'Espagne ou avec diverses familles princières protestantes d’Allemagne : de Hesse-Cassel, de Saxe-Altenbourg, de Saxe-Cobourg-Gotha et la princesse Hélène de Mecklembourg-Schwerin, nièce du roi de Prusse, Frédéric-Guillaume III. Laquelle, bien que protestante et non fille de roi, sera finalement choisie.
Un mariage bref qui sera néanmoins très heureux. Le duc et la duchesse d'Orléans auront deux enfants : Philippe d'Orléans (1838-1894, Comte de Paris qui aurait pu régner en France - en 1848, en 1873 ou en 1883 - sous le nom de Philippe VII) et Robert d'Orléans (1840-1910).
Immensément populaire, ce duc d'Orléans aura également été un amateur éclairé de littérature, de musique et de beaux-arts, montrant un goût prononcé pour la collection et faisant preuve d'une rare érudition : consacrant chaque année des fortunes à des achats d'œuvres d'art ou à du mécénat culturel et nouant des relations privées avec des artistes réputés comme Eugène Delacroix, Alexandre-Gabriel Decamps et Dominique Ingres.
On raconte que la mort de Ferdinand-Philippe d'Orléans plongera la population dans le désarroi, et que ses funérailles « frappèrent l'opinion par leur noble et grandiose tristesse ». Et, avec la mort du Prince héritier Ferdinand-Philippe, c’est un peu de la toute jeune Monarchie de juillet qui mourrait également...
Ronan Blaise
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Pour en savoir plus :
Le Prince Ferdinand-Philippe, Duc d'Orléans, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ferdinand-Philippe_d%27Orl%C3%A9ans
Publié le 29/05/2007 à 12:00 par quelqueshistoires
- Illustration : « La Liberté guidant le peuple », tableau d'Eugène Delacroix (1833).
- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.
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- Un XIXe siècle uchronique :
Bien d'autres scénarii étaient envisageables pour raconter l'histoire du XIXe siècle. Listons ici rapidement quelques ''points de divergences'' exploitables jusqu’à la fin de cette période (liste non exhaustive, bien entendu...) : ''p/o/d'' à lire séparément - pour quelques nouveaux récits uchroniques.
1814-1815 : Projets de Joachim Murat (roi de Naples) pour - tout en lâchant l’empereur Napoléon 1er et en obtenant ainsi le soutien des Habsbourg - réunifier l’Italie à son seul profit.
1814-1815 : On peut imaginer Napoléon 1er vainqueur à Waterloo ou mobilisant la France entière à ses côtés après son éventuelle défaite, écoeurant les Alliés de par sa résistance et par son endurance ; Alliés avec lesquels il va négocier une ''paix blanche'' lui garantissant l’immunité et son trône pour lui et ses proches parents.
1814-1815 : A moins qu’il n’abdique alors pour son fils - l’Aiglon – alors reconnu par les Chambres comme Empereur des français sous le nom de Napoléon II.
1815 : A moins que les Alliés ne lui préfèrent à lui (comme au Comte de Provence, le Louis XVIII des royalistes) d’installer à sa place sur le trône de France ses maréchaux Bernadotte ou Murat (qui avaient fortement intrigué dans ce sens).
1815 : Les Alliés décident finalement d’envoyer Napoléon 1er en exil non pas à Sainte-Hélène mais aux Açores ou Madère, Java ou la colonie du Cap. A moins que Napoléon ne réussisse à s’enfuir aux Etats-Unis ou au Brésil...
1815-1821 : On peut imaginer que Napoléon n’apprécie décidément pas son exil forcé à Sainte-Hélène (où l’ont envoyé les grandes puissances...) et s’en échappe clandestinement pour gagner les Etats-Unis, le Brésil, la côte africaine, les Indes...
1825 : Louis d'Orléans, Duc de Nemours, second fils du prince Louis-Philippe Duc d’Orléans est élu roi de Grèce : choix finalement validé par les grandes puissances.
1825, Russie : A la mort du Tsar Alexandre 1er, de ses deux frères susceptibles de lui succéder, c’est finalement le prince libéral Constantin qui lui succède plutôt que l’autoritaire et réactionnaire grand-duc Nicolas. A charge pour Constantin de poursuivre les réformes libérales entamées par son frère aîné Alexandre et de libéraliser ainsi la Russie. Au programme : création d’un Parlement, mise en place d’une monarchie parlementaire, démantèlement des grands domaines seigneuriaux, réforme agraire et abolition du servage, autonomies renforcées de la Finlande et de la Pologne. Rien que ça...
1830 : Après l’abdication de Charles X et de son fils Angoulême (momentanément roi sous le nom de Louis XIX) le jeune Comte de Chambord - accompagné de sa mère Marie-Caroline Duchesse de Berry et de son cousin Louis-Philippe d’Orléans - reçoit l’investiture de la Chambre des Pairs et devient roi de France sous le nom d’Henri V sous la régence de sa mère et de son cousin Louis-Philippe Duc d'Orléans, nommé lieutenant-général du royaume.
1830-1831, Pologne : Grâce à l’intervention du Prince de Metternich et de l’ensemble des grandes puissances, la guerre russo-polonaise alors en cours trouve enfin une fin heureuse : le royaume de Pologne est donc restauré en tant que tel avec le Duc de Reichstadt (i. e : notre Napoléon II) comme souverain.
1830, Belgique : Louis d'Orléans, Duc de Nemours, second fils du prince Louis-Philippe d’Orléans participant alors à la campagne d’appuis des armées françaises aux rebelles belges alors soulevés contre les Pays-Bas, est élu roi de Belgique : événements sans doute prélude à une future annexion du royaume de Belgique par la France (mais choix finalement validé par les grandes puissances...).
1832 : Le Duc de Reichstadt s’échappe de son exil doré à Vienne et rejoint, en Suisse, les rangs des bonapartistes en exil dont il est le jeune chef de file, prétendant au trône impérial de France.
Années 1830-1840 : Insurrection royaliste (en Vendée) mené par la Duchesse de Berry (en 1832) et soulèvements bonapartistes des garnisons de Strasbourg (en 1836) puis de Boulogne (en 1840).
1842, Neuilly sur Seine : Survivant à un malheureux accident de calèche qui aurait très bien pu lui coûter la vie, le Duc d’Orléans Ferdinand-Philippe – fils aîné de Louis-Philippe 1er et héritier au trône - ne s’en tire finalement pas trop mal et s’affirme plus que jamais comme l’indispensable second et soutien de son père Louis-Philippe 1er, roi des français.
1844 : A la suite de l'affaire ''Pritchard'', guerre franco-anglaise pour la possession de l'archipel de Tahiti et pour la possession de la Nouvelle-Zélande.
1848 : Après l’abdication de Louis-Philippe, accompagné de sa mère (Hélène de Mecklembourg-Schwerin) et de son oncle (Louis d'Orléans, Prince de Nemours), le jeune Comte de Paris Philippe d'Orléans reçoit l’investiture royale de la part de la Chambre des Pairs et devient roi des français sous le nom de Philippe VII ; et ce : sous la régence de sa mère et de son oncle Nemours, lui-même nommé lieutenant-général du royaume
1848, Hongrie : Les Hongrois tiennent bon face aux armées austro-russes et arrachent leur indépendance aux Habsbourg. Lajos Kossuth proclame la république hongroise dont il est alors élu dictateur.
1848, Allemagne : Proclamation d’un Empire allemand uni sous l’autorité co-jointe d’un archiduc d’Autriche (nommé Auguste) et du roi de Prusse (nommé César), lesquels acceptent ce co-dominium, les couronnes et dignités impériales avec grand enthousiasme.
1858, janvier : L’empereur Napoléon III est assassiné par la conspiration orchestrée par le terroriste italien Orsini. Du coup : montée en puissance d’un violent sentiment anti-piémontais en France, l’unité italienne attendra.
1861-1867 : Succès de l'expédition internationale menée au Mexique par une coalition internationale conduite par la France impériale de Napoléon III. Mise en place d'un Empire latin du Mexique gouverné par Maximilien de Habsbourg. Etablissement d'une grande puissance latine (et alliée de la France) en Amérique centrale, percement d'un canal transocéanique dans l'isthme central-américain de Tehuantepec. En tout cas, l’alliance franco-autrichienne en ressort consolidée. Et on sait jamais, en ces temps d’affirmation de la puissance prussienne, ça peut servir...
1870, août : Apeuré par les bruits de guerre émanants d’une France menaçante (et de son alliée, l’Empire d’Autriche-Hongrie...), le roi de Prusse Guillaume 1er désavoue publiquement son PM Bismarck, alors sommé de démissionner. Du coup, la Prusse renonce à la candidature d’un prince Hohenzollern pour la couronne d’Espagne (alors vacante...), la menace d’une guerre franco-prussienne s’éloigne et, sorti vainqueur de son bras de fer avec la Prusse, le second empire de Napoléon III en est consolidé d’autant. L’unité allemande attendra.
1870, septembre : Guerre franco-prussienne : grâce à l’appuis des armées autrichiennes, danoises et grâce à la ''sécession anti-prussienne'' des armées des Etats princiers (et catholiques) d’Allemagne du sud (comme la Bavière...), les armées françaises portent le fer contre la Prusse jusque sur le territoire allemand et la condamnent à demander la paix. Pour prix de cette guerre, la France obtient l’annexion du Luxembourg et de la Rhénanie jusqu’au Rhin (rive gauche).
1873 : Le Comte de Chambord - prétendant légitimiste - enregistre le ralliement des Orléans, accepte le drapeau tricolore et la monarchie est restaurée. Il prendra Thiers ou le maréchal de Mac-Mahon comme président du Conseil. Néanmoins, forts risques de guerre civile généralisée en France entre monarchistes et républicains regroupés autour de Léon Gambetta, dans le contexte post-insurrectionnel de la Commune.
1873 : François d'Orléans, Duc de Joinville, fils de Louis-Philippe 1er est élu roi d’Espagne par les Cortes, choix finalement validé par les grandes puissances.
1883 : A la mort du Comte de Chambord (qui meurt là sans héritier), les légitimistes reconnaissent le Comte de Paris comme héritier de la couronne de France sous le nom de Philippe VII.
1887 : Coup d’Etat du général Boulanger qui renverse la Troisième République et instaure un régime autoritaire – l’Etat français – à deux doigts de déclarer quelque nouvelle guerre de revanche contre l’Empire allemand à la suite d’incidents de frontière dus à la fameuse affaire d’espionnage ''Schnaebelé''.
1898 : A la suite de l’incident de Fachoda (sud-Soudan), déclenchement d’une guerre franco-anglaise pour la possession du Soudan.
Ronan Blaise
Publié le 24/05/2007 à 12:00 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est un portrait du roi Louis-Philippe 1er, roi des français (1830-1848), personnage historique dont il est question ci-dessous.
- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.
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- Que devinrent les enfants de Louis-Philippe ?
En 1809, le duc d'Orléans et (bien que ne le sachant pas encore...) futur roi des Français Louis-Philippe 1er (qui régna sur les français de 1830 à 1848) avait épousé Marie Amélie de Bourbon, princesse des Deux-Siciles (et fille du roi - bourbon - Ferdinand Ier des Deux-Siciles).
De ce mariage, il y eut dix enfants, dont six garçons et quatre filles. Soit : un futur ex-souverain de France (mort trop jeune pour régner), un futur-ex régent de France (rejeté par les Chambres), futur ex-roi de Grèce et futur-ex roi de Belgique (à chaque fois rejeté par les grandes puissances), un futur-ex roi d'Espagne (rejeté par l'élection) et un héritier des Condé, membre de l'Académie française.
Et/ou un gouverneur militaire de l'Algérie, des généraux combattants (en Algérie, durant la guerre de sécession américaine ou encore pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871). Et, chez les femmes : au moins une reine de Belgique et une mère d'un roi de Bulgarie (sinon d'un empereur du Brésil). Excusez du peu.
Ronan Blaise
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De ce mariage de Louis-Philippe d'Orléans et de Marie-Amélie des Deux-Sicile, il y eut dix enfants, dont cinq garçons :
-1-
Le Duc d'Orléans, Ferdinand-Philippe d'Orléans (né le 3 septembre 1810), prince du sang, duc de Chartres, puis prince royal et duc d’Orléans ;
prince héritier de la couronne décédé lors d'un accident de cabriolet en juillet 1842.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ferdinand-Philippe_d%27Orl%C3%A9ans
Par la suite, ses deux fils -
le Comte de Paris et le Duc de Chartres - allaient incarner la continuité des projets de restauration monarchique au profit de la maison des princes d'Orléans. Et ce, malgré
l'échec de la transmission des pouvoirs tentée en 1848 (puis malgré
l'échec des tentatives de retaurations monarchiques tentées en 1873 puis en 1883) au profit de
Philippe VII, Comte de Paris).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_d'Orl%C3%A9ans_(1838-1894)
-2-
Le Duc de Nemours, Louis d'Orléans (né le 25 octobre 1814), prince du sang, duc de Nemours. Envisagé comme
roi de Grèce en 1825, il sera élu
roi de Belgique en 1831-1832 : titre que son père Louis-Philippe Ier refusera, sous la pression armée des britanniques, au profit de Léopold Ier de Saxe-Cobourg (par ailleurs époux de sa fille, Louise d'Orléans).
A la mort de son frère aîné Ferdinand-Philippe (en 1834) il est pressenti pour
devenir régent pour son neveu Philippe (Comte de Paris) en cas de décès prématuré de Louis-Philippe 1er. Néanmoins, la transmission des pouvoirs de 1848 sera un échec. En effet, il est légitimiste (ce qui est un comble pour un Orléans !) et fort impopulaire dans la population). Par la suite, en exil, il oeuvrera - en vain (en 1871-1883) - pour la réconciliation des deux branches rivales des Bourbons.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_d%27Orl%C3%A9ans_%281814-1896%29
-3-
Le Prince de Joinville, François d'Orléans (né le 14 août 1818), prince du sang, prince de Joinville. Sera surtout connu pour avoir commandé l'escadre française envoyée au Mexique durant la ''guerre des pâtisseries'' de 1838-1839 (ainsi que l'escadre envoyée au Maroc en 1844) et
pour avoir participé (en 1840) au transfert des cendres de Napoléon 1er depuis Sainte-Hélène.
Lorsqu'éclate la révolution de février 1848, le prince de Joinville rejoit ses parents en exil. par la suite, il allait participer (aux côtés de ses neveux le comte de Paris et le duc de Chartres) à la guerre de Sécession dans les rangs nordistes. Revenu en France pendant la guerre de 1870, il combattra clandestinement les armées prussiennes. Élu aux élections de 1871, il devient alors député de la Manche et de la Haute-Marne. Réintégré dans son grade, il sera à nouveau exclu de la Marine par la loi d'exil de 1886.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_d%27Orl%C3%A9ans_%281818-1900%29
-4-
Le Duc de Penthièvre, Charles (né le 1er janvier 1820), prince du sang, duc de Penthièvre ; mort en 1828, à huit ans.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_d%27Orl%C3%A9ans_%281820-1828%29
-5-
Le Duc d'Aumale, Henri d'Orléans(né le 16 janvier 1822), prince du sang, duc d’Aumale. Ses principaux titres de gloire - outre ses travaux d'historien (notamment à propos d'Alésia, des Princes de Condé ou de la captivité du roi Jean II le bon...), son siège à l'Académie française et d'avoir touché le
faramineux héritage des Condé (le dernier prince de Condé, son parrain, l'ayant institué son légataire universel, notamment pour le chateau de Chantilly...) - auront surtout été d'avoir combattu en Algérie (en 1839-1844), d'avoir participé à la
prise de la smala d'Abd el-Kader (en mai 1843) et d'avoir été gouverneur militaire de l'Algérie (en 1847-1848), à la suite de quoi - révolution de 1848 oblige - il rejoindra sa famille en exil.
Il ne reviendra en France qu'en 1871 où il essaiera en vain de combattre dans l'armée française. Il sera alors élu à la Chambre des députés et présidera, en octobre 1873, le conseil de guerre qui juge alors le général Bazaine. Inspecteur général de l'armée, il sera néanmoins proscrit en 1886, mais sera autorisé à rentrer en France, trois ans plus tard. A sa mort, grand amateur d'art et bibliophile, il lèguera ses domaine et toutes ses précieuses collections à l'Institut de France.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_d%27Orl%C3%A9ans_%281822-1897%29
-6-
Le Prince du sang Antoine d'Orléans (né le 31 juillet 1824), prince du sang. En 1848, on sait qu'effrayé par la foule révolutionnaire, il poussa son père Louis-Philippe 1er à refuser le combat, à l'abdication et à l'exil.
En avril-novembre 1870, lors de la révolution espagnole de 1868-1870 qui alors met à bat le règne de la reine Isabelle II, instigateur et financier du conplot qui renverse alors sa belle-soeur, il est
pressenti un moment pour monter sur le trône d'Espagne puisqu'ayant épousé, en octobre 1846, l’infante espagnole Louise-Fernande de Bourbon (1832-1897), fille du roi Ferdinand VII d’Espagne (1784-1833) et jeune soeur d'Isabelle II (né en 1830).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_d%27Orl%C3%A9ans_%281824-1890%29
Et quatre filles :
-I-
Louise d'Orléans (née le 3 avril 1812), princesse du sang, puis princesse Louise d'Orléans, qui
épouse le roi Léopold Ier de Belgique (premier roi des Belges) en 1832 ; et dont on peut dire que les événements révolutionnaires de février 1848 en France allaient porter un rude coup à sa santé mentale (puisque décédée dès 1850).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Louise_d%27Orl%C3%A9ans_%281812-1850%29
-II-
Marie d'Orléans (née le 12 avril 1813), princesse du sang, puis princesse Marie d'Orléans, qui
épouse un duc de Wurtemberg ; mais qui aurait initialement dû épouser Léopold, comte de Syracuse : l'un des frères cadets du roi des Deux-Siciles, Ferdinand II. Un projet qui allait échouer à la suite des troubles insurrectionnels légitimistes qui touchent la France en avril 1834 : Léopold des Deux-Siciles étant demi-frère de la duchesse de Berry (mère du prétendant légitimiste au trône de France, le duc de Bordeaux).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_d%27Orl%C3%A9ans_%281813-1839%29
-III-
Françoise d'Orléans (née le 28 mars 1816), princesse du sang ; décédée en 1818, à l'âge de deux ans.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7oise_d%27Orl%C3%A9ans_%281816-1818%29
-IV-
Clémentine d'Orléans (née le 3 juin 1817), princesse du sang, puis princesse Clémentine d'Orléans, qui
épouse un prince de Saxe-Cobourg-Gotha. Ayant échoué à marier son fils Auguste avec la princesse héritière du Brésil, Clémentine se lance dans l’installation de son fils préféré, le prince Ferdinand, sur un trône : celui de la Bulgarie.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cl%C3%A9mentine_d%27Orl%C3%A9ans
Publié le 24/05/2007 à 12:00 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est un portrait d'enfance du Comte de Paris (1838-1894), le Philippe VII (1848-1894) des Orléanistes : prétendant orléaniste à la couronne de France (1883-1894) et personnage historique dont il est question ci-dessous.
- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.
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- Un roi de France dénommé Philippe VII :
On sait peu qu'au moment de la révolution de février 1848, la France faillit se doter d'un roi dénommé
Philippe VII .
En l'occurrence il s'agit ici du
Comte de Paris, aîné (né en 1938, alors dix ans) des petit-fils de Louis-Philippe Ier, orphelin depuis la mort de son père - le prince héritier Ferdinand-Philippe (décédé lors d'un accident de cabriolet en 1842) et (depuis 1842) prince héritier officiel de la couronne de France.
(Nb : Et juste rappeler qu'à sa naissance, en 1838, son grand-père paternel, le roi Louis-Philippe Ier, avait également envisagé de le titrer prince d'Alger...).
-I- L'échec de la transmission du trône, en 1848 :
Tout arrive donc au moment où le roi Louis-Philippe 1er, qui refuse alors de faire tirer sur les révolutionnaires, abdique sa couronne en sa faveur, le 24 février. En conséquence de quoi sa mère - Hélène de Mecklembourg-Schwerin, duchesse d'Orléans - se présente alors devant la Chambre des députés, accompagnée de son beau-frère, le duc de Nemours, et de ses enfants - le Comte de Paris et son jeune frère, Duc de Chartres - afin d'y faire proclamer son fils aîné roi des Français (sous le nom de Philippe VII...) et afin d'y être nommée régente.
Mais les interventions à l'Assemblée de Ledru-Rollin, de Crémieux et de Lamartine allaient faire échouer ce projet, établissant la Deuxième République est établie. La duchesse d'Orléans et ses enfants allaient donc quitter la France pour l'Allemagne alors que Louis-Philippe et le reste de la famille royale s'installaient au Royaume-Uni.
En 1842, à la mort de son père, le comte de Paris avait déjà pris le titre de prince royal (titre le predisposant à la succession à la couronne de France). Et, en 1850, à la mort de Louis-Philippe 1er, le Comte de Paris succède là à son grand-père paternel comme aîné de la branche d'Orléans et prétendant des Orléanistes à la couronne de France.
Par la suite, en 1861, le comte de Paris devenu prétendant orléaniste au trône de France allait s'engager (aux côtés de son frère et de son oncle, le Prince de Joinville) dans la guerre de Sécession comme Officier d'état-major du commandement en chef des armées fédérales.
-II- L'échec de la restauration monarchique, en 1873 :
En 1870-1871, lorsque le Second Empire s'écroule et que la première loi d'exil touchant les Orléans est abolie (le 8 juin 1871), le comte de Paris regagne la France, s'installant entre Paris (dans l'actuel hôtel Matignon) et sa résidence de campagne en Normandie, le château d'Eu.
Désireux de restaurer la monarchie, il cherche tout d'abord à réconcilier les Orléans avec le dernier des Bourbons de la branche aîné : le comte de Chambord (l'Henri V des monarchistes), conscient que c'est la division des royalistes qui a favorisé l'instabilité politique du pays et la mise en place de la République puis du second Empire.
Par ailleurs, il pense que le comte de Chambord n'ayant pas d'enfant, il en deviendrait lui-même le successeur légitime : raison pour laquelle le comte de Paris se rendra en 1873 à Frohsdorf, résidence du comte de Chambord, en 1873 pour y réaliser la ''fusion'' des deux branches, reconnaissant au petit-fils de Charles X sa qualité d'héritier unique.
Malheureusement pour les royalistes, cette politique allait être un échec. En effet, si le comte de Chambord semble reconnaître au comte de Paris le statut de dauphin pendant l'entrevue de 1873, il refusera néanmoins obstinément de de reconnaître la nécessité d'établir en France une monarchie parlementaire, ce qui condamnera ainsi pour l'immédiat tout projet de restauration monarchique.
-III- L'échec de la transmission de la légitimité, en 1883 :
Or, le comte de Chambord jouira par la suite d'une très bonne santé et, quand il meurt en 1883, le régime républicain a alors eu tout le temps de se consolider (et les Français se sont faits à l'idée qu'ils n'ont finalement pas vraiment besoin d'un souverain pour les guider).
Par ailleurs, la fusion de 1873 se révèlera - dix ans plus tard - comme n'avoir été qu'un leurre puisqu'une partie des légitimistes, et parmi eux la comtesse de Chambord elle-même, refuse alors de reconnaître au comte de Paris sa qualité d'héritier (et lui préfère alors Jean de Bourbon, comte de Montizón : le Jean III des légitimistes).
À partir de 1881, le gouvernement républicain se montrera de plus en plus hostile aux membres des maisons de France, renvoyant les Orléans appartiennant à l'armée. Puis, en juin 1886, la Chambre votera une nouvelle loi d'exil touchant les prétendants au trône (et leur fils aîné) en les obligeant à quitter le territoire national (ainsi que tous les autres princes français, en les rayant des listes de l'armée).
A la suite de quoi, le comte de Paris et toute la famille d'Orléans allaient donc repartir en exil, en Angleterre, où le Comte de Paris - le Philippe VII des Orléanistes - allait vivre ses huit dernières années, sans jamais perdre le vain espoir d'être un jour rappelé en France pour s'y faire proclamer roi. A sa mort, en 1894, c'est donc son fils aîné
Philippe d'Orléans, duc d'Orléans, qui reprendra le flambeau des espoirs orléanistes sous le nom de
"Philippe VIII",
Ronan Blaise
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Pour en savoir plus :
Philippe d'Orléans, Comte de Paris :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_d'Orl%C3%A9ans_(1838-1894)
Publié le 15/05/2007 à 12:00 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel douverture de cet article est une pièce de cinq francs à l'effigie du ''roi'' de France Henri V.
- Sources : Document tiré du site sceco.univ-poitiers.fr .
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- Objets uchroniques :
D'après certains ouvrages spécialisés (comme, par exemple, le « Catalogue des timbres-postes introuvables » de Carelman : ouvrage publié chez Balland en 1972), il y eut de très nombreux objets à l'effigie de souverains français n'ayant finalement... pas régné.
Par exemple, de nombreuses pièces de monnaies frappées à l'effigie de
l'Empereur Napoléon II - l'Aiglon - (en 1814-1815), du prétendant monarchiste ''légitimiste''
Henri V enfant (en 1830) ou adulte (en 1873) (Cf. notre visuel d'ouverture, ci-dessus...).
De même, visiblement, il y a eu de nombreux projets de timbre-postes portant le profil d'
Henri V (en six exemplaires différents), du
Prince impérial (i. e : Napoléon IV) (en 1870) ou du
général Boulanger à la fin des années 1880 (ici, une série complète : de 10 centimes à 20 francs) avec la mention ''Etat français'' pour qualifier un régime républicain ''autoritaire'' retoqué par ses soins.
Juste rappeler qu'il s'agit là de pièces aujourd'hui disponibles chez n'importe quel numismate bien achalandé pour la modique somme d'environ 75 Euro / pièce (c'est le cas de le dire...). Et juste préciser que si de telles pièces existent aujourd'hui bel et bien sur le marché (à raison de 1500 à 2000 unités pour chacunes d'entre elles...) c'est en tant qu' ''épreuves'' et ''essais'' alors produits par la « Monnaie de Paris » (ou l'équivalent d'alors) dans la prévision de l'avénement des personnalités concernées.
Dans le même esprit on peut également rappeler l'existence, en dehors de nos frontières, de pièces de monnaie russes frappées - dans la confusion de la fameuse révolution décabriste et du tumultueux inter-règne de décembre 1825 - à l'effigie de l'éphémère
tsar Constantin, un frère du tsar Alexandre Ier qui n'a finalement pas régné (le trône impérial de toutes les Russies revenant alors à son plus jeune frère Nicolas Ier, souverain autoritaire par la suite surnommé le ''tsar de fer'').
Et pareillement, on peut rappeler l'existence furtive de
médailles commémoratives allemandes censées - pendant la première guerre mondiale - être distribuées aux troupes impériales allemandes ayant glorieusement participé à la prise de Paris, après une bataille de la Marne victorieuse : en septembre 1914...
Ronan Blaise
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- Sources : « L'Histoire revisitée, panorama de l'Uchronie sous toute ses formes » , un ouvrage d'Eric B. Henriet paru aux éditions « Encrage / Les Belles lettres » en 2004 (i. e : édition de 1999, revue et augmentée ; 415 pages, ici pages 308-309).
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Pour aller plus loin :
A propos d' ''Henri V'', le Comte de Chambord :
http://quelqueshistoires.centerblog.net/1743135-Un-roi-de-France-nomme-Henri-V
A propos de Louis XIX :
http://quelqueshistoires.centerblog.net/1743305-Un-roi-de-France-denomme-Louis-XIX
A propos de Napoléon II, l'Aiglon :
http://quelqueshistoires.centerblog.net/1704424-Napoleon-II-et-IV--les-inconnus-de-la-famille--
A propos de ''Napoléon IV'', le Prince impérial :
http://quelqueshistoires.centerblog.net/1704424-Napoleon-II-et-IV--les-inconnus-de-la-famille--
A propos du général Boulanger :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Boulanger
L'ouvrage de référence « Uchronie : L'Histoire revisitée » d'Eric B. Henriet :
http://quelqueshistoires.centerblog.net/1548227-Uchronie--l-Histoire-revisitee-Eric-Henriet
L'uchronie, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Uchronie
La « Porte des Mondes », le site français de référence :
http://www.noosfere.com/heberg/mota/
« Uchronia, the Alternate List », le site américain de référence en la matière :
http://www.uchronia.net/
Publié le 07/05/2007 à 12:00 par quelqueshistoires
- Illustration : Le visuel d'ouverture de cet article est un portrait de Louis de France, alias Louis XIX, personnage historique dont il est question ci-dessous.
- Sources : Encyclopédie en ligne wikipédia.
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- Un roi de France dénommé Louis XIX :
On le sait peu mais la France a bel et bien brièvement eut son roi Louis XIX - XIX ! - en la personnage de
Louis-Antoine d'Artois, Duc d'Angoulème et Dauphin de France (1775-1844) : le fils aîné de Charles X. Emigré dès le 13 juillet 1789, il servira alors dans l'armée émigrée de Condé, épousera dans l'exil (en 1799) une de ses cousines, fille de Louis XVI (Marie-Thérèse de France), puis servira à nouveau - en Espagne, en 1814 - dans l'armée de Wellington. En 1824, à l'avénement de son père Charles X, il devient Dauphin de France.
Mais c'est en 1830 qu'il entre vraiment dans l'Histoire (même s'il s'agit là d'un passage des plus brefs...). En effet, à la suite des émeutes dites des « Trois Glorieuses », Charles X abdique alors, le 2 août 1830, en faveur de son petit-fils Henri d'Artois, Duc de Bordeaux et Comte de Chambord (1820-1883). Normalement, aîné des Bourbons, Louis-Antoine devait devenir roi. Mais, malheureusement pour lui, il n'en sera rien.
En effet, son père Charles X, le jugeant très impopulaire et incapable et conserver le pouvoir, fera alors tout pour l'obliger à renoncer à ses droits en faveur de son neveu. Officiellement, Louis-Antoine est néanmoins devenu et resté roi durant vingt minutes, sous le nom de Louis XIX. Ce n'est que sous la pression de son père l'ex-roi Charles X qu'il abdique mais, d'après les lois fondamentales du royaume (qui n'acceptent pas même la possibilité d'une abdication), il a bien été roi de France.
Même si, officiellement, ce fait n'est que peu évoqué, on peut néanmoins considérer que Louis XIX a, bel et bien, régné sur la France. En effet, lorsque Charles X signe son abdication - le 2 août 1830 - son fils signe l'acte de renoncement à la couronne : or, entre le moment de l'abdication de son père et la signature de son acte de renoncement à la Couronne, vingt minutes se sont néanmoins écoulées. Ving minutes pendant lesquelles il fut officiellement roi de France sous le nom de Louis XIX.
Selon un chroniqueur de l'époque, Louis-Antoine de France aurait même supplié son père en ces termes : "Laissez-moi régner seulement une heure". Lequel lui aurait répondu alors "Vous ? Sûrement pas ! " Cette abdication sera de toute façon sans effets. Car son cousin Louis Philippe d’Orléans se fera alors proclamer roi par les chambres, le 7 août 1830, sous le nom de Louis-Philippe Ier, roi des français. De fait, la famille royale (oui ce qu'il en reste...) devra alors partir pour l’exil, dès le 16 août 1830.
En novembre 1836, au décès de son père à Göritz (Autriche), Louis Antoine de France devient alors l’aîné de la famille de Bourbon, toutes branches confondues. Les légitimistes le reconnaissent alors comme roi de France et de Navarre sous le nom de « Louis XIX » (1836-1844) même s'il ne porte alors - dans l'exil - que le titre de « Comte de Marnes ».
En juin 1844, à sa mort en exil (à Göritz, Autriche ; aujourd'hui Gorizia, en Italie) c'est officiellement son neveu, Henri d'Artois (1820-1883), qui lui succèdera comme prétendant royaliste ''légitime'' et comme « chef de la maison de France », sous le nom d'« Henri V ». Louis XIX, sera enterré à Nova Gorica, en Slovénie.
Ronan Blaise
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- Sources : « Louis XX, contre-enquête sur la Monarchie », un ouvrage de Thierry Ardisson publié en 1986 aux éditions « Olivier Orban » (260 pages, ici pages 155-182).
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Pour en savoir plus :
Louis XIX (Louis Antoine d'Artois, Duc d’Angoulême), sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_XIX
Charles X, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_X_de_France
Henri V, Comte de Chambord, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_d%27Artois_%281820-1883%29
Louis-Philippe Ier, Roi des français, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis-Philippe_Ier
Charles Ferdinand d'Artois, Duc de Berry, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Ferdinand_d%27Artois
Marie Caroline des Deux-Siciles, Duchesse de Berry, sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_Caroline_des_Deux-Siciles